Incendie criminel à l’usine Denjean Granulats de Saverdun : enquête pour bande organisée, 30 emplois menacés
Cinq départs de feu identifiés, le parquet de Foix privilégie la piste d'une destruction en bande organisée. L'usine, spécialisée dans les granulats pour le BTP, risque deux ans d'arrêt de production.
Dans la nuit du 21 au 22 avril 2026, un incendie a ravagé les installations de l'usine Denjean Granulats à Saverdun (Ariège). Le parquet de Foix a ouvert une enquête pour "destruction en bande organisée", écartant la thèse accidentelle. Trente salariés risquent le chômage technique, tandis que les dégâts sont estimés entre 10 et 15 millions d'euros.
Cinq départs de feu et une enquête pour bande organisée
L’incendie qui a touché l’usine Denjean Granulats dans la nuit du 21 au 22 avril 2026 a mobilisé près de 50 sapeurs-pompiers pendant plusieurs heures, selon France 3 Occitanie. Les investigations ont révélé cinq départs de feu distincts, conduisant le parquet de Foix à privilégier la piste criminelle. Le procureur Olivier Mouysset a déclaré : « En l’état des premières constatations réalisées sur place, et diligentées dans l’urgence, la thèse accidentelle semble pouvoir être écartée. »
L’enquête, confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Toulouse et à la brigade de recherche de Pamiers, porte sur des faits de « destruction en bande organisée du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes », un délit passible de 20 ans de réclusion. CNews précise que les tapis roulants des excavatrices ont été particulièrement touchés.
Trente emplois menacés et des dégâts estimés à 15 millions d’euros
L’usine Denjean Granulats, spécialisée dans la production de granulats pour le secteur du BTP, emploie une trentaine de salariés. Selon La Dépêche du Midi, l’arrêt de production pourrait durer jusqu’à deux ans, avec des dégâts estimés entre 10 et 15 millions d’euros. Le maire de Saverdun a confirmé que les salariés risquent le chômage technique dans les prochains jours.
Le site, d’une superficie de 140 hectares, avait déjà été visé par un départ de feu volontaire en 2025, comme le rapporte Cent Pour Cent. Les associations environnementales locales s’inquiètent également des risques de pollution pour la nappe phréatique, comme l’indique La Dépêche.
Un contexte d’incendies criminels en Ariège
Ce n’est pas la première fois que l’Ariège est touchée par des incendies criminels. En 2018, l’ancienne mine de Salau avait été visée par un feu volontaire, endommageant un local technique, selon France 3 Occitanie. Des soupçons d’actes anarchistes ont été évoqués par des spécialistes du terrorisme, comme le souligne un tweet de TracTerrorism.
La Communauté de Communes du Pays d’Alzen et du Val de l’Ariège a publié un communiqué suite à l’incendie, sans préciser les mesures d’accompagnement pour les salariés. À ce stade, aucune date n’a été annoncée pour la reprise de l’activité ou les prochaines étapes de l’enquête, comme l’indique La Dépêche.
En attendant, les salariés et les riverains restent dans l’incertitude. Les raisons de cet acte criminel, tout comme les responsables, n’ont pas encore été identifiés.
Sources
- France 3 Occitanie : Cinq départs de feu : la piste criminelle privilégiée après un violent incendie dans une usine de granulats en Ariège
- La Dépêche du Midi : 2 ans d'arrêt, entre 10 et 15 millions d'euros de dégâts, 30 salariés au chômage… Ce que l’on sait de l’incendie "probablement criminel" qui a ravagé un site industriel en Ariège
- CNews : Ariège : une enquête ouverte pour «destruction» après un incendie survenu dans une usine de granulats
- Actu.fr : Incendie dans une carrière en Ariège : "la thèse accidentelle semble pouvoir être écartée"