Judo : Chatti et Tixier bouclent la sélection masculine pour les Championnats d’Europe juniors
La France dévoile ses huit hommes pour Podgorica, avec un combat de départage à Houlgate
La Fédération Française de Judo a dévoilé les deux derniers noms de sa sélection masculine pour les Championnats d'Europe juniors 2026 à Podgorica.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Absence stratégique en -66 kg
La France se présente sans représentant dans une catégorie clé, révélant un possible déficit de profondeur dans le vivier junior
Combat de départage sous pression
Le duel Kais-Iurcovschi en -90 kg illustre la méthode française : valider la forme et la capacité à performer sous tension
Préparation face à l'Europe
Le stage de Houlgate avec délégations étrangères sert de test grandeur nature avant le rendez-vous de Podgorica
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Amza Chatti et Lucien Tixier complètent la sélection masculine en -60 kg
- Aucun Français retenu dans la catégorie des -66 kg pour ce championnat continental
- Combat de départage entre Rayan Kais et David Iurcovschi pour la place en -90 kg
- Titouan Lucas désigné réserve en -60 kg après le stage de Houlgate
La Fédération Française de Judo a dévoilé les deux derniers noms de sa sélection masculine pour les Championnats d’Europe juniors - qui se dérouleront du 3 au 6 septembre 2026 à Podgorica - au Monténégro. Amza Chatti - de l’Olympic Judo Nice, et Lucien Tixier - de l’AS Montferrand Judo, ont décroché leur billet dans la catégorie des -60 kg.
Six noms étaient déjà connus avant cette annonce. La Direction Technique Nationale a finalisé son effectif après la Coupe européenne de Hongrie - disputée les 11 et 12 juillet.
Chatti et Tixier: les dernières pièces du puzzle
L’annonce des deux judokas en -60 kg finalise un processus de sélection long et méticuleux. Amza Chatti et Lucien Tixier ont validé leur place lors de la Coupe européenne de Hongrie - où ils ont démontré leur capacité à rivaliser avec le niveau continental. Ces deux athlètes étaient les derniers candidats attendus par le staff technique pour boucler l’effectif. Leur performance respective en Hongrie a convaincu les sélectionneurs de la nécessité de composer un duo offensif dans cette catégorie légère, souvent décisive dans le décompte final des médailles par équipes.
Titouan Lucas - du Bayeux Bessin Judo, a été désigné réserve en -60 kg, preuve de la concurrence féroce dans cette catégorie. Le choix de retenir deux titulaires plutôt qu’un seul traduit une volonté stratégique: multiplier les chances de podium dans une catégorie où la France possède un vivier solide.
Un trou béant en -66 kg: calcul tactique ou déficit de profondeur?
La liste révèle une absence notable: aucun junior n’a été retenu dans la catégorie des -66 kg. La sélection française se présentera donc sans représentant dans cette catégorie de poids intermédiaire, un choix qui interroge sur la profondeur du vivier tricolore.
Cette absence soulève plusieurs hypothèses. Soit le staff technique a jugé qu’aucun candidat français ne présentait un niveau suffisant pour rivaliser avec les meilleures nations européennes dans cette catégorie, préférant concentrer les ressources sur les autres poids. Soit il s’agit d’un calcul tactique visant à maximiser les chances de médailles en renforçant les catégories où la France dispose d’atouts solides. Ce choix, rare mais pas inédit, pourrait coûter des points au classement par équipes si les adversaires alignent des médaillés potentiels en -66 kg.
En -73 kg, Désir Zoba Casi et Kassim Brosseau porteront les espoirs français. Noah Boué défendra seul les couleurs bleu-blanc-rouge en -81 kg. Gayya Sonntag occupera la catégorie des -100 kg. Chez les lourds (+100 kg), Mathéo Akiana-Mongo et Kevin Nzuzi Diasivi formeront le duo tricolore.
