Incendie dans les P.-O. : l’étape 3 du Tour sans public ni caravane
L'étape Granollers-Les Angles est maintenue ce lundi mais privée de public et de caravane publicitaire côté français à cause d'un feu de forêt.
Un incendie parti samedi de Trévillach a déjà brûlé près de 4 700 hectares dans les Pyrénées-Orientales. La troisième étape du Tour de France, qui arrive aux Angles ce lundi, se déroule donc sans public ni caravane sur la portion française.
L’essentiel
- Fait 1 : un incendie s’est déclaré samedi 4 juillet à Trévillach, dans les Pyrénées-Orientales, et a déjà parcouru près de 4 700 hectares selon la préfecture.
- Fait 2 : la 3e étape du Tour de France, Granollers-Les Angles, est maintenue ce lundi 6 juillet mais sans public ni caravane publicitaire sur la portion française, selon letour.fr.
- Fait 3 : environ 750 pompiers et 200 véhicules, appuyés par un détachement roumain, sont mobilisés contre le feu, selon la préfecture des Pyrénées-Orientales.
- Fait 4 : plus de 5 000 personnes ont été évacuées et 900 foyers privés d’électricité, selon l’AFP et Feuxdeforet.fr.
Un feu hors de contrôle depuis samedi
Tout est parti samedi 4 juillet d’un départ de feu à Trévillach, petite commune des Pyrénées-Orientales. Deux jours plus tard, ce lundi 6 juillet, l’incendie a déjà parcouru près de 4 700 hectares de végétation, selon les chiffres communiqués par la préfecture des Pyrénées-Orientales. L’ampleur du sinistre a immédiatement fait planer un doute sur le déroulement de la troisième étape du Tour de France, censée relier Granollers, en Catalogne espagnole, à la station des Angles, dans le même département.
L’étape maintenue mais amputée de son public
Face à la propagation du feu, une décision commune a été prise par le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, et le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, selon letour.fr : l’étape est maintenue, mais dans des conditions inédites. La caravane publicitaire, habituellement précédée d’un important dispositif de véhicules, est totalement interdite de circulation sur l’ensemble de la portion française du parcours. Le public est lui aussi appelé à ne pas se masser le long des routes ni sur le site d’arrivée aux Angles.
L’organisation du Tour a communiqué cette décision directement sur les réseaux sociaux.
La priorité affichée par les autorités est claire : ne pas détourner les forces de secours et de l’ordre de la lutte contre l’incendie pour les affecter à la sécurisation d’un événement sportif suivi habituellement par des centaines de milliers de spectateurs sur le bord des routes.
Malgré les craintes d’annulation
Jusqu’à dimanche soir, une annulation pure et simple de l’étape n’était pas exclue tant la situation sur le terrain restait tendue. Le journal L’Équipe a suivi ces incertitudes de près avant l’annonce du maintien de la course.
Le choix final privilégie donc la continuité sportive, tout en vidant l’étape de deux de ses composantes les plus populaires : la caravane, appréciée notamment des familles, et la foule qui s’installe traditionnellement dès le matin sur les derniers kilomètres avant l’arrivée.
750 pompiers en première ligne
Sur le terrain, la mobilisation reste massive. Selon la préfecture des Pyrénées-Orientales, environ 750 sapeurs-pompiers et 200 véhicules sont engagés sur le front de l’incendie, un dispositif renforcé par un détachement de pompiers roumains venus en soutien. Cette mobilisation illustre la difficulté à circonscrire un feu qui continue de progresser deux jours après son départ.
Des milliers d’habitants évacués
Au-delà de l’impact sur le Tour de France, l’incendie a d’abord et surtout bouleversé le quotidien des habitants du secteur. Plus de 5 000 personnes résidant ou séjournant dans la zone menacée ont été préventivement évacuées vers des centres d’accueil, selon l’AFP. Le sinistre a également provoqué d’importantes coupures d’électricité, privant environ 900 foyers de courant, et perturbé la distribution d’eau potable, rapporte Feuxdeforet.fr.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Les Pyrénées-Orientales sont un département régulièrement exposé au risque d’incendie de végétation en période estivale, en raison de la sécheresse et du relief qui rend l’accès difficile aux secours dans certains massifs. Le passage du Tour de France y est un événement suivi de près chaque année dans les stations pyrénéennes comme Les Angles, où l’arrivée d’étape attire habituellement un public nombreux. Cette année, la superposition d’un feu de grande ampleur et d’un événement sportif international place le département sous une pression logistique inhabituelle, entre gestion de crise et maintien d’une manifestation suivie dans le monde entier.
La décision de restreindre l’étape à la seule compétition, sans public ni caravane, traduit cette priorité donnée à la sécurité civile plutôt qu’à l’événementiel, sur un territoire où les moyens de secours sont déjà largement sollicités.
Le sort du feu de Trévillach reste incertain à l’heure où le peloton s’élance vers Les Angles, et l’évolution de l’incendie dans les prochaines heures déterminera si d’autres restrictions doivent être prises sur la suite du parcours.