Deux incendies en trois jours au centre de tri Veolia de Mur-de-Sologne
80 pompiers mobilisés, un hangar de 3 000 m² détruit, enquêtes ouvertes par la gendarmerie et la DREAL
Le centre de tri et de traitement des déchets Veolia à Mur-de-Sologne, près de Romorantin, a été touché par deux incendies distincts les 25 et 27 avril 2026. Le second sinistre, le plus grave, a mobilisé jusqu'à 80 pompiers et détruit un hangar entier. Aucun blessé n'est à déplorer.
Le centre de tri et de traitement des déchets Veolia à Mur-de-Sologne, près de Romorantin, a été touché par deux incendies distincts les 25 et 27 avril 2026. Le second sinistre, le plus grave, a mobilisé jusqu’à 80 pompiers et détruit un hangar entier. Aucun blessé n’est à déplorer.
L’essentiel
- Premier incendie : 25 avril 2026, vers 15h20, 1 500 m² de déchets enfouis touchés, 40 pompiers mobilisés, intervention clôturée en soirée.
- Deuxième incendie : 27 avril 2026, vers 12h45, hangar de plus de 3 000 m² détruit, surface totale brûlée d’environ 4 000 m², flammes atteignant 10 mètres.
- Moyens engagés : jusqu’à 80 pompiers et 20 engins au plus fort de l’intervention du 27 avril.
- Feu circonscrit : le 28 avril 2026, avec une quarantaine de pompiers en surveillance.
- Enquêtes : gendarmerie et DREAL saisies ; aucun lien établi entre les deux sinistres selon Veolia et la préfecture du Loir-et-Cher.
Premier feu le 25 avril : 1 500 m² de déchets enfouis
Samedi 25 avril 2026, vers 15h20, un premier incendie se déclare dans la zone de décharge du site Veolia à Mur-de-Sologne. Selon La Nouvelle République, il touche environ 1 500 m² de déchets enfouis. Près de 40 pompiers interviennent. L’intervention est clôturée en soirée, sans blessé.
Le site, spécialisé dans le tri et le traitement des déchets, dessert une large partie du bassin de Romorantin. Ce premier sinistre ne donne pas lieu à un panache de fumée notable et reste contenu dans la zone de décharge.
Deuxième incendie le 27 avril : un hangar entier détruit
Quarante-huit heures plus tard, lundi 27 avril vers 12h45, un second feu se déclare dans le bâtiment principal de stockage de cartons du site. Il s’étend rapidement sur environ 4 000 m² et détruit un hangar de plus de 3 000 m² contenant cartons, emballages et matelas, selon La Nouvelle République et France 3 Centre-Val de Loire. Les flammes atteignent par moments 10 mètres de hauteur.
Plus de 60 pompiers sont engagés dans un premier temps, renforcés progressivement jusqu’à 80 sapeurs-pompiers appuyés par 20 engins. Un bâtiment est jugé sur le point de s’effondrer, selon les informations de La Nouvelle République.
Un impressionnant panache de fumée est visible à plusieurs kilomètres à la ronde, signalé par plusieurs médias régionaux. Les pompiers parviennent à éviter la propagation vers la forêt voisine et à maîtriser des départs de feu dans le sous-bois adjacent.
Le maire : « Dans notre malheur, il y a de la chance »
Yves Villanueva, maire de Mur-de-Sologne, a réagi à chaud : « L’incendie est plus conséquent que samedi, tout un bâtiment est détruit, toute l’aire de stockage aussi. Dans notre malheur, il y a de la chance : le vent ne pousse pas les flammes, ni vers la forêt ni vers le village. » Cette déclaration, rapportée par La Nouvelle République, résume l’inquiétude des riverains face à la répétition des sinistres à proximité d’une zone boisée et habitée.
Similaire à d’autres interventions lourdes en milieu industriel - comme l’incendie du restaurant La Trouvaille à Blois qui avait nécessité plusieurs heures d’intervention - ce sinistre mobilise des moyens bien supérieurs du fait de la surface et de la nature des matériaux en feu.
Feu circonscrit le 28 avril, surveillance prolongée
Le feu est officiellement circonscrit le 28 avril 2026. Une quarantaine de pompiers reste déployée en phase de surveillance, une intervention prolongée sur plusieurs jours étant prévue, selon La Nouvelle République. Le site est maintenu à l’arrêt, ce qui pourrait impacter à court terme la gestion des déchets du territoire. L’ampleur exacte des perturbations logistiques n’a pas été communiquée à ce stade.
Les analyses de la qualité de l’air ont confirmé l’absence de toxicité, selon les informations relayées par Ouest-France. Aucun blessé n’est à déplorer dans les deux sinistres.
Enquêtes ouvertes, Veolia exclut un lien entre les deux feux
La gendarmerie et la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) ont ouvert des enquêtes pour déterminer les causes de chaque incendie, selon France 3 Centre-Val de Loire et Ouest-France. Les deux foyers sont séparés par environ 800 mètres sur le site.
Arnaud Verhas, directeur de secteur chez Veolia, a affirmé : « Il n’y a aucun lien » entre les deux sinistres. La préfecture du Loir-et-Cher confirme cette analyse. Les causes restent à établir formellement. La question d’un risque structurel lié au stockage de matériaux combustibles n’a pas été commentée officiellement.
Des enquêtes similaires après des sinistres industriels - comme la fuite de gaz à Tulle ayant conduit à une enquête en cours - illustrent le délai habituel avant la restitution des conclusions.
Contexte dans le Loir-et-Cher
Mur-de-Sologne est une commune rurale du Loir-et-Cher, située à une quinzaine de kilomètres au nord de Romorantin-Lanthenay, sous-préfecture du département. Le site Veolia y joue un rôle central dans le traitement des déchets du bassin romorantinais et de la Sologne environnante, territoire majoritairement forestier et classé.
La forêt de Sologne, qui borde directement le site, constitue un enjeu de protection particulier. Les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS 41) avaient déjà été sollicités en nombre lors du premier feu du 25 avril, mais c’est la récurrence en trois jours qui interpelle les élus et les riverains.
Le collectif « Non au projet Solena », actif sur les questions d’implantation industrielle en zone de Sologne, a relayé les informations sur les deux sinistres dès leurs débuts, signe que le sujet cristallise des tensions préexistantes autour de l’activité du site.
L’impact environnemental potentiel sur les nappes phréatiques et les zones humides de Sologne - sensibles par nature - reste à évaluer. La DREAL, chargée du suivi des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), est saisie à ce titre.
Prochaines étapes
Les conclusions de l’enquête de la gendarmerie et de la DREAL sur les causes des deux incendies ne sont pas encore disponibles. La reprise d’activité du site Veolia de Mur-de-Sologne n’a pas été annoncée à ce jour.
Sources
- La Nouvelle République : Un nouvel incendie en cours au centre de tri des déchets de Mur-de-Sologne, près de Romorantin
- La Nouvelle République : Incendie au centre de tri près de Romorantin : le feu est circonscrit, la phase de surveillance continue
- France 3 Centre-Val de Loire : Des flammes de plus de 10 mètres de haut : un impressionnant incendie ravage le centre de déchets Véolia
- Ouest-France : Deux incendies en trois jours dans un centre de traitement des déchets du Loir-et-Cher