Ivry-sur-Seine : un blâme symbolique voté contre l’élu RN Kévin Nader
Le conseil municipal d'Ivry-sur-Seine a voté un blâme contre l'élu d'opposition Kévin Nader pour avoir brandi un crucifix en séance le 11 juin. Un rassemblement citoyen s'est tenu devant la mairie.
Le conseil municipal d'Ivry-sur-Seine a voté un blâme symbolique contre l'élu RN Kévin Nader le 2 juillet 2026. Cette sanction fait suite à l'incident du 11 juin où il avait brandi un crucifix en séance. Un rassemblement s'est tenu devant la mairie.
L’essentiel
- Fait 1 : Le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine a voté un blâme symbolique contre l’élu RN Kévin Nader le 2 juillet 2026.
- Fait 2 : Un rassemblement « Face au RN, Ivry ne cède rien » a réuni des militants devant la mairie le même jour à 18h.
- Fait 3 : La sanction fait suite à l’incident du 11 juin 2026 où Kévin Nader a brandi un crucifix et récité une prière en séance.
- Fait 4 : Plusieurs élues de la majorité ont été victimes de cyberharcèlement et de menaces de mort après cet épisode.
Le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine s’est réuni jeudi 2 juillet 2026 pour la première fois depuis le tollé provoqué par l’élu d’opposition RN Kévin Nader. À l’issue des débats, les élus ont voté un blâme symbolique à son encontre, une sanction rare dans la vie politique locale.
Ce qui s’est passé au conseil
Selon les informations communiquées par la mairie, le vote du blâme a été acquis à la majorité. Le maire communiste Philippe Bouyssou a ouvert la séance en rappelant les faits. Kévin Nader, présent, a contesté la procédure, dénonçant une « manœuvre politique » destinée à le faire taire. La sanction est symbolique : elle n’entraîne pas de privation de mandat ni d’indemnités, mais elle inscrit une réprobation officielle au procès-verbal.
L’incident du 11 juin
Le 11 juin dernier, en plein conseil municipal, Kévin Nader a brandi un crucifix et récité la prière du « Je vous salue Marie » au micro. Il protestait contre le rejet d’un amendement qu’il avait déposé, visant à interdire le port de signes religieux aux élus locaux pendant les séances. L’amendement ciblait directement deux élues de la majorité qui portent le voile.
Le maire Philippe Bouyssou avait alors suspendu la séance, jugeant cet acte « une transgression inacceptable des règles de neutralité ». Il avait ensuite signalé les faits au préfet du Val-de-Marne, de même que le sénateur Pascal Savoldelli.
Rassemblement et tensions devant la mairie
En amont du conseil municipal, un rassemblement citoyen intitulé « Face au RN, Ivry ne cède rien » s’est tenu devant la mairie à 18h. Organisé par des collectifs locaux et des militants associatifs, il a rassemblé plusieurs dizaines de personnes venues dénoncer « la dérive identitaire » de l’élu RN.
Des prises de parole ont eu lieu. Les orateurs ont souligné que cet incident n’était pas un fait isolé mais s’inscrivait dans un contexte national de tensions autour de la laïcité.
Cyberharcèlement et plaintes
Les suites de l’incident ont été marquées par une vague de cyberharcèlement. Plusieurs élues de la majorité municipale, notamment celles qui portent le voile et qui étaient visées par l’amendement de Kévin Nader, ont reçu des messages de haine et des menaces de mort sur les réseaux sociaux. Selon la mairie, des plaintes ont été déposées.
La ville a indiqué renforcer la sécurité des élus et des agents municipaux. Dans ce cadre, des mesures de protection sont à l’étude, à l’image de ce qui se fait ailleurs. Par exemple, l’Opération Tranquillité Vacances a été relancée par le préfet du Pas-de-Calais pour l’été. À Ivry, la police municipale pourrait voir ses horaires étendus, comme la brigade de nuit prolongée jusqu’au petit matin à Bordeaux, afin d’assurer une présence dissuasive.
Contexte dans le Val-de-Marne
Ivry-sur-Seine, commune de la proche banlieue parisienne, est historiquement dirigée par le Parti communiste. Le Val-de-Marne compte plusieurs municipalités de gauche où l’opposition RN, bien que présente, reste minoritaire. Ce type de blâme est exceptionnel dans le département. Selon des observateurs locaux, il traduit une crispation croissante sur les questions de laïcité, qui dépasse le simple cadre de la vie municipale.
Les réactions
Kévin Nader, qui est également collaborateur parlementaire du député RN Emmanuel Fouquart, a annoncé son intention de ne pas en rester là. Il n’a pas précisé s’il saisirait le tribunal administratif.
Le maire Philippe Bouyssou, joint après le conseil, a déclaré : « Ce blâme est une réponse proportionnée à une provocation assumée. Nous ne laisserons pas instrumentaliser la laïcité pour attaquer des élues. »
La question de la sécurité des élus reste posée. Les plaintes pour menaces de mort sont en cours d’instruction au parquet de Créteil.
Prochaine étape : le prochain conseil municipal est prévu en septembre. Il pourrait être l’occasion de nouveaux débats sur le règlement intérieur de l’assemblée.