KNDS dans le Cher : un statut national pour accélérer la production d’obus

Le ministre Lefèvre a visité le site de La Chapelle-Saint-Ursin vendredi pour présenter les outils de simplification administrative du projet d'extension.

KNDS dans le Cher : un statut national pour accélérer la production d'obus
Illustration Emma Girard / info.fr

Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, s'est rendu le 24 avril 2026 à l'usine KNDS Ammo France à La Chapelle-Saint-Ursin, dans le Cher. Objectif illustrer comment le statut de Projet d'intérêt national majeur (PINM) peut accélérer l'extension du site. Le projet devrait gagner au moins six mois sur les délais administratifs habituels.

L’usine KNDS Ammo France de La Chapelle-Saint-Ursin fabrique des obus de 155 mm. Elle fait partie des 150 grands projets industriels retenus au niveau national, selon le ministère de la Transition écologique. Vendredi 24 avril, Mathieu Lefèvre s’y est déplacé pour présenter les effets concrets du statut de Projet d’intérêt national majeur (PINM), issu de la loi Industrie Verte.

Ce statut permet de regrouper et d’accélérer les procédures d’urbanisme et environnementales. Selon Ici Centre-Val de Loire, l’extension du site devrait ainsi gagner au moins six mois par rapport au calendrier initial. Le ministre a parlé de « méthode Notre-Dame » - la même logique de dérogations ciblées utilisée pour reconstruire la cathédrale parisienne en temps record.

Un site au cœur de l’économie de guerre

KNDS Ammo France, anciennement Nexter Munitions, est héritière du site de Luchaire SA. Depuis 2022, le groupe KNDS a adopté une posture d’économie de guerre : la capacité de production de munitions de gros calibre a été triplée, selon les données officielles du groupe. En décembre 2025, KNDS France a signé un accord pluriannuel pour la fourniture de 60 000 à 150 000 corps creux d’obus de 155 mm par an de 2026 à 2028, d’après le defence-blog.com.

Le site a connu une période difficile : un incendie en juin 2021 a ravagé un bâtiment entier. La nouvelle douillerie a été inaugurée en novembre 2023, après deux ans de reconstruction, selon Le Berry Républicain. Ce contexte de montée en puissance rapide explique l’urgence du projet d’extension.

Simplifier sans renoncer

Publicité

Lors de la visite, le ministre Lefèvre a déclaré : « On peut simplifier des procédures, sans renier de nos ambitions environnementales », selon Le Berry Républicain. La journée a impliqué des échanges avec la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) et la Direction départementale des territoires, chargées de valider les procédures accélérées.

Le Préfet du Cher a confirmé la visite sur X, photos à l’appui.

Le sujet s’inscrit dans un débat plus large sur l’équilibre entre réindustrialisation et normes environnementales. À l’opposé du spectre, à Lorient, 200 manifestants ont récemment dit non à des projets miniers invoquant des enjeux similaires de simplification contre protection des milieux. Pour l’heure, le projet de La Chapelle-Saint-Ursin bénéficie d’un soutien politique clair au niveau national, porté par l’argument de la souveraineté de défense.

Sources

Emma Girard

Emma Girard

Correspondante à Bourges, elle traite l'industrie militaire, la céramique, l'agriculture céréalière et les coupes budgétaires dans les services publics ruraux. Issue du CFJ, elle a travaillé en agence avant de rejoindre la rédaction locale. Méthode : croiser les bilans d'entreprises, interroger les syndicats, vérifier les annonces de subventions, ne rien publier sans avoir confronté les versions.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie