L’inflation britannique ralentit à 2,6 % en juin, un répit fragile
Le Royaume-Uni enregistre son plus bas niveau d'inflation depuis mars 2025, porté par la baisse des carburants et de l'alimentation, mais les économistes anticipent un rebond dès l'automne
L'inflation au Royaume-Uni a ralenti à 2,6 % sur un an en juin 2026, selon l'Office for National Statistics. Ce chiffre, inférieur aux 2,7 % attendus par les économistes, marque le niveau le plus bas depuis mars 2025. Une accalmie bienvenue pour le gouvernement travailliste d'Andy Burnham, qui reste sous surveillance face aux tensions sur l'énergie.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- L'inflation britannique a ralenti à 2,6 % en juin 2026, son plus bas niveau depuis mars 2025, contre 2,8 % en mai
- Les prix des carburants ont chuté de 3,1 % en juin et l'inflation alimentaire est tombée à 1,6 % sur un an
- Le gouvernement a emprunté 16 milliards de livres en juin, en baisse de 7,9 milliards sur un an
- Les économistes anticipent un rebond au-dessus de 3 % dès l'automne en raison de la hausse des tarifs énergétiques de 13 % en juillet
- La Banque d'Angleterre devrait maintenir son taux directeur à 3,75 % lors de sa réunion du 30 juillet
L’inflation britannique a surpris à la baisse en juin 2026. L’indice des prix à la consommation (IPC) s’est établi à 2,6 % sur un an, contre 2,8 % en mai, selon les chiffres publiés ce lundi par l’Office for National Statistics. Ce ralentissement, plus marqué que les 2,7 % anticipés par le consensus des économistes, constitue le niveau le plus faible depuis mars 2025.
Carburants et alimentation tirent les prix vers le bas
Cette détente s’explique principalement par le recul des prix des carburants. Selon l’Office for National Statistics, les tarifs du diesel et de l’essence ont chuté de respectivement 10,7 pence et 2,1 pence par litre en juin. L’inflation alimentaire a également marqué le pas, tombant à 1,7 % sur un an, contre 2,2 % le mois précédent. Les prix des services, qui constituent le principal levier de l’inflation sous-jacente, restent en revanche élevés à 3,6 %.
La baisse des prix à la pompe offre un soulagement direct aux ménages britanniques, qui ont vu leur pouvoir d’achat rogné par deux années de forte inflation. Pour un plein moyen de 50 litres, l’économie avoisine désormais 3 à 4 livres sterling par rapport au pic de l’an dernier.
Un répit bienvenu pour le gouvernement Burnham
Ce ralentissement intervient alors que le nouveau Premier ministre travailliste, Andy Burnham, a fait du pouvoir d’achat une priorité dès sa prise de fonction. Le ministre des Finances, John Healey, a salué cette baisse tout en appelant à poursuivre les efforts pour les ménages, rapporte TV5MONDE Info.
Le gouvernement emprunte 16 milliards de livres en juin, en baisse de 7,9 milliards sur un an, selon la Credit Protection Association. Cette amélioration des finances publiques donne une marge de manœuvre budgétaire au nouvel exécutif, qui doit composer avec une croissance économique atone et des services publics sous tension.
La menace d’un rebond dès l’automne
La prudence reste toutefois de mise. Les économistes interrogés par Boursorama prévoient un possible rebond de l’inflation dès le troisième trimestre 2026. Plusieurs facteurs expliquent cette anticipation : la hausse programmée des tarifs énergétiques réglementés, qui doit entrer en vigueur en juillet avec une augmentation du plafond tarifaire (price cap) de 13,5 %, et la volatilité persistante des cours du pétrole, qui oscillent autour de 94 dollars le baril pour le Brent.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient maintiennent une pression haussière sur les prix de l’énergie. La Banque d’Angleterre, selon KPMG, surveille de près ces évolutions et maintient une approche prudente. Sa prochaine réunion de politique monétaire, prévue le 30 juillet, devrait confirmer le maintien du taux directeur à 3,75 %, un niveau historiquement élevé destiné à contenir les anticipations inflationnistes.
Contexte au Royaume-Uni
Le Royaume-Uni a connu une inflation galopante en 2023 et 2024, dépassant à plusieurs reprises les 10 % sur un an, un niveau inédit depuis les années 1980. Cette flambée a contraint la Banque d’Angleterre à relever fortement ses taux d’intérêt, fragilisant le marché immobilier et pesant sur la consommation des ménages.
L’économie britannique reste marquée par les effets conjugués du Brexit, qui a perturbé les chaînes d’approvisionnement et réduit la main-d’œuvre disponible, et de la crise énergétique liée au conflit en Ukraine. La productivité stagne et le niveau de vie moyen reste inférieur à celui d’avant la pandémie, selon l’Institute for Fiscal Studies.
Vu de France
La trajectoire britannique contraste avec celle de la zone euro, où l’inflation s’établit à 2,5 % en juin selon Eurostat, un niveau comparable. La Banque centrale européenne a toutefois entamé un cycle d’assouplissement monétaire plus précoce, abaissant son taux directeur dès juin, tandis que la Banque d’Angleterre maintient une position plus stricte.
Pour les entreprises françaises présentes outre-Manche, cette stabilisation relative des prix offre une visibilité accrue, même si la livre sterling reste volatile face à l’euro. Les flux commerciaux entre les deux pays, toujours affectés par les formalités douanières post-Brexit, pourraient bénéficier d’un environnement macroéconomique plus apaisé.
Les prochains mois diront si cette accalmie est durable ou si le Royaume-Uni replonge dans une phase inflationniste, au gré des tensions énergétiques et des arbitrages budgétaires du gouvernement Burnham. La Banque d’Angleterre rendra son verdict fin juillet.