Infractions routières en Isère : sanctions alourdies, procédures encore trop lentes

Après 41 morts sur les routes iséroises en 2025, la préfecture durcit les barèmes mais les maires réclament des réformes plus rapides.

Infractions routières en Isère : sanctions alourdies, procédures encore trop lentes
Illustration Julien Moreau / info.fr

En Isère, les chiffres de la mortalité routière 2025 ont poussé la préfète Catherine Séguin à revoir les suspensions de permis dès février 2026. Mais sur le terrain, les élus locaux jugent les procédures encore trop longues. Meylan, labellisée 'Ville prudente', illustre cet écart entre ambition et réalité.

Quarante et un accidents mortels en 2025 en Isère. Trente pour cent liés à l’alcool, 25 % à la vitesse excessive, 15 % aux stupéfiants. Ces chiffres, publiés par la préfecture de l’Isère, ont conduit à une réaction officielle rapide. Le 29 janvier 2026, la préfète Catherine Séguin et le procureur de la République de Grenoble Étienne Manteaux ont présenté un nouveau barème de suspensions administratives du permis de conduire, entré en vigueur le 1er février.

Des suspensions revues à la hausse

Concrètement, selon les Affiches de Grenoble, la suspension pour alcool excessif ou ivresse manifeste passe de 6 mois maximum à une fourchette de 6 à 9 mois. Pour l’usage du téléphone au volant couplé à une autre infraction, la durée passe à 2-4 mois. En 2025, plus de 4 000 conducteurs iséroises ont été concernés par des suspensions, soit une hausse de 5 % par rapport à 2024, toujours selon les Affiches de Grenoble.

La préfecture assume une logique de dissuasion renforcée. La hausse des blessés graves en 2025, relevée par Place Gre’net, confirme que les mesures précédentes n’ont pas suffi.

Meylan dans la boucle, mais les maires s’impatientent

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À Meylan, la commune a obtenu en 2025 le label ‘Ville prudente’, selon son bulletin municipal, récompensant ses actions locales en matière de sécurité routière. Un signal positif, mais qui ne règle pas le fond du problème soulevé dans le rapport : les procédures de traitement des infractions restent lentes. Les maires de l’agglomération demandent des réformes pour accélérer les sanctions, sans que le détail de leurs propositions n’ait été rendu public à ce stade.

Le contexte national appuie leur frustration. Depuis le 29 décembre 2025, un excès de vitesse supérieur à 50 km/h est devenu un délit pénal, punissable de 3 mois de prison et 3 750 € d’amende, selon Actiroute. La mortalité nationale a grimpé de 2,1 % en 2025, avec 3 260 décès recensés.

Prochaine étape : nouveaux radars en 2026

L’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) prévoit pour 2026 le déploiement de radars ciblant les nuisances sonores et les voies réservées, selon un document budgétaire de l’Assemblée nationale. La forfaitisation de 75 délits est également au programme. Ces outils pourraient accélérer le traitement des dossiers, répondant en partie aux attentes des élus locaux. Calendrier précis et modalités de déploiement en Isère restent à confirmer.

Sources

Julien Moreau

Julien Moreau

Installé à Grenoble, couvre les stations de ski, les tensions sur la transition écologique, l'université et les chantiers de la métropole. Diplômé de Sciences Po Grenoble, il a travaillé en radio avant de rejoindre la rédaction web. Posture : interroger les élus écologistes, les promoteurs, les syndicalistes, vérifier les budgets avant de conclure.

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