Incendie à Lançon-de-Provence et La Fare-les-Oliviers : 260 hectares brûlés, 600 personnes évacuées
Le feu, parti du col du Télégraphe, a parcouru plus de 260 hectares avant d'être contenu dans la nuit du 1er juillet. Les deux communes ont mobilisé 220 pompiers et organisé l'évacuation préventive de près de 600 habitants.
Un violent incendie de forêt s'est déclaré mercredi 1er juillet 2026 au col du Télégraphe, à Lançon-de-Provence. Attisé par le vent, il a rapidement franchi la RD113 et gagné La Fare-les-Oliviers, brûlant 260 hectares. Près de 600 personnes ont été évacuées. Les pompiers ont stabilisé le front au matin du 2 juillet.
L’essentiel
- Départ de feu : mercredi 1er juillet 2026, vers 16 heures, au col du Télégraphe, commune de Lançon-de-Provence.
- Étendue : plus de 260 hectares de végétation parcourus, entre Lançon-de-Provence et La Fare-les-Oliviers.
- Moyens engagés : 220 sapeurs-pompiers, appuyés par des Canadair et un Dash, au plus fort de l’incendie.
- Évacuations : près de 600 personnes évacuées préventivement, notamment à La Fare-les-Oliviers, accueillies au centre culturel Jean Bernard et au foyer Désiré Graziano.
- Bilan : aucune victime à déplorer. Progression stoppée au matin du 2 juillet. Opérations de noyage en cours.
Un violent incendie de forêt a ravagé plus de 260 hectares dans le massif forestier séparant Lançon-de-Provence et La Fare-les-Oliviers, dans les Bouches-du-Rhône. Le feu est parti mercredi 1er juillet 2026 en fin d’après-midi au niveau du col du Télégraphe. Poussé par un vent fort, il a rapidement traversé la route départementale RD113 et progressé vers l’ouest. Les deux maires, Julie Arias (Lançon-de-Provence) et Jérôme Marciliac (La Fare-les-Oliviers), ont activé les plans communaux de sauvegarde dès les premières alertes.
Un front rapide sous le vent
Le feu s’est déclaré vers 16 heures, selon les informations communiquées par la mairie de La Fare-les-Oliviers. Très vite, les flammes ont franchi la RD113, coupant la route et menaçant les premières habitations du quartier des Guiges et de la Sigoise. Les témoins présents sur place ont filmé une épaisse fumée noire et des flammes de plusieurs mètres de haut. Sur le réseau social X, l’association de surveillance PSFDF a relayé les images de la mairie :
En moins de deux heures, le sinistre avait parcouru près de 200 hectares. Les pompiers ont engagé des moyens terrestres et aériens. Au total, 220 sapeurs-pompiers, issus des centres de secours du département et renforcés par des colonnes des Bouches-du-Rhône et du Var, ont été déployés. Les Canadair et un Dash ont effectué des largages toute la soirée, tentant de freiner la progression en direction de La Fare-les-Oliviers.
Plus de 600 personnes évacuées, des quartiers confinés
Face à la menace directe, la mairie de La Fare-les-Oliviers a ordonné l’évacuation préventive des habitants du quartier des Guiges. « Près de 600 personnes ont été mises en sécurité », indique le point de situation officiel publié le 2 juillet par la commune. Les résidents évacués ont été accueillis au centre culturel Jean Bernard et au foyer Désiré Graziano. Des lits de camp et de l’eau ont été installés en urgence.
Parallèlement, les autorités ont imposé un confinement strict pour les quartiers de la Sigoise et des Emeries. Les habitants ont reçu l’ordre de rester chez eux, portes et fenêtres fermées, pour faciliter l’accès des secours et limiter les risques d’inhalation de fumée. « Le confinement a permis aux pompiers de circuler sans entrave dans les rues étroites de ces lotissements », expliquait la mairie sur son site.
La circulation a été totalement interrompue sur la RD113 entre Lançon-de-Provence et La Fare-les-Oliviers, ainsi que sur la RD10. Des déviations ont été mises en place par les gendarmes.
« Nuit d’enfer » pour les élus
Julie Arias, maire de Lançon-de-Provence, a qualifié la situation de « nuit d’enfer » dans un entretien à la radio locale Maritima. « La priorité était de protéger les vies », a-t-elle déclaré, saluant le calme des habitants qui ont respecté les consignes. Son homologue de La Fare-les-Oliviers, Jérôme Marciliac, s’est exprimé au petit matin : « Le pire a été évité. Nous avons eu très peur pour les quartiers de la Sigoise, mais les largages aériens et le travail des pompiers ont permis de sauver les maisons. »
Les deux maires ont remercié les équipes de secours et les bénévoles qui ont participé à l’hébergement d’urgence. Le centre culturel Jean Bernard a accueilli une centaine de personnes pendant la nuit, notamment des familles avec enfants et des personnes âgées.
Stabilisation au matin du 2 juillet
Vers 7 heures du matin, jeudi 2 juillet, le front de flammes était stabilisé. Les pompiers ont alors entamé une phase de noyage, arrosant les zones encore chaudes pour éviter toute reprise. Selon le dernier point de situation de la mairie de La Fare-les-Oliviers, « la progression du feu a été stoppée » et les opérations de sécurisation se poursuivent. Les habitants évacués ont pu regagner leur domicile dans la matinée, à l’exception de ceux des secteurs les plus exposés, qui restent sous surveillance.
L’origine exacte du sinistre n’a pas encore été déterminée. La gendarmerie et l’Office national des forêts (ONF) ont ouvert une enquête pour identifier les causes. La piste d’une imprudence ou d’une défaillance technique est privilégiée, sans confirmation officielle.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Le département des Bouches-du-Rhône est régulièrement touché par les incendies de forêt durant la période estivale. En 2025, près de 1 200 hectares avaient brûlé dans le massif des Alpilles et sur la commune de Rognac. La sécheresse et les vents violents, fréquents en région méditerranéenne, favorisent la propagation rapide des feux. Lançon-de-Provence et La Fare-les-Oliviers, communes limitrophes, se situent en zone de risque élevé. Le massif forestier qui les sépare, constitué de pins d’Alep et de chênes verts, est particulièrement inflammable en été.
Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône, forts de 2 500 professionnels et volontaires, disposent d’une expérience reconnue dans la lutte contre les feux de forêt. L’engagement de moyens aériens (Canadair et Dash) est systématique dès le premier départ. Ce dispositif a permis, cette fois encore, de limiter les dégâts malgré des conditions difficiles.
Prochaine étape : noyage et surveillance
Les pompiers restent mobilisés pour les opérations de noyage, qui pourraient durer plusieurs jours. « Il faut passer en revue chaque mètre de lisière pour éteindre les braises », a précisé le commandement des secours. La circulation sur la RD113 reste perturbée. Les mairies rappellent aux promeneurs et aux riverains de respecter les barrières de sécurité et de ne pas s’approcher des zones sinistrées. Une cellule psychologique a été mise en place pour les personnes choquées par l’évacuation.
Les deux communes ont annoncé qu’elles solliciteraient une reconnaissance de catastrophe naturelle pour faciliter les démarches d’indemnisation.