Issoire : les habitants veulent la lumière, la mairie cherche le bon équilibre
Depuis 2023, l'extinction nocturne hors centre-ville économise 100 000 euros par an, mais le sentiment d'insécurité grandit.
À Issoire, les rues s'éteignent à 23h30 hors hyper-centre. Une mesure économique contestée par des habitants qui réclament plus de sécurité la nuit. Le maire Bertrand Barraud, réélu en mars 2026, a fait de l'éclairage une priorité de mandat.
La nuit, une grande partie d’Issoire est plongée dans l’obscurité. Depuis 2023, la commune du Puy-de-Dôme a éteint l’éclairage public entre 23h30 et 6h dans les quartiers périphériques. Objectif : réduire la facture énergétique. Résultat concret : 100 000 euros d’économies par an, selon TF1 Info. Mais le prix à payer, pour certains habitants, c’est un sentiment d’insécurité qui s’installe.
Un débat qui dépasse Issoire
La mesure n’est pas propre à la ville. Selon le Syndicat Intercommunal d’Énergie et d’e-Gouvernance du Puy-de-Dôme (TE63-SIEG), 85 % des communes du département pratiquaient l’extinction nocturne en 2023, dans la foulée de la crise énergétique de 2022. Effet collatéral positif : la pollution lumineuse a reculé significativement dans le département sur la période.
Mais le débat sécuritaire rattrape les élus. À Clermont-Ferrand, le nouveau maire Julien Bony a tranché : la ville a rétabli l’éclairage nocturne complet dès le 3 avril 2026, pour « garantir la sécurité », selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Un signal que les élus issoiriens suivent de près.
Barraud mise sur la technologie
Réélu en mars 2026 avec près de 80 % des voix, le maire d’Issoire Bertrand Barraud a placé sécurité et éclairage parmi ses priorités, selon La Montagne. Sa réponse ne passe pas par un retour à l’éclairage permanent, mais par des solutions intermédiaires. Il évoque des systèmes à détection de mouvement et des ampoules LED, qui consomment six fois moins d’énergie que les halogènes classiques.
« Sur un cheminement, par exemple, la lumière ne s’allume que lorsque le piéton passe, ou on peut aussi avoir un abaissement de 75 % de l’intensité lumineuse », explique-t-il, cité par TF1 Info.
La question de l’efficacité réelle de l’éclairage sur la délinquance reste posée. Comme le rappelle le Midi Libre, certains spécialistes estiment que « l’extinction de l’éclairage public nocturne n’a pas d’effet sur la délinquance » et que l’opposition est avant tout liée à un sentiment subjectif d’insécurité.
Prochaine étape
Une évaluation des technologies LED et des systèmes à détection est prévue dans le cadre des priorités post-électorales de la municipalité, selon La Montagne. Elle devrait permettre d’ajuster les horaires d’extinction et les zones concernées. Aucune date précise n’a été communiquée à ce stade.
Sources
- TF1 Info : "C'était très effrayant" : pourquoi de nombreuses villes rallument l'éclairage public la nuit
- La Montagne : Conseil des jeunes, sécurité, éclairage... les priorités du maire
- France 3 Auvergne-Rhône-Alpes : L'éclairage nocturne rétabli dès ce vendredi à Clermont-Ferrand pour "garantir la sécurité"
- TE63-SIEG : Comprendre et agir contre la pollution lumineuse