Espionnage : l’Italie expulse deux attachés militaires russes

Rome accuse deux diplomates russes d'espionnage et leur donne trois jours pour quitter le pays, sur fond d'enquête visant un ex-carabinier

Espionnage : l'Italie expulse deux attachés militaires russes
Illustration Marco Bianchi / info.fr

Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a annoncé le 9 juillet l'expulsion de deux attachés militaires de l'ambassade de Russie à Rome, soupçonnés d'espionnage. L'affaire est liée à l'arrestation d'un ancien officier des Carabinieri.

L’essentiel

  • Fait 1 : Le 9 juillet 2026, Antonio Tajani annonce l’expulsion de deux attachés militaires russes accusés d’espionnage.
  • Fait 2 : Les deux diplomates, identifiés comme Ivan Petrovich Gorbachev et Mikhail Vasilyevich Astakhov, doivent quitter l’Italie sous trois jours.
  • Fait 3 : L’affaire fait suite à l’arrestation, le 7 juillet, de Gavino Raoul Piras, ancien officier des Carabinieri de 59 ans.
  • Fait 4 : Cinq autres personnes sont visées par l’enquête du parquet de Rome.
  • Fait 5 : Moscou promet une « réponse adéquate » à cette expulsion.

Ce qui s’est passé le 9 juillet

C’est en fin de matinée que le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères italien Antonio Tajani a annoncé la décision : deux attachés militaires en poste à l’ambassade de Russie à Rome sont déclarés persona non grata. Selon Reuters, ils disposent de trois jours pour quitter le territoire italien. Le gouvernement italien les accuse d’avoir mené des activités d’espionnage, mises au jour par une enquête du parquet de Rome.

Selon Armenpress, les deux hommes visés sont identifiés comme Ivan Petrovich Gorbachev et Mikhail Vasilyevich Astakhov. Tajani a justifié la mesure en dénonçant, selon des propos rapportés par le quotidien Avvenire, l’usage par Moscou d' »armes hybrides » et une « ingérence inacceptable » dans la sécurité nationale italienne.

Un ancien carabinier au coeur du réseau

Cette expulsion ne sort pas de nulle part. Elle intervient deux jours après l’arrestation, le 7 juillet, de Gavino Raoul Piras, un ancien officier italien des Carabinieri âgé de 59 ans, soupçonné d’espionnage au profit de la Russie. D’après le Moscow Times, l’enquête du parquet de Rome le suspecte d’avoir transmis des milliers de documents classifiés à l’un des deux attachés russes désormais expulsés, Mikhail Astakhov, contre rémunération financière, selon des informations rapportées par Avvenire.

Le parquet romain aurait ainsi mis au jour tout un réseau : au-delà de Piras et des deux diplomates, cinq autres personnes font l’objet d’investigations. L’ampleur exacte du dossier, la nature précise des documents transmis et le montant des sommes versées n’ont pas été détaillés publiquement à ce stade.

La réaction glaciale de Moscou

Le ministère russe des Affaires étrangères n’a pas tardé à réagir. Selon TGcom24, Moscou a promis d’apporter une « réponse adéquate » à la décision italienne, formule habituelle dans ce type de crise diplomatique et qui laisse présager des mesures de rétorsion, sans qu’elles aient été précisées à ce jour.

L’ambassadeur de Russie à Rome, Alexei Paramonov, est allé plus loin. D’après des propos relayés par Avvenire, il a critiqué la décision italienne en estimant que Rome chercherait à réduire l’influence russe en Italie, tout en jugeant que le pays manquerait de « leaders d’envergure » pour porter cette politique. Une passe d’armes verbale qui illustre la tension croissante entre les deux capitales.

Contexte : l’Italie, cible d’une guerre hybride

L’épisode s’inscrit dans un climat de suspicion durable entre Rome et Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine. L’expression de « guerre hybride » employée par Tajani renvoie à un ensemble de méthodes que plusieurs gouvernements européens attribuent à la Russie : cyberattaques, désinformation et infiltration de réseaux d’influence via des relais locaux. Le cas de Gavino Raoul Piras, un ancien membre des forces de l’ordre italiennes, illustre ce que redoutent les services de sécurité occidentaux : le recrutement de profils ayant eu accès à des informations sensibles bien après la fin de leur carrière officielle.

Vu de France, une méthode déjà connue

Pour un lecteur français, cette affaire rappelle une séquence que plusieurs pays européens, dont la France, ont déjà vécue depuis 2022 : des vagues d’expulsions de diplomates russes soupçonnés d’espionnage, dans un contexte de dégradation générale des relations entre Moscou et les capitales occidentales. La différence, ici, tient à la nature du réseau démasqué : ce n’est pas seulement un diplomate isolé qui est visé, mais un ex-membre des forces de sécurité italiennes, ce qui pose la question de l’infiltration à long terme de ces réseaux dans les administrations locales, un sujet suivi de près par les services de contre-espionnage en France comme en Italie.

Le parquet de Rome poursuit son enquête sur les cinq autres personnes mentionnées, et les prochaines heures diront si Moscou met en œuvre les représailles annoncées par sa diplomatie.

Marco
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Sources

Marco Bianchi

Marco Bianchi

Marco Bianchi est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Rome. basé sur place, Il couvre l'actualité de l'Italie pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays, et...

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