Combat de départage à Houlgate: pression et incertitude
La catégorie des -90 kg a nécessité un arbitrage particulier. Rayan Kais - du JC Chilly-Mazarin Morangis, et David Iurcovschi - de Sainte-Geneviève Sports Judo, se sont affrontés lors d’un combat de sélection organisé pendant le stage national au Centre Sportif de Normandie à Houlgate, qui s’est tenu jusqu’au 28 juillet 2026.
Ce duel en conditions réelles constitue une épreuve redoutable sur le plan psychologique. Les deux judokas savaient qu’un seul d’entre eux représenterait la France à Podgorica. Le combat de départage impose une gestion du stress différente d’une compétition classique: il n’y a pas de repêchage, pas de seconde chance. Chaque prise de risque peut coûter une sélection, chaque hésitation peut trahir un manque de caractère. « L’objectif était de valider les dernières places en fonction de la forme actuelle et de la capacité de nos athlètes à répondre présent sous pression » - souligne l’encadrement fédéral.
Le stage de Houlgate a également permis aux judokas français de se mesurer à plusieurs délégations étrangères avant le rendez-vous de septembre. Mais la catégorie des -90 kg reste marquée par une incertitude: bien que le combat de départage ait eu lieu, la fiche technique officielle mentionne encore « À confirmer (Kais ou Iurcovschi) ». Cette indécision pourrait s’expliquer par des critères complémentaires examinés par le staff après le combat lui-même, blessures, capacité de récupération, ou performance lors des randoris face aux délégations étrangères présentes à Houlgate. Le nom définitif pourrait n’être annoncé que quelques jours avant le départ pour le Monténégro.
Équilibre des catégories: une stratégie en six temps
La composition finale de la délégation masculine révèle une recherche d’équilibre entre catégories légères, intermédiaires et lourdes. En alignant deux judokas en -60 kg - deux en -73 kg - et deux en +100 kg - la France mise sur la profondeur dans les catégories où elle dispose d’un vivier solide. À l’inverse, les catégories intermédiaires (-81 kg - -90 kg - -100 kg ) ne comptent qu’un seul représentant chacune, traduisant une hiérarchisation des priorités.
Cet équilibre n’est pas le fruit du hasard. Il reflète les forces historiques du judo français junior, traditionnellement performant chez les légers et les super-lourds. L’absence en -66 kg libère une place de quota qui aurait pu être attribuée ailleurs, mais la France a préféré renforcer ses bastions plutôt que de présenter un candidat jugé trop faible pour peser dans le classement général. Cette stratégie vise à maximiser le nombre de médailles potentielles dans un championnat où chaque podium compte double: pour le palmarès individuel et pour le classement par nations.
Ambitions européennes face à un plateau relevé
Christian Chaumont - Responsable du haut niveau junior, dirigera la délégation française, assisté de l’équipe des entraîneurs nationaux. Les attentes sont mesurées mais réelles. « Cette sélection reflète la richesse de notre judo français » - a déclaré un responsable fédéral.
« Nous avons composé une équipe équilibrée, capable de rivaliser avec les meilleures nations européennes. Ces jeunes athlètes ont prouvé qu’ils avaient le caractère et la technique nécessaires pour porter haut les couleurs de la France » - poursuit la source officielle.
La Coupe européenne de Hongrie - qui avait réuni 385 judokas de 35 nations les 11 et 12 juillet, a permis au staff français d’identifier les forces en présence. Le stage de Houlgate - en accueillant plusieurs nations européennes, a offert une répétition générale dans des conditions proches de celles de Podgorica. Les entraîneurs français ont pu observer les schémas tactiques adverses et ajuster les préparations individuelles en fonction des adversaires potentiels que chaque judoka pourrait croiser dès les premiers tours.
Un entraîneur national a souligné l’état d’esprit du groupe: « L’objectif n’est pas seulement la médaille, c’est de valider le travail accompli au quotidien. La concurrence a été rude pour obtenir ces dernières places, ce qui prouve le niveau de motivation de l’ensemble du collectif ».
Les Championnats d’Europe juniors rassembleront 161 judokas. Aucune source consultée ne mentionne la sélection féminine pour ces Championnats d’Europe juniors 2026.
Podgorica. Début septembre.