Incendie rue de Charonne : trois morts, des balles, une enquête pour homicide volontaire
Un incendie criminel dans le 11e arrondissement a coûté la vie à trois personnes début avril, dont deux touchées par balle.
Le 7 avril 2026, un immeuble du 146 rue de Charonne prenait feu au 7e étage. Trois personnes sont mortes. Les autopsies ont révélé des plaies par balle sur deux d'entre elles. La brigade criminelle est désormais saisie.
L’incendie semblait d’abord accidentel. Il aura fallu les autopsies pour que le scénario bascule. Le dimanche 7 avril 2026, peu après les premières flammes signalées au 7e étage du 146 rue de Charonne dans le 11e arrondissement, près de 70 pompiers se déployaient sur place. Les habitants ont été évacués en urgence. Plusieurs d’entre eux ont rapporté à TF1 Info avoir entendu « un premier boum » avant que le feu ne se propage.
Deux corps, deux impacts de balle
Au bilan : trois morts. Deux corps ont été retrouvés dans les décombres d’un studio d’une vingtaine de mètres carrés - l’un sur un canapé. Une troisième victime est décédée après une chute du 7e étage. Les autopsies, pratiquées le 9 avril, ont changé la nature de l’affaire : deux des victimes présentaient des plaies à la tête compatibles avec des impacts de balle, selon Le Parisien et Franceinfo.
Dans la foulée, le parquet de Paris a requalifié l’enquête. Initialement ouverte pour homicides involontaires et destruction par incendie, elle vise désormais homicide volontaire et destruction volontaire de bien d’autrui par moyen dangereux, selon Le Monde. La brigade criminelle du 2e district de police judiciaire a été saisie. La piste d’un règlement de comptes est privilégiée.
Un précédent troublant, même rue
Ce n’est pas la première fois que la rue de Charonne se retrouve au cœur d’un tel scénario. En avril 2024, un incendie mortel au même endroit avait déjà révélé des plaies par balle sur deux victimes, conduisant également la brigade criminelle à ouvrir une enquête pour homicide volontaire, rapportait Le Monde à l’époque. La coïncidence géographique et les similitudes de méthode n’ont pas échappé aux enquêteurs, même si aucun lien officiel n’a été établi à ce stade entre les deux affaires.
Paris dans un contexte de violences en hausse
L’affaire s’inscrit dans un tableau statistique contrasté. À Paris et en Île-de-France, les homicides ont reculé de 5 % en 2025, avec 151 victimes recensées, selon Actu.fr. Mais les tentatives d’homicides ont progressé de 0,9 % sur la même période, et les violences physiques ont bondi de 5 %. À l’échelle nationale, la France a enregistré 982 victimes d’homicides en 2025, en hausse de 1 % par rapport à 2024, avec une augmentation notable des règlements de comptes entre malfaiteurs, d’après les statistiques publiées par Actu-Juridique.
Les investigations se poursuivent. Analyses balistiques, examens toxicologiques, auditions de témoins : les enquêteurs de la brigade criminelle ont plusieurs pistes à exploiter. Aucune date d’audience ni mise en examen n’a été annoncée publiquement à ce stade, selon Franceinfo.
Sources
- Franceinfo : Incendie mortel rue de Charonne : ce que l'on sait de l'enquête qui privilégie désormais la piste criminelle
- Le Monde : Incendie rue de Charonne : la brigade criminelle saisie pour homicide volontaire
- Le Parisien : Incendie rue de Charonne : la thèse d'un double homicide
- Actu.fr : Affaires de drogue en hausse, vols en baisse : les chiffres 2025 de la délinquance à Paris et en Île-de-France