Joinville-le-Pont : école un jour sur deux, classes à 48 élèves, les enseignants craquent

Dans cette commune du Val-de-Marne, le manque de remplaçants et d'AESH épuise les enseignants et pénalise les élèves depuis la rentrée.

Joinville-le-Pont : école un jour sur deux, classes à 48 élèves, les enseignants craquent
Illustration Alexandre Martin / info.fr

À Joinville-le-Pont, les écoles fonctionnent en moyenne un jour sur deux depuis septembre, faute d'enseignants remplaçants. Les classes explosent, les AESH manquent. Parents et professeurs ne déchantent plus, ils se mobilisent.

Le constat est brutal. Depuis la rentrée 2025-2026, certaines écoles de Joinville-le-Pont n’ouvrent leurs portes qu’un jour sur deux, selon Le Parisien. Raison : aucun remplaçant disponible pour pallier les absences des enseignants. Résultat immédiat : les classes restantes absorbent les élèves déplacés. On atteint parfois 48 élèves dans une même salle, comme le relève citoyens.com.

Le 16 avril 2026, des parents d’élèves se sont réunis devant l’école maternelle La Fontaine pour dire stop. Ils dénoncent à la fois le manque de remplaçants et la pénurie d’AESH - ces accompagnants indispensables aux élèves en situation de handicap. Selon une question posée au Sénat, plus d’un tiers des élèves en situation de handicap du Val-de-Marne ne bénéficient pas d’un accompagnement suffisant, ce qui aggrave mécaniquement la charge des enseignants titulaires.

Un fléau départemental, une commune en première ligne

Joinville-le-Pont n’est pas un cas isolé. À l’échelle du Val-de-Marne, 168 fermetures de classes sont prévues pour la rentrée 2026, selon le SNUipp-FSU 94. Le rectorat de Créteil justifie ces suppressions - qui représentent 41 postes - par une baisse démographique de 2 313 élèves dans le département. Une école sur quatre serait concernée. Pour les syndicats de l’enseignement, ce raisonnement arithmétique ignore la réalité du terrain.

Le rectorat de Créteil a par ailleurs supprimé, à partir de 2026, les dispositifs de mutation prioritaire et l’avantage d’ancienneté pour certains établissements, selon le SNES-Créteil. Une décision qui fragilise la stabilité des équipes pédagogiques dans des communes déjà sous tension comme Joinville-le-Pont.

Un contexte national d’austérité

Publicité

La situation locale s’inscrit dans un mouvement national. Pour la rentrée 2026, 4 000 postes d’enseignants seront supprimés en France, selon la FCPE. Une grève nationale a eu lieu le 31 mars 2026, avec une forte mobilisation en Val-de-Marne. Ce n’est pas la première alerte : en 2025, 14 classes avaient déjà été fermées dans le département dès mi-septembre - seules 5 fermetures avaient été gelées après mobilisation, selon l’Assemblée nationale.

Pour le Val-de-Marne, ces chiffres ont un visage : celui d’une institutrice de Joinville-le-Pont gérant seule une classe doublée, ou d’un enfant autiste privé d’AESH pendant des semaines. Les enjeux du département ne se limitent pas à cette crise scolaire, mais elle concentre aujourd’hui l’essentiel de la colère locale.

Prochaine étape

Le CSASD (Comité social d’administration spécial départemental) doit officialiser les mesures pour la rentrée 2026. Des pétitions sont en cours. Syndicats et élus réclament un moratoire sur les fermetures. La commune de Joinville-le-Pont, habituellement associée à ses événements sportifs et culturels, voit cette année son agenda dominé par la colère éducative. La décision finale du rectorat de Créteil est attendue avant la fin du printemps.

Sources

Alexandre Martin

Alexandre Martin

Correspondant à Créteil, suit les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris, l'université et les débats sur les transports. Diplômé du CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer dans le Val-de-Marne. Posture éditoriale : interroger les élus, les bailleurs, les étudiants, vérifier les budgets du département avant de conclure.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie