Israël-Liban : des pourparlers directs prévus mi-juillet à Rome
Un sixième round de discussions sous médiation américaine doit réunir les deux pays dans la capitale italienne, après l'accord-cadre du 26 juin
Israël et le Liban doivent se retrouver mi-juillet à Rome pour une nouvelle session de pourparlers directs, facilitée par les États-Unis. L'annonce, confirmée par les diplomaties israélienne et italienne, fait suite à l'accord-cadre signé le 26 juin à Washington.
L’essentiel
- Rendez-vous : une session de pourparlers directs Israël-Liban est prévue mi-juillet 2026 à Rome, sous médiation américaine.
- Sixième round : selon le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa’ar, il s’agira du sixième cycle de discussions directes entre les deux pays.
- Accord-cadre : ces discussions font suite à un accord conclu le 26 juin 2026 à Washington entre Israël, le Liban et les États-Unis.
- Annonce : l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, a révélé la tenue de cette rencontre lors d’une intervention au Foreign Affairs.
- Candidature italienne : Rome s’est proposée comme lieu d’accueil de ces négociations depuis avril.
C’est une phrase glissée en marge d’une conférence à Washington qui a mis le feu aux poudres diplomatiques cette semaine. L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a annoncé devant le Council on Foreign Relations qu’une nouvelle session de pourparlers directs entre Israël et le Liban se tiendrait mi-juillet à Rome, selon l’agence Anadolu. L’information a rapidement été confirmée côté israélien puis italien, donnant à cette annonce un poids que peu de rencontres diplomatiques dans la région ont eu ces dernières années.
Ce qui a été annoncé
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a lui-même confirmé la nouvelle, précisant que « le prochain round des pourparlers directs avec le Liban aura lieu la semaine prochaine à Rome », et qu’il s’agit du sixième cycle de ce type organisé sous médiation américaine, rapporte Arab News. Ce chiffre donne la mesure du travail diplomatique mené en coulisses depuis plusieurs mois entre les deux pays, qui n’ont pas de relations officielles.
Ces discussions se dérouleront au niveau des ambassadeurs, précise Al Arabiya, et non au niveau ministériel, ce qui correspond au format déjà utilisé lors des rounds précédents. Elles s’inscrivent dans la continuité d’un accord-cadre conclu le 26 juin 2026 à Washington entre Israël, le Liban et les États-Unis, selon les informations relayées par Amnesty International. Le détail exact du contenu de cet accord-cadre n’a pas été communiqué publiquement dans son intégralité à ce stade.
Rome, terrain choisi par l’Italie
Le choix de la capitale italienne n’est pas un hasard. Rome s’est portée candidate pour accueillir ces négociations depuis avril, selon L’Orient-Le Jour. Le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani, a salué publiquement l’annonce sur le réseau social X, confirmant l’implication de son pays dans le processus.
L’Italie ne se contente pas d’un rôle d’hôte. Selon Anadolu Agency, elle s’est déclarée prête à soutenir diplomatiquement la mise en œuvre de l’accord entre Israël et le Liban, et à participer à une force internationale de sécurité qui pourrait succéder à la FINUL, la force de l’ONU actuellement déployée dans le sud du Liban. Rome cherche ainsi à se positionner comme un acteur central de la stabilisation régionale, aux côtés de Washington.
« Aucune ambition territoriale », assure Sa’ar
Gideon Sa’ar a tenu à clarifier les intentions israéliennes en amont de ces discussions. Selon Arab News, le ministre a affirmé qu’Israël n’a aucune ambition territoriale au Liban. Cette précision intervient dans un contexte où les tensions frontalières entre les deux pays restent un sujet sensible pour l’opinion libanaise comme israélienne.
Cette déclaration a été faite alors que Sa’ar recevait à Jérusalem, le 10 mars, son homologue allemand Johann Wadephul, selon le Jerusalem Post. La visite du chef de la diplomatie allemande illustre l’intérêt européen porté à ce dossier, qui dépasse le seul cadre italien.
Ce que ça change pour la France
Depuis Paris, ce dossier n’est pas qu’une affaire lointaine. La France dispose de militaires au sein de la FINUL dans le sud du Liban, la force onusienne dont l’avenir est directement lié à ces négociations : si l’Italie confirme sa participation à une force internationale de sécurité destinée à lui succéder, la question de la contribution française à un futur dispositif se posera nécessairement. Paris entretient par ailleurs des liens diplomatiques anciens avec Beyrouth, héritage de décennies de relations bilatérales, ce qui explique l’attention portée par la diplomatie française à ce processus. Pour mieux comprendre les tensions régionales qui entourent ce dossier, on peut se reporter à notre couverture de l’actualité au Proche-Orient.
Un sixième round après des mois de discrétion
Le fait que ce rendez-vous romain soit qualifié de « sixième round » par le ministre israélien donne une indication sur l’ancienneté de ce canal de discussion, resté largement discret jusqu’à cette annonce publique. Les précédentes sessions n’ont pas fait l’objet de communications aussi détaillées, ce qui rend cette étape de Rome particulièrement suivie par les observateurs de la région.
Prochaine étape : la session de Rome doit se tenir mi-juillet 2026, au niveau des ambassadeurs israélien et libanais, sous l’égide des médiateurs américains.