Incendie de Beaufort : les 63 pompiers du Vaucluse en renfort toute la nuit
Le SDIS 84 a dépêché une colonne de 63 sapeurs-pompiers et 18 engins pour épauler les équipes locales face au feu qui a ravagé 700 hectares
Le 1er juillet 2026, un violent incendie s'est déclaré à Beaufort (Hérault) avant de s'étendre dans l'Aude. Face à l'ampleur du sinistre, le Vaucluse a envoyé 63 pompiers et 18 véhicules. Ils ont travaillé sans relâche durant la nuit.
L’essentiel
- 63 sapeurs-pompiers du Vaucluse et 18 engins ont été envoyés en renfort dans l’Hérault le 1er juillet 2026.
- Le feu, parti de Beaufort, a parcouru 700 hectares de végétation sous l’effet d’un vent fort.
- Les renforts vauclusiens ont été engagés dès leur arrivée et ont travaillé toute la nuit du 1er au 2 juillet.
- Six départements du Sud, dont l’Hérault et le Vaucluse, étaient placés en vigilance rouge feux de forêt.
- Des évacuations et confinements préventifs ont été réalisés à Pouzols-Minervois et Mailhac.
Le 1er juillet 2026, en pleine canicule et sous un vent soutenu, un incendie de forêt d’une rare intensité s’est déclaré sur la commune de Beaufort, dans l’ouest de l’Hérault. En quelques heures, les flammes ont parcouru près de 700 hectares de végétation, franchissant la limite départementale pour pénétrer dans l’Aude. Face à l’urgence, le SDIS du Vaucluse (84) a projeté une colonne de 63 sapeurs-pompiers et 18 engins en renfort, qui ont combattu le sinistre sans interruption durant la nuit.
Ce qui s’est passé à Beaufort
Selon les informations recueillies auprès de la préfecture de l’Aude et du SDIS 34, le feu est parti en début d’après-midi du 1er juillet sur la commune de Beaufort. Poussé par des rafales de vent atteignant 60 à 70 km/h, il s’est rapidement propagé vers les contreforts du Minervois, menaçant les hameaux alentour. « L’incendie a mobilisé des moyens considérables dès les premières heures », a indiqué le préfet de l’Aude, Alain Bucquet, qui a activé le Centre opérationnel départemental (COD) pour coordonner les secours.
Sur le terrain, 280 sapeurs-pompiers de l’Aude, répartis en onze groupes d’intervention feux de forêt, étaient engagés au sol. Une trentaine de gendarmes ont été déployés pour sécuriser les axes et évacuer les populations. Quatre Canadairs, un Dash et un hélicoptère bombardier d’eau ont réalisé des rotations continues jusqu’à la tombée de la nuit. Les communes de Pouzols-Minervois et Mailhac ont activé leur plan communal de sauvegarde, évacuant une partie des habitants vers des salles communales, tandis que d’autres étaient confinés chez eux. La circulation a été coupée sur les routes départementales RD 367, RD 5 et RD 67.
Ce feu s’inscrit dans un contexte de risque exceptionnel. Le 1er juillet, Météo-France avait placé six départements du Sud en vigilance rouge feux de forêt, dont l’Hérault, l’Aude, le Gard, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et le Var. La sécheresse des sols et les températures caniculaires favorisaient les départs de feu. Comme le rappelle notre article sur ces incendies majeurs, plus de 1 100 hectares ont brûlé en une seule journée sur la façade méditerranéenne.
L’engagement des pompiers vauclusiens
Dès l’alerte donnée, le SDIS 84 a constitué une colonne de renfort composée de 63 sapeurs-pompiers et de 18 véhicules, incluant des camions-citernes feux de forêt (CCF), des véhicules de commandement et une cellule logistique. Parti en début d’après-midi du 1er juillet depuis le centre de secours d’Avignon, le convoi a rejoint la zone sinistrée en fin de journée.
« Les équipes ont été engagées dès leur arrivée et ont travaillé toute la nuit », a indiqué le SDIS 84 sur son compte X (anciennement Twitter). Les pompiers vauclusiens ont été affectés à des missions de lutte directe contre le feu, notamment sur le flanc nord de l’incendie, où le vent rendait la progression difficile. Ils ont également participé à la sécurisation des périmètres et à la surveillance des points chauds.
Ce déploiement massif a été précédé par une première annonce la veille : le Vaucluse avait déjà envoyé 63 pompiers et 18 engins en renfort dans l’Hérault, un engagement qui s’est concrétisé dans la journée du 1er juillet.
Contexte dans le Vaucluse
Le Vaucluse n’est pas épargné par les feux de forêt. Le département, lui-même placé en vigilance rouge le 1er juillet, avait pris des mesures de prévention strictes : interdiction d’accès aux massifs, restrictions des travaux agricoles et forestiers. Le SDIS 84 maintenait un dispositif local conséquent, tout en dégageant des moyens pour l’Hérault. Cette solidarité inter-départementale est rodée, chaque été, face aux incendies qui frappent la région méditerranéenne.
« Nous avons réduit au maximum les interventions non urgentes pour libérer des engins », a expliqué un porte-parole du SDIS 84, joint par téléphone. Le Vaucluse compte environ 1 200 sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. L’envoi de 63 hommes et 18 véhicules représente un effort significatif, mais le département reste en mesure de faire face à un sinistre sur son propre territoire, selon la direction.
Cette opération rappelle celle de l’été 2024, où des renforts vauclusiens avaient été dépêchés dans le Gard et les Bouches-du-Rhône. Les pompiers du 84 sont régulièrement sollicités pour des missions d’entraide, notamment grâce à leur expérience des feux de garrigue et de forêt.
Bilan et perspectives au matin du 2 juillet
Ce jeudi 2 juillet, au lever du jour, le sinistre n’était pas encore fixé. Les rotations aériennes reprenaient pour traiter les foyers résiduels. Les pompiers vauclusiens, épuisés mais toujours mobilisés, poursuivaient le noyage des lisières. Aucune victime n’était à déplorer, mais plusieurs habitations ont été endommagées ou menacées, selon la préfecture de l’Aude.
Le préfet Alain Bucquet a salué « l’efficacité de la chaîne de commandement et la remarquable solidarité entre les départements ». Il a rappelé que la prudence restait de mise, car les conditions climatiques restent défavorables. La levée de la vigilance rouge n’était pas prévue avant le 3 juillet, selon Météo-France.
Prochaine étape : Les opérations se poursuivent tout au long de la journée du 2 juillet. Un point de situation est attendu en fin de matinée au COD de Carcassonne. Les pompiers du Vaucluse devraient être relevés par une nouvelle colonne si l’incendie n’est pas maîtrisé d’ici la fin de semaine.