Incendie au CRA d’Oissel : deux personnes en garde à vue après une nuit de chaos
Le dimanche 28 juin, un incendie s'est déclaré au centre de rétention administrative d'Oissel (Eure) lors d'une rixe. 36 retenus évacués, trois policiers intoxiqués, deux hommes en garde à vue.
Dans la nuit du 28 juin, un incendie a ravagé une partie du CRA d'Oissel. Les pompiers ont évacué 36 personnes. Deux hommes ont été interpellés. Le centre était déjà sous tension après le rejet d'une demande de fermeture.
L’essentiel
- Incendie : dimanche 28 juin 2026, vers 22h, un feu s’est déclaré au Centre de rétention administrative d’Oissel lors d’une rixe entre retenus.
- 36 évacués : les forces de l’ordre et les pompiers ont évacué 36 personnes, dont 15 femmes.
- Blessés : trois policiers ont été intoxiqués par les fumées, un retenu légèrement blessé.
- Garde à vue : deux hommes ont été interpellés et placés en garde à vue.
- Contexte : le tribunal administratif de Rouen avait rejeté un référé-liberté demandant la fermeture urgente du centre le 16 juin.
Ce qui s’est passé
Dans la nuit du dimanche 28 juin 2026, vers 22 heures, un violent incendie a éclaté au Centre de rétention administrative (CRA) d’Oissel (Eure). Selon les premières informations recueillies, le feu serait parti lors d’une rixe entre plusieurs retenus. Les policiers en faction et les sapeurs-pompiers ont immédiatement procédé à l’évacuation des lieux.
Au total, 36 personnes retenues ont été mises en sécurité, dont 15 femmes. Les dégâts matériels sont importants dans le secteur réservé aux hommes. Quatre personnes ont été transportées vers les hôpitaux de Rouen et de Petit-Quevilly : trois policiers souffrant d’une intoxication par les fumées et un retenu qui a été légèrement blessé. Aucun pronostic vital n’est engagé.
Deux gardes à vue et une enquête
À la suite de l’incendie, deux hommes ont été interpellés par les forces de l’ordre et placés en garde à vue. Leur implication présumée dans le déclenchement du sinistre est en cours d’examen. Une enquête a été ouverte par le parquet de Rouen pour déterminer les circonstances exactes des faits, a-t-on appris auprès des autorités.
Les investigations devront établir si l’incendie est accidentel ou volontaire, et si les deux gardés à vue sont directement liés à la rixe initiale. Les premiers éléments suggèrent que le feu a pris dans une zone commune.
Contexte dans l’Eure
Le CRA d’Oissel est l’un des principaux centres de rétention administrative de Normandie. Situé à une quinzaine de kilomètres de Rouen, il accueille des étrangers en situation irrégulière en attente d’éloignement. L’incendie du 28 juin intervient dans un climat de fortes tensions sécuritaires et judiciaires dans l’Eure. Ce type d’événement nécessitant une évacuation rapide rappelle d’autres interventions récentes, comme l’évacuation de 21 personnes après l’effondrement partiel d’un escalier à Nice.
Un centre sous tension
L’incident survient après une série de signaux d’alerte concernant les conditions de fonctionnement du CRA. Le 16 juin 2026, le tribunal administratif de Rouen avait rejeté un référé-liberté déposé par plusieurs syndicats d’avocats. Ce recours visait à obtenir la fermeture urgente du centre en raison des risques pour la sécurité des personnes retenues et du personnel.
Quelques jours plus tôt, l’association France Terre d’asile, qui assure les permanences juridiques au CRA, avait suspendu ses activités du 2 au 15 juin. La raison invoquée : des agressions physiques et verbales répétées contre ses salariés. En avril 2026, la sénatrice Agnès Canayer avait également alerté le ministère de l’Intérieur sur l’insécurité et les conditions de vie jugées indignes dans ce centre.
Dans un contexte similaire de tensions, des alertes à la bombe à Millau avaient perturbé le bon déroulement des examens du bac et du brevet, illustrant la fragilité de certains établissements publics face aux incidents.
L’enquête en cours devra déterminer les responsabilités dans l’incendie de dimanche soir. Les deux gardés à vue pourraient être présentés à un juge dans les prochains jours. La direction du CRA n’a pas encore communiqué sur les mesures temporaires mises en place après les dégradations subies.