Incendies en Gironde : Lecornu déploie 500 militaires supplémentaires
Face à des feux d'ampleur inédite, l'État mobilise 1 000 soldats, 1,5 million de masques FFP2 et active le plan blanc dans les hôpitaux
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé vendredi 24 juillet le déploiement de 500 militaires supplémentaires en Gironde et dans les Landes, portant à 1 000 le total des soldats en appui aux pompiers. Plus de 141 000 personnes ont été évacuées depuis mercredi.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 500 militaires supplémentaires déployés vendredi 24 juillet, portant à 1 000 le total des soldats mobilisés en Gironde et Landes
- 141 000 personnes évacuées depuis mercredi 110 000 en Gironde, 31 000 dans les Landes
- 1,5 million de masques FFP2 acheminés pour protéger contre les fumées toxiques
- Plan blanc activé dans les hôpitaux de Gironde, dont appel à volontariat au CHU de Bordeaux
- Plus de 22 000 hectares dévorés par les flammes, progression vers la métropole bordelaise
Un renfort militaire sans précédent
Sébastien Lecornu a annoncé vendredi 24 juillet 2026 le déploiement de 500 militaires supplémentaires en appui des sapeurs-pompiers engagés contre les incendies en Gironde et dans les Landes. Selon Boursorama, ce renfort porte à 1 000 le nombre total de soldats mobilisés sur le terrain.
Le président Emmanuel Macron a ordonné aux Armées de se mobiliser pour un renfort maximal de la sécurité civile, rapporte Imaz Press Réunion. Huit nouvelles unités de forces mobiles de police et gendarmerie sont également déployées pour sécuriser les zones d’évacuation.
Le Service de santé des armées est mobilisé pour la prise en charge médicale des personnes vulnérables, selon Boursorama. Cette coordination interarmées vise à soulager les moyens civils saturés par l’ampleur de la crise.
141 000 personnes évacuées en trois jours
Au moins 141 000 personnes ont été évacuées depuis mercredi, dont 110 000 en Gironde et 31 000 dans les Landes, selon Boursorama. Les opérations se poursuivent alors que les flammes progressent vers la métropole bordelaise.
L’ARS Nouvelle-Aquitaine a coordonné l’évacuation de plusieurs établissements médico-sociaux et sanitaires situés en zone de danger. Les habitants témoignent sur les réseaux sociaux de départs précipités, dans un climat de stress et d’incertitude.
Plus de 22 000 hectares ont été dévorés par les flammes, avec une progression qualifiée d’ampleur inédite se dirigeant vers Bordeaux, selon Le Direct Info. La préfète de Gironde surveille étroitement l’évolution de la situation.
1,5 million de masques FFP2 acheminés
Pour protéger les intervenants et les populations contre les fumées nocives, 1,5 million de masques FFP2 sont acheminés en Gironde, rapporte TV5MONDE Info. Ces équipements sont distribués aux pompiers, aux forces de l’ordre et aux habitants exposés aux panaches de fumée.
Les fumées dégagées par les feux contiennent des particules fines et des composés toxiques qui représentent un danger pour les voies respiratoires. Les autorités sanitaires recommandent le port du masque FFP2 dans les zones touchées et appellent les personnes fragiles à rester confinées.
Activation du plan blanc dans les hôpitaux
Le plan blanc a été activé dans les établissements de santé de la zone pour faire face à l’urgence sanitaire, selon Boursorama. Ce dispositif permet de mobiliser l’ensemble des ressources hospitalières et de rappeler du personnel en repos.
Le CHU de Bordeaux a lancé un appel à volontariat auprès de ses agents pour renforcer les équipes soignantes. Les services d’urgence se préparent à accueillir des victimes d’intoxication aux fumées, de brûlures ou de traumatismes liés aux évacuations.
L’ARS Nouvelle-Aquitaine coordonne également le transfert de patients depuis les établissements évacués vers des structures situées en zone sécurisée. Cette logistique complexe mobilise des dizaines d’ambulances et de véhicules sanitaires.
Des renforts venus de toute la France
Au-delà des militaires, des pompiers de nombreux départements ont été dépêchés en Gironde et dans les Landes. Hier matin, 16 pompiers du Lot ont rejoint les Landes pour renforcer les équipes engagées contre deux incendies majeurs, a annoncé le Service départemental d’incendie et de secours du Lot sur X.
Ces renforts s’ajoutent aux colonnes de secours déjà présentes depuis mercredi. La coordination nationale de la sécurité civile orchestre ces déploiements pour assurer une rotation des équipes et éviter l’épuisement des intervenants face à des conditions de travail extrêmes.
Les moyens aériens, notamment les Canadair et les hélicoptères bombardiers d’eau, effectuent des rotations incessantes pour ralentir la progression des flammes. Les pompiers travaillent également à l’établissement de lignes de défense autour des zones habitées encore menacées.
Contexte dans la Gironde
La Gironde, département le plus vaste de France métropolitaine avec 10 725 km², compte environ 1,6 million d’habitants. Le territoire est particulièrement vulnérable aux feux de forêt en raison de la présence du massif forestier des Landes de Gascogne, qui couvre une partie importante du département.
L’été 2022 avait déjà marqué les esprits avec des incendies massifs en Gironde, notamment à Landiras et La Teste-de-Bonne. Ces précédents avaient conduit au renforcement des dispositifs de prévention et de surveillance, mais l’ampleur des feux actuels dépasse les capacités locales de réponse.
La métropole bordelaise, qui regroupe 28 communes et plus de 800 000 habitants, n’avait jamais été aussi directement menacée par des incendies de forêt. La situation actuelle soulève des questions sur l’adaptation des territoires face à l’intensification des risques climatiques, comme évoqué lors de la visite de la ministre Alice Rufo à Paris pour aborder la canicule.
Une cellule de crise interministérielle
Au-delà des annonces de Sébastien Lecornu, une cellule de crise interministérielle coordonne la réponse de l’État. Cette instance réunit les ministères de l’Intérieur, de la Santé, de la Défense et de la Transition écologique pour assurer une gestion cohérente de la crise.
Les préfectures de Gironde et des Landes tiennent des points de situation réguliers avec les élus locaux, les services de secours et les représentants de l’État. Ces échanges permettent d’ajuster en temps réel les dispositifs d’évacuation et de protection des populations.
La question du retour des populations évacuées se pose déjà, même si aucun calendrier ne peut être établi tant que les feux ne sont pas maîtrisés. Les autorités travaillent également sur l’hébergement d’urgence des personnes déplacées, avec l’ouverture de gymnases et de salles polyvalentes dans les communes d’accueil.
Prochaines étapes
Les prochaines 48 heures seront décisives pour contenir la progression des flammes. Les conditions météorologiques, notamment le vent et les températures, joueront un rôle crucial dans l’évolution de la situation. Les autorités appellent les habitants des zones à risque à rester vigilants et à suivre les consignes d’évacuation si elles sont données.
Le gouvernement a indiqué que d’autres moyens pourraient être déployés si la situation l’exige. La mobilisation restera maximale tant que la menace pèsera sur les populations et les zones habitées.