Il y a 16 ans, Isner-Mahut : le match de tennis le plus long de l’histoire
Le 24 juin 2010, John Isner et Nicolas Mahut terminaient un duel de 11h05 à Wimbledon, un record jamais battu qui a changé les règles du Grand Chelem.
Seize ans jour pour jour, le 24 juin 2010, s'achevait à Wimbledon le match le plus long de l'histoire du tennis Isner-Mahut, 11h05 de jeu sur trois jours. Un record absolu qui a contraint les tournois du Grand Chelem à modifier leurs règles.
L’essentiel
- Durée : 11 heures et 5 minutes de jeu effectif, réparties sur trois jours (22-24 juin 2010).
- Score final : 6-4, 3-6, 6-7, 7-6, 70-68 pour John Isner face à Nicolas Mahut.
- Records : 183 jeux, 980 points, 216 aces (113 pour Isner, 103 pour Mahut).
- Conséquence : Les tournois du Grand Chelem ont introduit un super tie-break au set décisif en 2022.
Un marathon qui défie l’entendement
Seize ans après, le chiffre donne encore le vertige : 11 heures et 5 minutes de jeu effectif, étalées sur trois jours. Du mardi 22 au jeudi 24 juin 2010, sur le court n°18 de Wimbledon, l’Américain John Isner et le Français Nicolas Mahut ont disputé le match le plus long de l’histoire du tennis professionnel. Sous les yeux de l’arbitre suédois Mohamed Lahyani, les deux hommes ont enchaîné 183 jeux et 980 points, pour un score final ahurissant : 6-4, 3-6, 6-7, 7-6, 70-68. À 47-47 dans le dernier set, le tableau d’affichage électronique a même rendu l’âme, incapable d’afficher un tel score, rappelle Olympics.com.
Le cinquième set à lui seul a duré 8 heures et 11 minutes, soit plus que n’importe quel match complet de l’histoire. Les deux joueurs ont cumulé 216 aces (113 pour Isner, 103 pour Mahut), un record qui tient toujours. « Ce match restera à jamais dans les annales du sport », commentait à l’époque la presse britannique.
Une règle née du chaos
Ce marathon a poussé les instances du Grand Chelem à réagir. Pour éviter qu’un tel cas ne se reproduise, les règles ont été harmonisées en 2022 : désormais, à 6-6 dans le set décisif, un super tie-break en 10 points décide du vainqueur. Wimbledon, longtemps réticent, a finalement adopté cette mesure après des décennies de tradition. Sans Isner-Mahut, la règle n’aurait sans doute jamais vu le jour.
Contexte dans le Maine-et-Loire
Nicolas Mahut est né à Angers (Maine-et-Loire) le 21 janvier 1982. S’il a surtout brillé en double (numéro 1 mondial en 2016, vainqueur de tous les titres du Grand Chelem), ce match d’anthologie lui a offert une place unique dans l’histoire du tennis. Le club d’Angers, où il a débuté, conserve précieusement la mémoire de cette épopée. « Un moment de fierté pour le département », confiait récemment un responsable local. Seize ans plus tard, le record n’a jamais été approché, et le nom de Mahut reste associé à l’exploit le plus fou du tennis mondial.
John Isner, aujourd’hui retraité depuis 2023, a souvent raconté cette « bataille mentale et physique hors norme ». Nicolas Mahut, quant à lui, a mis un terme à sa carrière professionnelle en 2025, après 25 années de haut niveau. Leur duel reste une légende, que les jeunes générations découvrent avec stupeur.