Italie : Maldini et Leonardo claquent la porte de la FIGC après 16 jours
Les deux légendes du football italien ont démissionné ce dimanche après le refus de nommer Pirlo sélectionneur, invoquant ses liens avec une société de paris russe
Paolo Maldini et Leonardo ont jeté l'éponge. Nommés il y a seulement 16 jours pour redresser le football italien, les deux hommes ont démissionné ce 27 juillet de leurs postes à la Fédération (FIGC) après que leur candidat pour le poste de sélectionneur, Andrea Pirlo, ait été refusé par le président Gabriele Gravina en raison de liens contractuels avec une entreprise de paris russe.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Paolo Maldini et Leonardo ont démissionné le 27 juillet 2026, 16 jours après leur nomination à la FIGC.
- Leur départ fait suite au refus de nommer Andrea Pirlo sélectionneur en raison de ses liens avec la société de paris russe Fonbet.
- L'Italie reste sans sélectionneur ni direction technique après avoir manqué les trois dernières Coupes du monde (2018, 2022, 2026).
- La FIGC avait déjà essuyé un refus de Pep Guardiola début juillet 2026.
Le football italien replonge dans la crise. Paolo Maldini, directeur technique, et Leonardo, conseiller stratégique de la Fédération italienne de football (FIGC), ont annoncé leur démission ce dimanche 27 juillet, 16 jours après leur prise de fonction. Le duo, nommé le 11 juillet 2026 par le président Giovanni Malagò pour restructurer la Squadra Azzurra après trois absences consécutives en Coupe du monde, n’aura pas tenu un mois.
Un désaveu sur le choix du sélectionneur
La rupture porte sur le nom du prochain entraîneur de l’équipe nationale. Maldini et Leonardo avaient identifié Andrea Pirlo comme leur candidat pour mener l’Italie jusqu’en 2030, selon Sky Sport Italia. Ancien milieu de terrain champion du monde 2006 et passé par les bancs de la Juventus et de Sampdoria, Pirlo incarnait pour eux la continuité d’une philosophie de jeu moderne et offensive.
Mais Gabriele Gravina a opposé son veto. Le président de la FIGC a justifié son refus par les fonctions d’ambassadeur de Pirlo pour « Fonbet », une société de paris sportifs russe, rapporte YSscores. Ces liens contractuels posent des problèmes éthiques et juridiques dans le contexte italien, où les instances sportives renforcent leur vigilance sur les conflits d’intérêts liés aux paris en ligne.
Pour Maldini et Leonardo, ce blocage équivalait à une défiance totale. « Sans la possibilité de choisir le sélectionneur, il n’y a pas de projet crédible », auraient-ils indiqué à la Fédération avant de rendre leur tablier, selon Foot01.
Un projet avorté avant même de naître
Le duo avait pourtant affiché des ambitions claires dès son arrivée. Selon Vietnam.vn, Maldini entendait unifier la philosophie de l’équipe senior avec celle des sélections de jeunes, sur le modèle d’un club professionnel intégré. L’objectif : recréer une identité de jeu cohérente, de la Primavera jusqu’à l’équipe A, et casser le cycle des échecs répétés depuis l’élimination en phase de groupes à l’Euro 2024.
Leonardo, ancien directeur sportif du Milan AC et du Paris Saint-Germain, devait quant à lui superviser le recrutement et les relations avec les clubs de Serie A. Leur nomination avait suscité l’espoir chez les tifosi, lassés de voir l’Italie absente des trois dernières Coupes du monde - 2018, 2022 et 2026 - comme le rappelle INFO.FR.
Ce départ brutal laisse la Fédération dans l’impasse. Aucun sélectionneur n’a été nommé depuis le départ de Luciano Spalletti après l’Euro 2024, et la FIGC se retrouve sans direction technique à quatre mois du début des qualifications pour l’Euro 2028.
Gravina sous pression, Pirlo hors-jeu
Gabriele Gravina, élu en 2018 et réélu en 2021 et 2025, enchaîne les couacs. Avant Pirlo, la Fédération avait déjà essuyé un refus de Pep Guardiola, selon Flashscore. Le technicien de Manchester City avait décliné l’offre début juillet, privilégiant la fin de son contrat en club.
Le président de la FIGC avait pourtant vendu la nomination de Maldini et Leonardo comme un tournant historique, promettant de leur laisser « carte blanche » pour redresser la barre. Seize jours plus tard, cette promesse s’est fracassée sur un différend de gouvernance.
Quant à Pirlo, son statut d’ambassadeur pour Fonbet - une plateforme de paris en ligne interdite en Italie mais active en Russie et dans plusieurs pays d’Europe de l’Est - complique toute nomination officielle. La FIFA et l’UEFA ont durci leurs règles en 2025 pour limiter les accointances entre cadres techniques et opérateurs de jeux d’argent, après plusieurs scandales de matchs truqués dans les ligues mineures européennes.
Contexte en Italie : une décennie de déclin
L’Italie traverse sa pire période depuis l’après-guerre. Championne d’Europe en 2021 après avoir battu l’Angleterre aux tirs au but à Wembley, la Squadra Azzurra a enchaîné les désillusions : élimination en barrages de la Coupe du monde 2022 par la Macédoine du Nord, phase de groupes ratée à l’Euro 2024, absence en Coupe du monde 2026 après une défaite face à l’Ukraine en barrage.
La Serie A, longtemps locomotive du football européen, peine à rivaliser avec la Premier League et la Liga en termes d’attractivité et de revenus. Selon les données de l’UEFA publiées en juin 2026, le championnat italien occupe la deuxième place de l’indice UEFA, derrière l’Angleterre et devant l’Espagne et l’Allemagne, et voit son coefficient grignoté par la France.
Sur le plan fédéral, la FIGC traîne une réputation de bureaucratie lourde et de conflits internes récurrents entre la Ligue de Serie A, les clubs historiques et les instances amateur. Le départ de Maldini et Leonardo illustre une fois de plus l’incapacité de la Fédération à fédérer autour d’un projet commun.
Réactions en France : un signal d’alarme pour Deschamps ?
Vu de France, la débâcle italienne soulève des questions. Didier Deschamps, sélectionneur des Bleus de 2012 à 2026, arrive en fin de cycle après l’élimination en quart de finale de l’Euro 2024 face à l’Espagne. La Fédération française de football (FFF) observe avec attention les errements de sa voisine transalpine.
« Ce qui se passe en Italie montre qu’on ne reconstruit pas une équipe nationale en deux semaines, même avec des légendes aux commandes », commentait un cadre de la FFF sous couvert d’anonymat dans L’Équipe en début de semaine. La France, qui prépare les qualifications pour le Mondial 2026 - déjà qualifiée d’office comme pays hôte avec les États-Unis et le Mexique - devra trancher d’ici l’automne sur l’avenir de Deschamps.
La FFF a également noté le précédent Pirlo : aucun entraîneur lié à une société de paris ne pourra désormais postuler à un poste fédéral en France, selon une directive interne adoptée en mai 2026.
Prochaine étape : trouver un plan B
Gabriele Gravina doit désormais trouver un nouveau directeur technique et un sélectionneur dans l’urgence. Plusieurs noms circulent dans la presse italienne : Roberto Mancini, libre depuis son départ de l’Arabie saoudite en 2025, Carlo Ancelotti, en fin de contrat au Real Madrid en juin 2027, ou encore Antonio Conte, actuellement au Napoli.
Aucune annonce n’est attendue avant la mi-août. D’ici là, la Squadra Azzurra reste orpheline, et le football italien replonge dans une crise dont il peine à sortir depuis dix ans.