Infantino persiste à étudier un Mondial à 64 équipes malgré l’opposition
Le président de la FIFA persiste mais se heurte à un mur l'UEFA et les hôtes européens s'y opposent frontalement
Gianni Infantino confirme l'étude d'une expansion à 64 sélections dès 2030, mais l'UEFA et les coorganisateurs européens s'y opposent frontalement, rendant le projet incertain.
- Infantino confirme l'étude d'une expansion à 64 équipes dès 2030
- La proposition, portée par la CONMEBOL depuis mars 2025, se heurte à l'opposition de l'UEFA et des coorganisateurs européens
- Les infrastructures espagnoles, portugaises et marocaines sont dimensionnées pour 48 équipes
- Le format à 48 en 2026 servira de test pour la crédibilité d'une nouvelle expansion
- Aucune source ne chiffre le gain financier attendu ni le coût logistique de 16 équipes supplémentaires
Le président de la FIFA persiste. Gianni Infantino a confirmé qu’une expansion de la Coupe du Monde à 64 équipes serait formellement étudiée après le tournoi 2026 à 48 sélections. Les deux sources s’accordent sur un bond de 16 nations supplémentaires pour atteindre 64. La proposition vise l’édition 2030 - qui se tiendra exceptionnellement sur six pays et trois continents: Espagne, Portugal, Maroc pour l’essentiel des matchs, Uruguay, Argentine et Paraguay pour des matchs inauguraux symboliques.
L’idée remonte à mars 2025 - quand la CONMEBOL présente une proposition formelle. Selon plusieurs sources, Infantino se retrouve ensuite à New York, en septembre 2025 - pour discuter du dossier. La CONMEBOL y voit une opportunité d’augmenter ses quotas; la CAF africaine partage cet intérêt. Mais les coorganisateurs européens et des représentants de l’UEFA s’y opposent fermement.
Infrastructures et calendrier: un défi technique
Un format à 64 imposerait de nombreux matchs supplémentaires, donc des stades additionnels ou une refonte du calendrier déjà serré. Les hôtes européens estiment le projet techniquement irréaliste à quatre ans de l’événement, selon des sources proches du dossier.
Rapport de force: l’Europe en minorité?
Des représentants de l’UEFA, qui disposent d’un poids décisif au Conseil FIFA, n’ont aucun intérêt à diluer leur part de qualifiés: une expansion à 64 équipes réduirait sa proportion relative de places qualificatives face aux autres confédérations, même si son nombre absolu de qualifiés augmenterait. La CONMEBOL et la CAF, elles, y gagnent mécaniquement. Le vote au Conseil FIFA sera déterminant: l’opposition européenne pourrait bloquer la proposition.
Ce que les opposants redoutent
Selon une source anonyme citée par The Guardian - un membre du Conseil FIFA résume la crainte: « Gianni n’obtiendrait pas ce vote au Conseil même s’il le voulait. Le sentiment dominant autour de la table, et pas seulement en Europe, est que 64 équipes endommageraient la Coupe du Monde. Il y aurait trop de matchs non compétitifs et cela risquerait d’endommager le modèle économique. »
L’argument porte sur la dilution de la compétitivité. Passer de 32 à 48 équipes ajoute déjà 16 nations; un bond supplémentaire à 64 multiplierait les affiches déséquilibrées en phase de groupes. Les diffuseurs et sponsors craignent une baisse d’attractivité des matchs de poules.
Le précédent du format à 48
La FIFA a déjà élargi une fois sans catastrophe sportive majeure: le passage de 32 à 48 équipes pour 2026 s’est fait malgré les mêmes critiques sur la dilution. Or, ce format à 48 n’a pas encore été testé. Il introduit une phase de groupes à trois équipes par poule, jugée risquée pour l’équité (le dernier match d’une poule à trois se joue à heure fixe, contrairement aux poules à quatre). Si ce système fonctionne, Infantino disposera d’un argument pour forcer un nouveau bond. Si le format à 48 génère des polémiques d’équité, le projet à 64 sera enterré avant même d’atteindre le Conseil FIFA.
Le gain financier non chiffré
Les droits TV et sponsors paient pour des matchs de qualité, pas pour la quantité brute de sélections. Un tournoi rallongé coûte aux clubs européens (libération de joueurs), aux diffuseurs (saturation d’antenne) et aux fédérations (logistique). Pour des observateurs du dossier, sans modèle économique documenté, la proposition reste un pari politique.
Voix contradictoire: l’universalité du football
Infantino justifie l’expansion par l’universalité du football: plus de places qualificatives permettent à des nations émergentes de disputer la compétition reine. La CONMEBOL défend la même ligne, estimant que l’Amérique du Sud, berceau historique du football, mérite davantage de représentants qu’elle n’en obtient avec 48 équipes. La CAF avance un raisonnement démographique: l’Afrique, très peuplée, reste largement sous-représentée en nombre de places qualificatives par rapport aux autres continents.
Cet argument se heurte toutefois à une objection: les éliminatoires sud-américaines et africaines produisent déjà des qualifiés directs pour toutes les fédérations compétitives. Élargir à 64 ne change rien pour les nations fortes (Brésil, Argentine, Sénégal, Maroc), mais garantit la présence de sélections actuellement non qualifiables. Certains observateurs jugent que ces places supplémentaires risquent de récompenser des sélections moins compétitives.
Ce que les sources ne disent pas
Aucune source consultée ne répond à trois questions cruciales:
- Quel serait le format exact d’un tournoi à 64 équipes? (16 groupes de 4, 8 groupes de 8, tableau à élimination directe élargi?)
- Combien de stades supplémentaires faudrait-il construire ou réhabiliter en Espagne, Portugal et Maroc?
- Quel est le coût financier et carbone d’un Mondial rallongé sur trois continents?
Pour des observateurs du dossier, ces absences signalent que le projet reste au stade du ballon d’essai politique, pas d’une étude de faisabilité technique. Le débat oppose des postures (universalité vs compétitivité) sans chiffrage concret des conséquences logistiques et économiques.
Sources
- The Athletic - World Cup expansion: 64 teams by 2030?
- The Guardian - Fifa not planning 64-team men's World Cup
- ESPN - FIFA, CONMEBOL discuss 64-team expansion
- L'Équipe - L'idée d'une Coupe du monde à 64 équipes remise sur la table
- RMC Sport - Pourquoi le projet de CDM à 64 équipes a du plomb dans l'aile