IUT de Sénart : un formateur en garde à vue pour harcèlement sexuel

Neuf plaintes déposées contre un cadre de l'établissement de Lieusaint, dont six par des étudiantes, après une enquête ouverte fin 2025.

IUT de Sénart : un formateur en garde à vue pour harcèlement sexuel
Illustration Mélanie Legrand / info.fr

Un cadre et formateur de l'IUT de Sénart, à Lieusaint, a été placé en garde à vue les 28 et 29 avril 2026 au commissariat de Melun Val de Seine. Il fait l'objet de neuf plaintes pour harcèlement sexuel. Le procureur de la République de Melun, Jean-Michel Bourlès, a confirmé les faits.

Un cadre et formateur de l’IUT de Sénart a été placé en garde à vue les 28 et 29 avril 2026 au commissariat de Melun Val de Seine. L’affaire repose sur neuf plaintes pour harcèlement sexuel, émanant à la fois d’étudiantes et de membres du personnel de l’établissement situé sur le campus universitaire de Sénart à Lieusaint. Le procureur de la République de Melun, Jean-Michel Bourlès, a confirmé l’ensemble de ces éléments, selon Le Parisien.

L’essentiel

  • Garde à vue : le formateur a été entendu les 28 et 29 avril 2026 au commissariat de Melun Val de Seine.
  • Neuf plaintes : six déposées par des étudiantes, trois par des membres du personnel de l’IUT.
  • Première plainte : une étudiante est à l’origine de l’enquête pénale, pour actes inappropriés répétés sur le campus.
  • Plaintes groupées : cinq plaintes déposées simultanément le 8 décembre 2025, selon Le Parisien.
  • L’intéressé dément formellement les faits qui lui sont reprochés.

Une plainte initiale, puis huit autres

L’enquête pénale a été déclenchée après la plainte d’une première étudiante, qui décrivait des actes inappropriés répétés sur le campus de l’IUT. D’autres victimes présumées se sont ensuite manifestées. Le 8 décembre 2025, cinq plaintes ont été déposées de façon groupée, selon Le Parisien. Au total, neuf personnes ont porté plainte : six étudiantes et trois membres du personnel administratif ou pédagogique de l’établissement.

Les faits allégués portent sur des caresses et baisers dans le cou, qualifiés d’actes inappropriés et répétés dans l’enceinte de l’IUT. L’individu mis en cause nie formellement l’intégralité des faits.

La garde à vue confirmée par le parquet de Melun

Publicité

Jean-Michel Bourlès, procureur de la République au tribunal judiciaire de Melun depuis 2023, a confirmé la garde à vue et les plaintes. L’homme a été entendu pendant deux jours, les 28 et 29 avril 2026, dans les locaux du commissariat de Melun Val de Seine. À ce stade, aucune mise en examen ni renvoi en jugement n’a été annoncé publiquement par le parquet.

L’affaire concerne un cadre exerçant également des fonctions de formateur au sein de l’IUT, ce qui place les victimes présumées en situation de dépendance institutionnelle vis-à-vis de lui - étudiants comme personnels. Ce lien hiérarchique ou pédagogique est un élément que la justice prend habituellement en compte dans la qualification des faits.

L’IUT de Sénart, établissement rattaché à l’UPEC

L’IUT de Sénart fait partie de l’Université Paris-Est Créteil (UPEC). Il est implanté sur le campus universitaire de Sénart, dans la ville nouvelle de Lieusaint, en Seine-et-Marne. L’établissement forme chaque année des centaines d’étudiants en cycles courts professionnalisants. Des affaires similaires de comportements inappropriés en milieu scolaire ou universitaire ont ces dernières années mis en lumière la vulnérabilité des étudiants face à des adultes en position d’autorité.

L’université n’a pas communiqué publiquement sur cette affaire à la date de publication de cet article. Les mesures internes éventuellement prises à l’égard du mis en cause n’ont pas été précisées.

Contexte dans la Seine-et-Marne

La Seine-et-Marne est le plus grand département d’Île-de-France par la superficie. Son tissu universitaire s’est développé avec l’essor des villes nouvelles : le campus de Sénart, à Lieusaint, en est l’un des exemples. Le parquet de Melun, compétent sur l’ensemble du département, traite une charge judiciaire significative. Jean-Michel Bourlès évoquait publiquement, lors d’une interview à Actu Juridique, « trois à quatre dossiers par jour de violences intrafamiliales » traités par son tribunal - signe d’un ressort sous pression constante sur les affaires de violences interpersonnelles.

Cette affaire intervient dans un contexte national de hausse marquée des signalements. En 2025, les infractions pour outrages sexistes et sexuels ont progressé de 17 % en France, portant le nombre de cas enregistrés à 3 900, selon le ministère de l’Intérieur. Sur la même période, 132 300 victimes de violences sexuelles ont été recensées, en hausse de 8 % par rapport à 2024, dont 58 % de mineures. Ces chiffres traduisent à la fois une hausse réelle des faits et une meilleure propension des victimes à déposer plainte.

Questions de prévention sur les campus

L’affaire de l’IUT de Sénart pose la question des dispositifs de signalement dans les établissements d’enseignement supérieur. En France, les universités sont tenues depuis la loi de 2021 de mettre en place des cellules d’écoute et de signalement des violences sexistes et sexuelles (VSS). Le fait que neuf personnes aient finalement porté plainte - après qu’une première victime ait brisé le silence - illustre un schéma documenté : la première plainte libère souvent la parole d’autres victimes.

Les actions de sensibilisation au harcèlement menées dans d’autres établissements montrent que la prévention reste un enjeu de terrain. Dans ce dossier, c’est la démarche individuelle d’une étudiante qui a déclenché l’enquête, sans que le détail des procédures internes préalables ait été rendu public.

La suite de la procédure

À l’issue de la garde à vue, le parquet de Melun n’a pas précisé publiquement les suites données à la procédure - classement, ouverture d’une information judiciaire ou renvoi en jugement. Le mis en cause, qui dément les faits, bénéficie de la présomption d’innocence. La qualification retenue - harcèlement sexuel - est passible en France de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, portée à trois ans et 45 000 euros lorsque les faits sont commis par une personne abusant de son autorité.

Les suites judiciaires dépendent désormais des éléments recueillis lors de la garde à vue et des investigations complémentaires éventuelles.

Sources

Mélanie Legrand

Mélanie Legrand

Mélanie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Seine-et-Marne (77), avec Melun pour chef-lieu. Spécialité du département : Disneyland (15M visiteurs/an) et forêt Fontainebleau. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie