Indre : le projet de data center géant de Google suscite une vive opposition locale
L'installation du premier data center en propre de Google en France, à Étrechet, est contestée par des citoyens et élus inquiets de son impact énergétique et environnemental.
Alors que le compromis de vente du terrain arrive à échéance en juin 2026, le projet de data center Google dans l'Indre (195 hectares, 500 MW) fait l'objet d'une concertation publique ordonnée par la CNDP. Opposants et élus locaux s'interrogent sur la consommation d'eau et d'électricité.
L’essentiel
- Superficie : 195 hectares, soit l’équivalent de 300 terrains de football, dans la ZAC d’Ozans à Étrechet.
- Puissance : 500 mégawatts (MW) prévus, soit la consommation électrique de tout le département de l’Indre.
- Concertation : La Commission nationale du débat public (CNDP) a ordonné une concertation préalable le 1er avril 2026.
- Opposition : Le collectif « Ozans dire NON ! » et des élus locaux réclament un moratoire sur le projet.
Un projet de 195 hectares pour le premier data center Google en France
En juin 2025, la métropole de Châteauroux a approuvé la vente d’une parcelle de 195 hectares dans la zone d’activités d’Ozans, sur la commune d’Étrechet, à Tricolore Computing, filiale de Google. Le montant de la transaction s’élève à 58,5 millions d’euros, selon la collectivité. Le projet prévoit la construction de 8 à 10 bâtiments de serveurs, avec une puissance électrique maximale de 500 mégawatts (MW).
Il s’agit du premier data center que Google construit en propre en France. Le terrain bénéficie du label « clé en main » du plan France 2030, ce qui a accéléré les procédures d’acquisition.
500 MW : une consommation électrique équivalente au département
La puissance de 500 MW projetée par Google équivaut à la consommation électrique de l’ensemble des habitants de l’Indre. Pour y répondre, le gestionnaire du réseau RTE prévoit de déployer une nouvelle ligne aérienne à très haute tension de 400 000 volts. Ce raccordement, nécessaire pour acheminer l’énergie, suscite des craintes supplémentaires sur l’artificialisation des sols et l’impact paysager.
Le projet et son raccordement ont été soumis à la Commission nationale du débat public (CNDP). Celle-ci a acté, par décision publiée au Journal Officiel le 9 avril 2026, l’organisation d’une concertation préalable. Le débat public doit permettre d’éclairer les choix sur l’infrastructure et ses conséquences.
La question de l’eau et l’opposition citoyenne
Les opposants, regroupés au sein du collectif « Ozans dire NON ! » et soutenus par Les Écologistes-36, dénoncent une consommation d’eau estimée à près de 2 milliards de litres par an pour le refroidissement des serveurs, selon une pétition mise en ligne sur Greenvoice. Une réunion publique a eu lieu le 29 mai 2026 à Étrechet pour informer les habitants et organiser la contestation.
Le collectif réclame un moratoire et demande une évaluation environnementale indépendante. Certains élus locaux, partagés entre les retombées économiques attendues et les impacts écologiques, s’interrogent sur la pertinence du projet.
Le ton monte sur les réseaux sociaux. Un riverain a ainsi réagi :
Un calendrier encore incertain
Le compromis d’exclusivité d’un an signé entre Google et la métropole de Châteauroux arrive à échéance en juin 2026. Google n’a pas encore officiellement validé son implantation définitive, selon les informations collectées par INFO.FR. La concertation publique, dont les modalités seront précisées dans les semaines à venir, pourrait durer plusieurs mois.
Le projet doit également obtenir les autorisations environnementales nécessaires. Les opposants promettent de multiplier les actions pour peser sur la décision finale.
Contexte dans l’Indre
L’Indre, département rural d’environ 217 000 habitants, cherche à attirer des activités économiques pour dynamiser un territoire touché par la désindustrialisation. Le projet Google représente l’un des plus importants investissements privés de la décennie dans la région. Mais il intervient dans un contexte de tension sur les ressources, illustré par les restrictions d’eau renforcées entrées en vigueur ce 28 juin 2026 en Indre-et-Loire voisine. La question climatique est au cœur des débats, alors que plusieurs départements connaissent des épisodes caniculaires précoces, comme en Essonne où les manifestations en forêt ont été interdites. Le projet de data center devra démontrer sa compatibilité avec les enjeux environnementaux locaux.
La suite dépendra de la décision de Google et des conclusions de la concertation publique. Les opposants promettent de maintenir la pression.