João Sacramento reste adjoint du Maroc
Mohamed Ouahbi coupe court aux rumeurs après l'élimination en quarts
Le sélectionneur marocain confirme le maintien de son adjoint portugais malgré la défaite face à la France. Les spéculations sur un départ sont qualifiées de « fausses ».
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Stabilité du staff après l'élimination
Le maintien de Sacramento assure une continuité tactique malgré la sortie prématurée du Mondial. Ouahbi et la FRMF misent sur la stabilité pour préparer la suite.
Pression médiatique et rumeurs
Les spéculations post-défaite fragilisent l'encadrement. La mise au point publique révèle la nécessité de protéger le staff des turbulences.
Popularité de Sacramento au Maroc
L'adjoint portugais a conquis le public marocain, comme en témoignent les 153 000 likes sur ses posts. Son maintien est aussi une décision populaire.
Comparaison avec l'ère Regragui
Ouahbi succède à un sélectionneur qui avait mené le Maroc en demi-finale 2022. L'élimination en quarts place la barre haute pour la reconstruction.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Mohamed Ouahbi confirme que João Sacramento reste premier adjoint des Lions de l'Atlas
- Les rumeurs de départ sont qualifiées de « fausses » et visant à « semer le trouble »
- Sacramento a été nommé le 5 mars 2026, ancien bras droit de Mourinho et Galtier
- Le Maroc a été éliminé en quarts du Mondial 2026 par la France (2-0)
- La FRMF a renouvelé sa confiance à Ouahbi malgré la sortie prématurée
- Sacramento et Hadji ont officié ensemble sur 11 matches depuis mars 2026
Complexe Mohammed VI, Rabat. Mohamed Ouahbi pose les mains à plat sur la table. Conférence de presse du 14 juillet - six jours après la défaite 2-0 face aux Bleus. La question tombe: João Sacramento va-t-il partir? Le sélectionneur ne laisse pas la phrase finir. « Fausses » - tranche-t-il. Les rumeurs sont « fausses ».
L’adjoint portugais reste. Ouahbi l’affirme sans ambiguïté: Sacramento « adore travailler ici ». Pas de démission, pas de négociation secrète avec un club européen. Le Portugais de 36 ans est arrivé le 5 mars - embauché comme premier adjoint aux côtés de Youssouf Hadji. Quatre mois plus tard, exit en quarts. Les réseaux sociaux se sont enflammés. Ouahbi balaie: ces histoires visent à « semer le trouble ».
Un CV taillé pour le haut niveau
Sacramento n’est pas un inconnu. Bras droit de José Mourinho à Tottenham en 2020 - puis à l’AS Roma en 2021. Il a aussi officié sous Christophe Galtier au Paris Saint-Germain. Avant le Maroc, il a tenté l’aventure comme entraîneur principal au LASK Linz en Autriche, en juin 2025. Ça n’a pas duré.
Quand la Fédération Royale Marocaine de Football l’a présenté officiellement en mars - Sacramento a parlé d’« immense fierté » et d’« enthousiasme ». Il a qualifié le poste d’« honneur et grande responsabilité ». À l’époque, personne ne doutait. Aujourd’hui non plus, affirme Ouahbi.
Le parcours du Mondial: 7 points, puis la sortie
Le Maroc a terminé deuxième du groupe C avec 7 points. Victoire 1-0 en ouverture face à l’Écosse - carton 4-2 contre Haïti - match nul 1-1 avec les Pays-Bas. En huitièmes, large succès 3-0 contre le Canada. Puis la France, et ce 2-0 qui a tout arrêté.
Sacramento a parlé d’une « fin douloureuse » après le match. Sur Instagram, un de ses posts a récolté 153 000 likes en moins de 24 heures. La popularité du Portugais au Maroc ne fait aucun doute. Mais elle ne met pas à l’abri des rumeurs.
Une popularité qui compte
Ces 153 000 likes ne sont pas anodins. Ils mesurent l’adhésion du public marocain à un adjoint européen arrivé il y a quatre mois seulement. Quand Ouahbi dément publiquement les rumeurs de départ, il défend aussi un atout stratégique: un technicien qui a conquis les supporters. Le maintien de Sacramento n’est pas qu’une décision technique. C’est aussi une décision populaire. Un adjoint qui suscite autant d’engagement sur les réseaux sociaux devient, une figure du projet. Le perdre après une élimination aurait signalé une rupture, un échec du casting. Le garder, c’est miser sur la continuité et capitaliser sur cette adhésion.
Ouahbi confirmé, Sacramento aussi: un staff qui tient
Le sélectionneur lui-même est arrivé en mars 2026 - succédant à Walid Regragui. Après l’élimination en quarts - la FRMF lui a renouvelé sa confiance. Sacramento aussi. Dans le staff, Sacramento est le premier adjoint, Hadji le second. Les deux hommes ont officié ensemble sur 11 matches depuis mars. C’est un binôme rodé, pas une greffe de dernière minute.
Cette stabilité n’est pas qu’un affichage. Elle structure le travail quotidien: Sacramento apporte l’expertise tactique européenne, Hadji la connaissance du football maghrébin et du vestiaire marocain. Le Portugais a officié sur 11 rencontres aux côtés d’Ouahbi. Son CV passe par Cardiff City, l’équipe nationale galloise et le département de scouting de l’AS Monaco. C’est un technicien rodé au football de haut niveau. Maintenir ce duo d’adjoints après l’élimination, c’est parier sur la cohésion plutôt que sur le coup de balai.
L’ombre de Regragui
Walid Regragui avait mené les Lions en demi-finale du Mondial 2022. Une performance historique, un précédent qui pèse lourd. Ouahbi héritait de cette barre placée haut. Quatre mois après son arrivée - l’élimination en quarts sonne comme un recul. Regragui avait battu la Belgique, le Portugal et l’Espagne avant de tomber face à la France. Ouahbi, lui, sort dès les quarts contre les mêmes Bleus.
Pourtant, la FRMF a renouvelé sa confiance au nouveau sélectionneur. Regragui, après la demi-finale 2022, avait connu des Éliminatoires CAN compliquées avant d’être remplacé. Ouahbi, après les quarts 2026, est maintenu. La Fédération mise sur la durée, pas sur le court terme. Confirmer Sacramento dans la foulée, c’est aussi affirmer que le projet tactique reste intact. L’ère Regragui a marqué l’histoire. L’ère Ouahbi cherche encore sa trajectoire.
Ce que personne ne dit
Le timing de cette confirmation interroge. Six jours après une élimination qui coupe court au rêve marocain, Ouahbi convoque la presse pour démentir un départ que personne n’a officiellement annoncé. Les rumeurs n’ont pas de source identifiée. Elles circulent, c’est tout. Le sélectionneur les qualifie de « fréquentes après des défaites » - mais prend le temps de les éteindre publiquement.
Cette mise au point révèle deux choses: la fragilité du staff après une sortie prématurée, et la popularité de Sacramento, assez forte pour que son éventuel départ devienne un sujet en soi. Un adjoint qui doit être défendu publiquement par son patron, c’est rare. C’est aussi un indice: le Portugais compte.
Ouahbi range ses notes. Sacramento reste. Le Maroc prépare la suite. La conférence est terminée.
