Jessy Trémoulière, Caroline Drouin, Marine Ménager : trois figures du rugby féminin français raccrochent
Entre 2023 et 2025, deux championnes du Grand Chelem et une vice-championne olympique ont mis fin à leur carrière, marquant la fin d’une génération dorée du XV de France féminin.
En trois ans, trois joueuses majeures du rugby féminin français ont annoncé leur retraite. Jessy Trémoulière, Caroline Drouin et Marine Ménager laissent derrière elles un palmarès unique. Le renouvellement générationnel est en marche.
L’essentiel
- Mars 2023 : Jessy Trémoulière, élue meilleure joueuse du monde de la décennie 2010, annonce sa retraite internationale à 30 ans après deux Grands Chelems (2014, 2018).
- Août 2025 : Caroline Drouin, vice-championne olympique à Tokyo 2021 (VII) et Grand Chelem 2018 (XV), stoppe sa carrière à 29 ans, freinée par une blessure au genou.
- Après la Coupe du monde 2025 : Marine Ménager, ailière de Montpellier, met un terme à sa carrière à 28 ans.
- 30 sélections pour Drouin en équipe de France à XV ; Trémoulière a porté le maillot tricolore pendant plus de dix ans.
Le rugby féminin français perd en peu de temps plusieurs de ses figures les plus marquantes. Jessy Trémoulière (internationale jusqu’en mars 2023), Caroline Drouin (retraite en août 2025) et Marine Ménager (après la Coupe du monde 2025) ont chacune annoncé la fin de leur carrière professionnelle. Si les calendriers diffèrent, ces départs concentrés dessinent un tournant générationnel pour le XV de France féminin.
Jessy Trémoulière, une décennie au sommet
Native de Besse (Haute-Loire), Jessy Trémoulière a marqué l’histoire de son sport. En mars 2023, elle annonce sur les ondes de France Inter qu’elle met un terme à sa carrière internationale après le Tournoi des Six Nations, à 30 ans. World Rugby l’avait élue meilleure joueuse du monde de la décennie 2010. Son palmarès parle pour elle : deux Grands Chelems (2014 et 2018) et une troisième place à la Coupe du monde 2014.
La joueuse n’a toutefois pas complètement quitté les terrains. Elle continue d’évoluer en club avec Romagnat (Puy-de-Dôme) tout en partageant son temps avec son exploitation agricole en Haute-Loire. Un témoignage de l’équilibre souvent précaire entre vie sportive de haut niveau et vie rurale, loin des projecteurs parisiens.
Son départ a laissé un vide dans le leadership du pack tricolore. Comme le rappelle la série documentaire Esprit Sport, Trémoulière incarnait la fiabilité et l’abnégation qui ont fait la force de l’équipe de France durant une décennie.
Caroline Drouin : la blessure qui a tout changé
Bretonne de Saint-Pol-de-Léon, Caroline Drouin a officialisé sa retraite le 26 août 2025, à 29 ans. Vice-championne olympique de rugby à VII aux Jeux de Tokyo en 2021, elle aussi figurait au palmarès du Grand Chelem 2018 à XV. En trente sélections, elle s’était imposée comme une ouvreuse ou arrière de talent, capable de jouer dans les deux disciplines.
Dans un entretien à Ouest-France, elle explique que la décision a été précipitée par une blessure au genou contractée après les Jeux de Paris 2024. « J’ai poussé mon corps physiquement à ses limites extrêmes », confie-t-elle à Rugbyrama. La douleur chronique et l’impossibilité de revenir à son meilleur niveau l’ont conduite à stopper.
Sa polyvalence et sa lecture du jeu manqueront au collectif tricolore. Plusieurs jeunes joueuses, comme l’ouvreuse Carla Arbez, sont déjà pressenties pour prendre le relais.
Marine Ménager, l’ailière de Montpellier tourne la page
Annoncée par Le Figaro en mai 2025, la retraite de Marine Ménager est prévue pour juste après la Coupe du monde 2025. À 28 ans, l’ailière de Montpellier met un terme à une carrière qui l’a vue porter le maillot bleu à plusieurs reprises. Elle est la deuxième joueuse issue du club héraultais à raccrocher récemment, après la cheffe de file Montpelliéraine Romane Ménager (aucun lien familial connu).
Les trois annonces révèlent une tendance : les joueuses françaises partent souvent jeunes (28-30 ans), usées par l’enchaînement des compétitions et la double charge travail-rugby. Le vivier de l’équipe de France se renouvelle pourtant avec des talents comme la demi d’ouverture bretonne Grégoire Arfeuil, récemment convoqué chez les hommes, signe de la vitalité de la formation féminine.
Contexte dans le département de la Haute-Loire
Jessy Trémoulière est sans doute la figure la plus emblématique liée au département de la Haute-Loire (43). Elle y est née, y travaille encore dans l’agriculture, et son club formateur est le RC Besse. Si le département n’est pas un bastion historique du rugby féminin - le Puy-en-Velay compte un club modeste - , le rayonnement de Trémoulière a attiré l’attention sur les sports collectifs en milieu rural. En 2026, la Haute-Loire compte environ 230 licenciées féminines de rugby, un chiffre en progression de 15 % depuis 2020 selon la ligue Auvergne-Rhône-Alpes. Le départ de la championne pourrait freiner cet élan, mais plusieurs clubs locaux espèrent capitaliser sur son héritage pour attirer de jeunes joueuses.
À Romagnat (Puy-de-Dôme), où elle évolue encore, le club voisin profite de sa notoriété pour structurer son équipe féminine. Un effet d’entraînement qui dépasse les frontières du 43.
Prochaine étape : la saison 2026-2027 verra l’émergence de nouvelles têtes au sein du XV de France, avec la signature de l’ailier Ugo Boniface au RC Vannes qui illustre l’attractivité du championnat français, tant masculin que féminin. Les jeunes joueuses formées dans les pôles espoirs de Marcoussis ou de Toulouse devront désormais prendre la relève.
Sources
- France Inter : La joueuse de rugby Jessy Trémoulière prend sa retraite internationale
- Ouest-France : Rugby. La Bretonne Caroline Drouin, vice championne olympique à VII, prend sa retraite
- L'Équipe : L'internationale française Caroline Drouin arrête sa carrière
- Le Figaro : Rugby féminin : Marine Ménager annonce sa retraite après la Coupe du monde 2025

