Incendies dans les Pyrénées-Orientales : la 3e étape du Tour maintenue, public exclu du final
Le préfet Pierre Regnault de la Mothe et le directeur du Tour Christian Prudhomme ont décidé d'interdire l'accès au public sur les 40 derniers kilomètres de l'étape reliant Granollers aux Angles, après un incendie qui a déjà brûlé 4 500 hectares.
La troisième étape du 113e Tour de France, au départ de Granollers (Espagne) et à l'arrivée aux Angles (Pyrénées-Orientales), est maintenue ce lundi 6 juillet 2026 malgré un violent incendie de forêt. Les autorités ont pris des mesures drastiques interdiction du public sur le final français et suppression de la caravane publicitaire. Plus de 10 000 habitants ont été évacués depuis samedi.
L’essentiel
- Course maintenue : La 3e étape du Tour de France 2026 (Granollers - Les Angles) a lieu ce lundi 6 juillet malgré l’incendie.
- Public exclu : Interdiction formelle de se rendre sur les 40 derniers kilomètres du parcours en France.
- Caravane annulée : Le passage de la caravane publicitaire est supprimé sur toute la portion française de l’étape.
- Feu hors norme : L’incendie déclaré samedi à Trévillach a déjà ravagé 4 500 hectares ; 700 pompiers sont mobilisés.
- Évacuations massives : Plus de 10 000 résidents ont quitté leur domicile, notamment à Ille-sur-Têt et dans le massif des Aspres.
Une décision conjointe du préfet et de la direction du Tour
Alors que les flammes continuaient de progresser dans les Aspres, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, et le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, ont échangé tout le week-end. La menace était réelle : fallait-il annuler ou dérouter la troisième étape ? La course est finalement maintenue, mais avec des restrictions inédites. « On invite le public à ne pas venir sur les 40 derniers kilomètres », a expliqué le directeur de l’épreuve. Une annonce relayée par la chaîne France.tv Sport.
L’Équipe, citant des sources officielles, confirme la tenue de l’étape tout en soulignant les précautions : « Malgré les craintes d’annulation, la troisième étape du Tour de France, qui a lieu lundi, est finalement maintenue. Mais le public est invité à ne pas venir dans le final à cause du feu. »
Un incendie hors norme dans les Aspres
Le feu a démarré samedi 4 juillet en fin de journée sur la commune de Trévillach, dans le massif des Aspres. Propulsé par un vent fort et une végétation sèche, il a rapidement gagné en intensité. Dimanche soir, le bilan était déjà de 4 500 hectares partis en fumée, selon le dernier point de la préfecture des Pyrénées-Orientales. Près de 700 sapeurs-pompiers et 200 véhicules terrestres sont déployés sur le front. Les moyens aériens - Canadair et hélicoptères - n’ont pu intervenir en continu en raison de la nuit et du relief accidenté.
Les évacuations ont concerné plus de 10 000 habitants, notamment dans la commune d’Ille-sur-Têt, en partie menacée par les flammes. Plusieurs routes départementales ont été fermées, dont la D2 et la D618. Aucune victime n’est à déplorer à ce stade, mais de nombreuses habitations et exploitations agricoles ont été détruites ou endommagées. Les autorités appellent à la plus grande prudence.
Public exclu, caravane annulée : les mesures concrètes
Sur la portion française de l’étape - soit les 40 derniers kilomètres jusqu’à l’arrivée aux Angles - l’accès est strictement réservé aux coureurs et aux véhicules indispensables à l’organisation. Les spectateurs sont invités à ne pas se déplacer, ni à tenter d’accéder aux routes de la vallée de la Têt. La caravane publicitaire, élément festif et populaire du Tour, est tout simplement supprimée sur cette partie du parcours. Une façon de ne pas mobiliser les services de secours, déjà très sollicités.
Les coureurs, eux, pédaleront sous la surveillance des forces de l’ordre et d’une cellule de crise opérationnelle. Le départ sera donné à Granollers, en Catalogne, comme prévu. La question d’un possible détournement du parcours avait été évoquée, mais les organisateurs ont tranché pour le maintien du tracé initial, en limitant strictement la présence humaine sur le final.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Avec un climat méditerranéen, les Pyrénées-Orientales sont régulièrement touchées par des incendies estivaux. Mais celui-ci revêt une ampleur exceptionnelle, tant par la superficie brûlée que par le nombre d’évacués. Le département, qui connaît une sécheresse chronique depuis plusieurs années, a vu la végétation s’assécher dangereusement. En 2025 déjà, plus de 2 000 hectares étaient partis en fumée sur le secteur d’Argelès-sur-Mer. L’incendie de Trévillach est le plus important depuis celui de 2022 dans le même massif. La préfecture rappelle que tout déplacement non indispensable est déconseillé dans les zones touchées.
Le Tour de France, événement mondial, avait déjà dû composer avec des aléas climatiques par le passé. En 2024, une étape avait été écourtée à cause de la chaleur. Cette fois, c’est le feu qui contraint l’organisation à s’adapter. Le choix de maintenir la course a été salué par les acteurs économiques locaux, mais critiqué par certains riverains, qui jugent la décision risquée.
Le Tour s’adapte une nouvelle fois
Christian Prudhomme n’a pas caché sa difficulté à prendre cette décision : « Nous avons écouté les autorités, nous avons vu les images. La sécurité des coureurs, du public et des pompiers prime sur tout. » De son côté, le préfet a précisé que l’état-major de sécurité suivra la course en temps réel depuis le centre opérationnel départemental. Si les conditions devaient s’aggraver, une nouvelle adaptation serait possible, mais l’option d’une annulation en cours d’étape n’est pas évoquée pour l’instant.
Les coureurs s’élanceront ce lundi matin de Granollers, sous un ciel encore chargé de fumée. La direction du Tour espère que l’étape se déroulera sans incident, et que l’attention pourra se porter sur le sport, après une journée de deuil pour les sinistrés.