Indre-et-Loire : feux de la Saint-Jean interdits jusqu’au 29 juin
Un arrêté préfectoral du 24 juin interdit tous les feux festifs et pyrotechniques dans le département en raison de la sécheresse et du risque incendie sévère.
Le préfet d'Indre-et-Loire a pris un arrêté interdisant les feux de la Saint-Jean, feux de joie et feux pyrotechniques dans tout le département jusqu'au lundi 29 juin 2026 à 8h. La décision est motivée par la canicule persistante et le niveau de danger incendie "très sévère".
L’essentiel
- Arrêté pris le 24 juin 2026 : interdiction de tous les feux festifs (Saint-Jean, feux de joie) et pyrotechniques en Indre-et-Loire jusqu’au 29 juin à 8h.
- Contexte météorologique : canicule historique avec des températures dépassant 42°C, vigilance rouge, et risque incendie passé au niveau « très sévère » (niveau 3).
- Sanctions possibles : les contrevenants s’exposent à une verbalisation par les forces de l’ordre et à des poursuites civiles et pénales en cas de sinistre.
Ce que dit l’arrêté
Le préfet d’Indre-et-Loire, Thomas Campeaux, a signé le 24 juin 2026 un arrêté interdisant « la réalisation des feux festifs (feux de la Saint-Jean, feux de joie ou assimilés) et des feux pyrotechniques dans tout le département », indique la préfecture sur son compte X officiel. L’interdiction court jusqu’au lundi 29 juin 2026 à 8 heures du matin. Elle concerne aussi les barbecues et les brûlages de végétaux, déjà limités par un précédent arrêté du 22 juin.
Le texte du 22 juin avait déjà placé le département en niveau de danger « sévère » (niveau 2) pour les incendies, tout en laissant la possibilité d’organiser des feux de la Saint-Jean sous conditions strictes. Face à l’aggravation de la situation météorologique, le préfet a durci les mesures.
Pourquoi cette interdiction
Le département d’Indre-et-Loire traverse une canicule exceptionnelle. Selon Météo-Centre, les températures ont dépassé les 42°C dans plusieurs secteurs, et la nuit du lundi 23 au mardi 24 juin a été la plus chaude jamais enregistrée à Tours. Le département est placé en vigilance rouge canicule depuis le 21 juin.
Cette situation a fait passer le niveau de risque incendie de « sévère » à « très sévère » (niveau 3) à partir du 23 juin, puis au niveau 3 renforcé le 24 juin. « Les fortes chaleurs persistantes et la sécheresse des sols et de la végétation créent des conditions particulièrement propices aux départs de feux », explique la préfecture dans son communiqué. Les zones forestières et agricoles sont jugées les plus vulnérables.
Contexte dans le département
L’Indre-et-Loire compte plus de 100 000 hectares de forêt, notamment dans les massifs de Chinon, de Loches et de la forêt domaniale d’Amboise. Le département est également une terre agricole intense, avec de grandes surfaces de céréales en cours de moisson. La Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire a appelé les agriculteurs à une vigilance renforcée, rappelant que les feux de chaumes et les étincelles de machines peuvent déclencher des incendies rapidement.
Cette interdiction, bien que temporaire, est inédite par son ampleur. Les précédents épisodes de canicule, comme en juillet 2022 ou août 2023, avaient entraîné des restrictions localisées, mais jamais une interdiction totale des feux festifs sur l’ensemble du département pendant plusieurs jours.
Les conséquences pour les festivités
Plusieurs communes avaient programmé des feux de la Saint-Jean ou des feux d’artifice pour le week-end du 24 au 26 juin. À Tours, la fête de la musique a été maintenue sur les bords de Loire avec un dispositif de secours exceptionnel. D’autres villes, comme Chinon, Loches ou Amboise, ont également renoncé à leurs spectacles pyrotechniques.
« Nous comprenons la déception des habitants, mais la sécurité est notre priorité absolue », a déclaré un responsable de la prévention à la mairie de Tours, cité par La Nouvelle République. Les organisateurs de feux privés (jardins, campings, lotissements) sont également invités à respecter strictement l’interdiction.
Les sanctions encourues
Les forces de l’ordre (gendarmerie, police nationale, police municipale) sont chargées de faire respecter l’arrêté. Tout contrevenant s’expose à une contravention, mais aussi à la mise en jeu de sa responsabilité civile et pénale en cas d’incendie causé par un feu non autorisé. « En cas de sinistre, les auteurs pourraient être poursuivis pour destruction involontaire par incendie et condamnés à de lourdes dommages et intérêts », précise la préfecture.
Des patrouilles de prévention sont prévues dans les secteurs à risque, notamment aux abords des forêts et des zones agricoles.
Prochaine étape : le retour à la normale sous conditions
L’interdiction court jusqu’au lundi 29 juin 2026 à 8h. D’ici là, la préfecture réévaluera la situation météorologique et le niveau de danger incendie. Si les températures baissent et que des précipitations sont annoncées, il est possible que l’arrêté ne soit pas renouvelé. En attendant, les feux de la Saint-Jean devront attendre une météo plus clémente.