Isabelle Mergault : trois vies d’artiste, éteintes à 67 ans
Actrice, scénariste, réalisatrice césarisée : Mergault incarnait la reconversion réussie. Elle est morte ce vendredi d'un cancer des poumons.
Isabelle Mergault est décédée ce vendredi 20 mars 2026 à Neuilly-sur-Seine, des suites d'un cancer des poumons métastasé au foie. Elle avait 67 ans. L'annonce a été faite par Laurent Ruquier à l'AFP au nom de la famille. Actrice dans les années 1980, scénariste dans les années 1990, réalisatrice primée aux César en 2007 : elle aura mené, sans conteste, trois carrières distinctes là où la plupart n'en tiennent qu'une.
- Isabelle Mergault est décédée le 20 mars 2026 à Neuilly-sur-Seine d'un cancer des poumons métastasé au foie, à 67 ans.
- Née le 11 mai 1958 à Paris, elle a mené trois carrières successives : actrice, scénariste, réalisatrice.
- Son premier rôle au cinéma remonte à 1979 dans La Dérobade de Daniel Duval.
- Elle a obtenu le César du meilleur premier film en 2007 pour Je vous trouve très beau, à 48 ans.
- Chroniqueuse emblématique des Grosses Têtes depuis 1988, elle était une voix reconnaissable du paysage radiophonique français.
- Elle laisse derrière elle une fille adoptive, Maya, 16 ans, d'origine nigérienne.
« Sa famille, ses amis ont la douleur de vous annoncer que la réalisatrice, actrice et humoriste Isabelle Mergault est décédée ce matin, à Neuilly-sur-Seine, des suites d’un cancer contre lequel elle se battait courageusement depuis plusieurs mois. » C’est par ce communiqué, transmis à l’AFP par Laurent Ruquier, que le monde du spectacle a appris la nouvelle ce vendredi. Selon ELLE, qui cite Paris Match, elle souffrait d’un cancer des poumons métastasé au foie et était hospitalisée depuis plusieurs semaines à Neuilly-sur-Seine.
67 ans. Un âge où d’autres commencent à compter leurs films comme autant de médailles. Elle, elle en avait quatre derrière elle, dont le dernier, Des mains en or avec Lambert Wilson et Josiane Balasko, sorti en 2023.
Trois carrières, une seule femme
Née le 11 mai 1958 dans le 14e arrondissement de Paris d’un père chirurgien et d’une mère chercheuse en médecine et dermatologue, selon Wikipedia et Purepeople, Isabelle Mergault n’était pas destinée au show-business. Elle passe par les Beaux-Arts, prend des cours de théâtre, court les castings. Et travaille comme secrétaire sténo-dactylo pour payer les factures, précise Wikipedia. Rien d’exceptionnel, sauf ce détail : un orthophoniste consulté à 18 ans pour son chuintement lui conseille de le garder. Ce défaut deviendra une marque de fabrique.
Premier film en 1979 : La Dérobade de Daniel Duval, selon Wikipedia et La Nouvelle République. Seconds rôles dans les années 1980. CNews rappelle qu’elle apparaît dans Diva de Jean-Jacques Beineix en 1981, puis dans P.R.O.F.S en 1985, où elle incarne une enseignante de sciences naturelles qui imite la tourterelle devant ses élèves. C’est là qu’elle accède à une vraie notoriété nationale.
Puis, en 1991, elle s’arrête. Nette. Volontaire. Lassée des rôles qu’on lui propose, selon La Nouvelle République, elle bascule vers l’écriture de scénarios. Une décision à double tranchant pour une actrice en activité : renoncer à la visibilité immédiate pour parier sur un métier de l’ombre. Elle co-signe notamment Meilleur espoir féminin avec Gérard Jugnot en 2000, selon Actu.fr.
Bref, elle disparaît des écrans. Et réapparaît derrière la caméra.
