Indre : 9 interdictions de paraître prononcées contre le narcotrafic, un an après la loi
La préfète de l'Indre dresse un premier bilan de la loi anti-narcotrafic du 13 juin 2025, un an après sa promulgation.
Un an après l'entrée en vigueur de la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025, la préfète de l'Indre a annoncé le 13 juin 2026 que 9 interdictions administratives de paraître ont été prononcées dans le département. Au niveau national, le ministère de l'Intérieur recense 3 001 mesures du même type depuis un an.
L’essentiel
- 9 interdictions : la préfète de l’Indre a prononcé 9 interdictions administratives de paraître (IAP) depuis la promulgation de la loi du 13 juin 2025.
- Bilan national : le ministère de l’Intérieur recense 3 001 IAP, 176 fermetures de commerces et 366 expulsions locatives sur l’ensemble du territoire en un an.
- Loi promulguée le 13 juin 2025 : publiée au Journal officiel le 14 juin 2025 (n° 2025-532), elle autorise les préfets à prononcer des interdictions de paraître d’un mois maximum sur les points de deal identifiés.
- Contexte local : en mai 2026, une opération judiciaire à Châteauroux avait abouti à 13 mises en examen dans des dossiers liés au narcotrafic.
Ce que dit la loi du 13 juin 2025
La loi n° 2025-532 « visant à sortir la France du piège du narcotrafic » a été promulguée le 13 juin 2025 et publiée au Journal officiel le lendemain. Elle introduit un outil inédit : l’interdiction administrative de paraître (IAP), prononçable par les préfets pour une durée maximale d’un mois, renouvelable, à l’encontre de personnes identifiées comme participant à des activités de trafic de stupéfiants sur des points de deal.
La mesure est notifiée directement par les forces de l’ordre. Elle peut être complétée par des fermetures administratives de commerces liés au trafic ou par des expulsions locatives, selon les dispositions prévues par le texte (source : Légifrance et Vie-publique.fr). Le Conseil constitutionnel avait rendu le 12 juin 2025 une décision (n° 2025-885 DC) déclarant la loi partiellement conforme à la Constitution, avec des réserves sur certains articles.
Neuf mesures prononcées dans l’Indre
Le 13 juin 2026, jour anniversaire de la promulgation, la préfète de l’Indre a rendu public le bilan départemental. Neuf interdictions de paraître ont été prononcées depuis l’entrée en vigueur de la loi. L’annonce a été faite via le compte officiel de la préfecture sur X.
La préfecture ne détaille pas publiquement les communes ou points de deal concernés par ces neuf mesures, ni le profil des personnes visées. Le nombre reste modeste au regard de la population du département - 216 809 habitants en 2022 selon l’INSEE - mais s’inscrit dans une mobilisation plus large des services de l’État.
Un bilan national de 3 001 interdictions
Le même 13 juin 2026, le ministère de l’Intérieur a publié un bilan consolidé sur l’ensemble du territoire.
Les chiffres nationaux font état de 3 001 interdictions de paraître prononcées, 176 fermetures de commerces liés au trafic et 366 expulsions locatives depuis un an. Le déploiement semble coordonné : plusieurs préfectures ont publié leurs bilans le même jour. La préfecture d’Indre-et-Loire (37) a ainsi annoncé plusieurs dizaines d’IAP sur son territoire (source : Facebook Préfet37). Trois IAP ont été signalées dans les Landes.
Contexte dans l’Indre
L’Indre n’est pas un département épargné par les problématiques liées aux stupéfiants. En 2024, la préfecture avait indiqué que les forces de l’ordre avaient intensifié leurs actions ciblées - avec une multiplication par trois des opérations - et enregistré une augmentation significative des saisies de cannabis, cocaïne, héroïne et ecstasy (source : indre.gouv.fr). La hausse de la délinquance globale avait néanmoins été contenue à +3,5 % par rapport à 2023. Le département a enregistré 8 825 crimes et délits en 2025, selon des données croisées INSEE et presse locale.
Sur le plan judiciaire, une vaste opération anti-narcotrafic a été menée à Châteauroux et ses alentours en mai 2026 : elle a conduit à 13 mises en examen, selon ici.fr/France Bleu Centre-Val de Loire. Cette procédure judiciaire est distincte des mesures administratives prévues par la loi de 2025, qui relèvent de la compétence des préfets et non des parquets.
La Nouvelle République avait par ailleurs relaté un dossier de « trafic 2.0 » impliquant des réseaux opérant depuis le département, illustrant la diversité des formes prises par le narcotrafic local.
Outil administratif et action judiciaire : deux leviers distincts
L’interdiction administrative de paraître est une mesure de police administrative, rapide à mettre en œuvre, qui ne nécessite pas de condamnation pénale préalable. Elle vise à désorganiser les points de deal en éloignant physiquement les personnes qui les animent - trafiquants comme « petites mains » - d’une zone précisément délimitée.
Elle ne se substitue pas aux poursuites pénales. Les deux dispositifs - administratif et judiciaire - coexistent. La mobilisation des préfets sur ce type de mesures traduit une volonté d’agir sur le terrain sans attendre l’issue de procédures judiciaires qui peuvent durer plusieurs années.
Neuf mesures en un an dans l’Indre : le chiffre restera à mettre en perspective lors d’un prochain bilan, notamment au regard de l’évolution des indicateurs de délinquance liée aux stupéfiants dans le département.
Sources
- Préfecture de l'Indre (@Prefet36) : Bilan des interdictions de paraître dans l'Indre
- Ministère de l'Intérieur (@Interieur_Gouv) : Bilan national un an après la loi du 13 juin 2025
- Légifrance : Loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- ici.fr / France Bleu Centre-Val de Loire : Lutte anti-narcotrafic : 13 mises en examen après un vaste coup de filet à Châteauroux
