Jean Dionis brise le silence : « La blessure est forcément brutale et profonde »
Un mois après sa défaite à Agen, l'ancien maire centriste publie une chronique inédite et annonce son retrait de la politique locale.
Jean Dionis du Séjour a rompu le silence le 22 avril 2026 dans une chronique intitulée « Lendemains de défaite ». L'ancien maire d'Agen, battu le 22 mars par Laurent Bruneau, y confesse un excès de confiance et annonce son retrait de la vie politique agenaise.
Trente jours après la perte de sa mairie, Jean Dionis du Séjour a choisi son blog pour parler. Sa chronique du 22 avril, intitulée « Lendemains de défaite », est sa première expression publique détaillée depuis le soir du second tour. La Dépêche du Lot-et-Garonne en a publié un résumé le 27 avril 2026.
Une défaite en trois actes
Les chiffres sont nets. Au premier tour du 15 mars, la liste d’Union de la gauche de Laurent Bruneau avait devancé la liste « Agen au Cœur » de Dionis (34,50 % contre 32,26 %), selon Le Parisien. Au second tour le 22 mars, l’écart s’est confirmé : 39,05 % pour Bruneau, 34,33 % pour Dionis, 26,62 % pour le candidat RN Sébastien Delbosq, selon La Dépêche.
Le contraste est saisissant avec 2020 : réélu au premier tour avec 61,41 % des voix, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine, Dionis semblait alors indétrônable à Agen. Six ans plus tard, la donne a changé.
Dans sa chronique, l’ancien maire pointe deux alertes qu’il dit avoir sous-estimées : les législatives 2024, où le bloc central avait obtenu seulement 29 % à Agen contre 34 % à la gauche et 33 % au RN, et un sondage Ifop commandé par La Dépêche une semaine avant le premier tour qui créditait son camp de 37 % - jugé rassurant à tort. Il parle d’un « excès de confiance » assumé.
L’usure du pouvoir et les grands chantiers
Sud Ouest, dans une analyse publiée après le second tour, pointait les grands chantiers urbains comme facteur aggravant, qualifiés de « Vietnam » par des proches de l’ancien maire. Dix-huit ans de mandat - Dionis avait succédé à Gilles Savary en 2008 après avoir été adjoint de 1995 à 2001 et député de la 3e circonscription de 2007 à 2017, selon Wikipedia - laissent une empreinte, mais aussi une usure. Des enjeux comparables à ceux qu’ont connus d’autres reconfigurations politiques locales observées ces dernières années en France.
Laurent Bruneau, avocat, a salué « une victoire historique de la gauche à Agen », selon Politis. Le nouveau conseil municipal a été installé le 30 mars 2026. L’Agglomération d’Agen pourrait à son tour connaître des changements, selon Sud Ouest.
« Se réinventer »
Dès le 23 mars, au lendemain du second tour, Dionis avait déclaré à La Dépêche : « Je porte la responsabilité de cette défaite et je l’assume pleinement. » Il annonçait alors son retrait de la politique agenaise pour « laisser le champ libre à la nouvelle génération ».
Sa chronique d’avril précise qu’il conserve son mandat de conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine, obtenu en 2021. Il évoque la nécessité de « se réinventer » sans détailler la forme que prendra ce tournant. Ce type de sortie discrète mais assumée rappelle les transitions institutionnelles que traversent régulièrement les élus locaux après un mandat long.
Ce que sera concrètement l’après-Dionis à Agen - au-delà du conseil régional - n’a pas été précisé à ce stade.
Sources
- La Dépêche du Lot-et-Garonne : La blessure est forcément brutale et profonde : Jean Dionis revient sur sa défaite
- Blog de Jean Dionis : Lendemains de défaite
- Sud Ouest : Défaite de Jean Dionis : les grands chantiers ont été son Vietnam
- France 3 Nouvelle-Aquitaine : Résultats municipales 2026 en Lot-et-Garonne