Un César à 48 ans, premier film
En 2005, elle écrit et réalise Je vous trouve très beau avec Michel Blanc. Le film sort en 2006. L’année suivante, le César du meilleur premier film. Elle a 48 ans. Pour mesurer à quel point c’est rare, quitte à forcer le trait : parmi les réalisatrices françaises ayant basculé de l’interprétation à la mise en scène, peu ont attendu aussi longtemps pour signer leur premier long-métrage et décroché une récompense nationale dès la première tentative. Josiane Balasko, Danièle Thompson, Tonie Marshall ont toutes franchi ce cap, mais généralement plus tôt dans leur parcours. Mergault, elle, avait d’abord fait le détour par dix ans d’écriture.
Trois autres films suivront, selon La Nouvelle République et France Bleu : Enfin veuve en 2008 avec Michèle Laroque, Donnant donnant en 2010 avec Daniel Auteuil, Des mains en or en 2023 avec Lambert Wilson et Josiane Balasko. Quatre films en l’espace de dix-huit ans. Pas une machine à produire, mais une cinéaste qui choisit.
Au théâtre, elle décroche en 2015 le Globe de cristal de la meilleure pièce pour Ouh Ouh, selon L’Union. Une troisième vie, là encore.
La voix des Grosses Têtes, depuis 1988
Le grand public, lui, la connaissait surtout par les oreilles. Philippe Bouvard l’invite aux Grosses Têtes sur RTL en 1988. Elle ne quittera plus l’émission, suivant Laurent Ruquier dans tous ses déplacements radiophoniques et télévisuels : Rien à cirer sur France Inter, On va s’gêner sur Europe 1, On a tout essayé et On n’demande qu’à en rire sur France 2, selon La Nouvelle République. Trente-huit ans de présence radiophonique. C’est ce que retient une grande partie du public, quitte à oublier la réalisatrice derrière la chroniqueuse.
Sa dyslalie, ce chuintement sur les « ch » et les « j », était devenue sa signature sonore. Elle en avait fait une force, pas un handicap. Résultat : une voix reconnaissable entre mille, dans un paysage médiatique où tout le monde cherche à se fondre dans le même moule.
« Ça fait chier » : les hommages sans filtre
Les réactions arrivent vite, et elles sont à la hauteur de l’affection que le milieu lui portait. Chantal Ladesou, sur RTL : « Ça fait chier. C’était une grande complice à moi, elle était tellement drôle. » Philippe Geluck, lui, se dit « dévasté », selon La Nouvelle République. Deux réactions brutes, sans langue de bois. Quelque part, c’est la meilleure façon d’honorer quelqu’un qui avait fait du franc-parler une philosophie de vie.
Isabelle Mergault laisse derrière elle une fille adoptive, Maya, née en 2009 et d’origine nigérienne, selon CNews. Maya a aujourd’hui 16 ans. Aucun média ne mentionne qui prendra sa tutelle. C’est, sans doute, la question que personne ne pose, et pourtant la seule qui compte vraiment ce soir.
Sources
- France Bleu (20 mars 2026) - https://www.francebleu.fr/infos/medias-people/la-comedienne-isabelle-mergault-est-morte-a-l-age-de-67-ans-3586572
- CNews (20 mars 2026) - https://www.cnews.fr/france/2026-03-20/disparition-la-comedienne-isabelle-mergault-est-decedee-lage-de-67-ans-1834104
- Actu.fr (20 mars 2026) - https://actu.fr/societe/isabelle-mergault-actrice-realisatrice-et-voix-bien-connue-des-grosses-tetes-est-morte_64022425.html
- INA (20 mars 2026) - https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/isabelle-mergault-laurent-ruquier-comedienne-actrice
- ELLE (20 mars 2026) - https://www.elle.fr/Loisirs/News/La-comedienne-Isabelle-Mergault-est-decedee-a-67-ans-4460541
- La Nouvelle République (20 mars 2026) - https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/mort-de-la-comedienne-et-membre-des-grosses-tetes-isabelle-mergault-1774008824
- L'Union (20 mars 2026) - https://www.lunion.fr/id794870/article/2026-03-20/isabelle-mergault-comedienne-et-membre-des-grosses-tetes-est-morte
- Purepeople (20 mars 2026) - https://www.purepeople.com/article/isabelle-mergault-la-realisatrice-actrice-et-humoriste-nous-a-quittes-a-67-ans_a548496/1
- Wikipédia (20 mars 2026) - https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_Mergault