Piscop : incendie criminel présumé en forêt de Montmorency, trois feux simultanés

Soixante-dix pompiers mobilisés le 29 avril pour maîtriser un sinistre qui a ravagé entre cinq et sept hectares de sous-bois

Piscop : incendie criminel présumé en forêt de Montmorency, trois feux simultanés
Illustration Sophie Lefebvre / info.fr

Dans la nuit du 28 au 29 avril 2026, trois départs de feu simultanés ont éclaté en lisière de la forêt de Montmorency, entre Piscop et Domont. Soixante-dix pompiers ont été engagés. La gendarmerie a ouvert une enquête pour origine criminelle présumée.

Dans la nuit du 28 au 29 avril 2026, trois départs de feu simultanés ont éclaté en lisière de la forêt de Montmorency, entre Piscop et Domont. Soixante-dix pompiers ont été engagés. La gendarmerie a ouvert une enquête pour origine criminelle présumée.

L’essentiel

  • 29 avril 2026, 4h30 : trois départs de feu simultanés détectés en lisière de la forêt de Montmorency, entre Piscop et Domont (Val-d’Oise).
  • 70 sapeurs-pompiers et 26 engins du SDIS 95 mobilisés ; sinistre maîtrisé vers 10h.
  • 5 à 7 hectares de végétation et de sous-bois détruits, selon Le Parisien et Actu.fr.
  • Quatrième incident en une semaine dans la même forêt ; enquête de flagrance ouverte par la brigade de gendarmerie de Domont.
  • 23 avril 2026 : un précédent feu d’herbacées avait déjà mobilisé 21 pompiers pendant sept heures dans ce secteur, selon le SDIS 95.

Ce qui s’est passé dans la nuit du 28 au 29 avril

Vers 4h30, plusieurs riverains des communes de Piscop et Domont ont été réveillés par une forte odeur de brûlé, selon France 3 Régions. Les premiers équipages du SDIS 95 arrivés sur place ont découvert non pas un seul foyer, mais trois départs de feu distincts et simultanés en lisière de forêt. La végétation sèche a favorisé la propagation rapide du sinistre.

Les opérations se sont poursuivies pendant plusieurs heures. Le feu a été déclaré maîtrisé vers 10h, après mobilisation de 70 sapeurs-pompiers et 26 engins, selon Actu.fr. Des renforts en provenance de l’Oise ont prêté main-forte aux équipes valdoisiennes. Au total, entre cinq et sept hectares de sous-bois ont été détruits, chiffre confirmé de manière croisée par Le Parisien et France 3 Régions.

Trois foyers simultanés : ce qui oriente vers le criminel

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C’est la simultanéité des trois départs de feu qui a conduit les enquêteurs à privilégier la piste criminelle. Un incendie accidentel ou naturel ne produit pas, en règle générale, plusieurs foyers distincts au même moment et au même endroit. L’origine criminelle reste toutefois présumée à ce stade de l’enquête.

La brigade territoriale autonome de gendarmerie de Domont a ouvert une enquête de flagrance pour dégradation par incendie pouvant causer un dommage irréversible à l’environnement, selon France 3 Régions. Les investigations visent à identifier les auteurs et à établir d’éventuels liens avec les incidents récents survenus dans le même massif. Ce type d’affaire fait écho à d’autres procédures similaires en Île-de-France : des feux criminels en forêt de Seine-et-Marne ont récemment conduit un quadragénaire devant le tribunal.

Une série de quatre incidents en une semaine

Le feu du 29 avril n’est pas un fait isolé. Il constitue le quatrième incident en une semaine dans la forêt de Montmorency, selon Le Parisien et France 3 Régions. Six jours plus tôt, le 23 avril, un feu d’herbacées avait déjà touché le même secteur.

Selon le SDIS 95, ce feu du 23 avril avait mobilisé 21 pompiers pendant sept heures. L’intervention d’un drone avait permis de limiter la progression des flammes. Les deux autres incidents survenus dans l’intervalle n’ont pas été détaillés publiquement à ce stade.

Cette répétition des faits renforce les soupçons d’une action délibérée. Aucune arrestation n’avait été annoncée au moment de la publication de cet article. Pour mémoire, la journée internationale des pompiers a mis en lumière, début mai, les ressources humaines engagées dans ce type d’interventions.

Contexte dans le Val-d’Oise

La forêt de Montmorency couvre environ 3 500 hectares dans le nord de la petite couronne parisienne. Elle s’étend sur plusieurs communes du Val-d’Oise, dont Montmorency, Domont, Piscop, Taverny ou encore Andilly. C’est l’un des massifs forestiers les plus fréquentés d’Île-de-France, classé forêt de protection en raison de sa proximité avec des zones urbanisées denses.

Les épisodes de sécheresse printanière récurrents depuis plusieurs années ont rendu la végétation particulièrement vulnérable aux départs de feu précoces. Le SDIS 95 intervient régulièrement sur ce massif, notamment en période de déficit hydrique.

Un précédent notable remonte à avril 2014 : un incendie suspect avait alors détruit près d’un hectare de végétation près de Taverny, avec deux foyers distincts, selon Le Parisien. Aucune confirmation criminelle publique n’avait été rendue à l’époque. La série actuelle dépasse en ampleur et en fréquence ce précédent historique connu.

Le département du Val-d’Oise (95) compte 1,2 million d’habitants. Piscop est une commune rurale de moins de 500 habitants, directement adjacente au massif forestier. Ce type de sinistre engage des moyens départementaux lourds et des coopérations interdépartementales, comme l’illustre l’appui de l’Oise lors de cet épisode. Des situations comparables ont également mobilisé des effectifs importants ailleurs, comme lors d’un incendie à Sickert dans le Haut-Rhin, où 100 pompiers avaient été engagés pour une superficie similaire.

Ce que dit la qualification retenue

L’ouverture d’une enquête pour dégradation par incendie pouvant causer un dommage irréversible à l’environnement est une qualification spécifique, plus lourde que la simple destruction volontaire par le feu. Elle implique que les enquêteurs estiment que l’atteinte à l’écosystème forestier pourrait être durable, voire permanente sur les zones concernées. La prescription pénale et les peines encourues sont aggravées dans ce cadre.

La gendarmerie de Domont n’a pas communiqué publiquement sur d’éventuelles pistes ou suspects identifiés. Les investigations sont en cours.

La brigade de Domont devrait prochainement communiquer sur l’avancée des investigations ; toute interpellation ou mise en cause formelle fera l’objet d’un suivi. En attendant, la question de la protection des forêts reste au cœur des préoccupations des gestionnaires forestiers en France.

Sources

Sophie Lefebvre

Sophie Lefebvre

Sophie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Val-d'Oise (95), avec Cergy pour chef-lieu. Spécialité du département : aeroport Roissy CDG (90 000 emplois) et Cergy. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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