Kourou : un faux pharmacien condamné à 30 mois avec sursis pour trafic de médicaments

Le tribunal de Cayenne a prononcé une peine de 30 mois avec sursis et une interdiction d'exercer toute activité médicale pendant 30 mois.

Kourou : un faux pharmacien condamné à 30 mois avec sursis pour trafic de médicaments
Illustration Sylvie Tchangou / info.fr

Le 19 juin 2026, un homme a été condamné par le tribunal de Cayenne pour exercice illégal de la profession de pharmacien et vente illicite de médicaments à Kourou. L'enquête, déclenchée par un renseignement brésilien, a permis la saisie de 53 scellés de produits pharmaceutiques. Le prévenu a reconnu les faits.

L’essentiel

  • Condamnation : 30 mois d’emprisonnement avec sursis.
  • Saisie : 53 scellés de médicaments (antibiotiques, anti-inflammatoires, anesthésiants, traitements antihypertenseurs).
  • Procédure : Le prévenu a reconnu les faits lors d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC).
  • Interdictions : 30 mois d’interdiction d’exercer toute activité médicale ou paramédicale, et interdiction du territoire français.
  • Origine : L’enquête a été déclenchée par un renseignement des autorités brésiliennes.

Ce qui s’est passé

Le vendredi 19 juin 2026, le tribunal de Cayenne a condamné un homme pour exercice illégal de la profession de pharmacien et vente illégale de médicaments à Kourou. La peine prononcée est de 30 mois d’emprisonnement avec sursis, assortie d’une interdiction d’exercer toute activité médicale ou paramédicale pendant 30 mois et d’une interdiction du territoire français pour une durée de deux ans. Selon le journal France-Guyane, qui a rapporté l’affaire le 20 juin, le prévenu a reconnu les faits dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC).

L’enquête et le mode opératoire

L’affaire a débuté grâce à un renseignement communiqué par les autorités brésiliennes. La brigade de recherches de Kourou, sous l’autorité du parquet de Cayenne, a alors ouvert une enquête menée sous pseudonyme. Les investigations ont permis de remonter jusqu’à un individu qui importait et revendait des médicaments hors de tout circuit légal. Au total, 53 scellés de produits pharmaceutiques ont été saisis, comprenant des antibiotiques, des anti-inflammatoires, des anesthésiants et des traitements contre l’hypertension.

Le prévenu stockait ces médicaments dans des conditions non contrôlées et les vendait à des particuliers à Kourou. Les autorités n’ont pas précisé la durée exacte de ce trafic ni le nombre de clients touchés.

Les risques sanitaires

Le parquet de Cayenne a souligné lors de l’audience les dangers sanitaires liés à la vente de médicaments hors des circuits officiels. Ces produits, dont la provenance et les conditions de conservation sont inconnues, peuvent être périmés, falsifiés ou mal dosés. Leur utilisation expose les consommateurs à des risques graves : inefficacité thérapeutique, effets secondaires imprévisibles, accoutumance ou interactions dangereuses. Dans un territoire où l’accès aux soins est déjà limité, ce type de trafic aggrave la vulnérabilité des populations.

Contexte dans la Guyane

La Guyane, département français d’outre-mer situé en Amazonie, partage une frontière longue et poreuse avec le Brésil et le Suriname. Cette position géographique en fait une zone de transit privilégiée pour les marchandises illicites, y compris les médicaments. Selon l’Agence régionale de santé (ARS) de Guyane, la fraude pharmaceutique est un phénomène récurrent, alimenté par des prix plus bas au Brésil et une demande locale forte. L’affaire de Kourou illustre les difficultés de contrôle sanitaire dans ce contexte. La ville de Kourou, connue pour abriter le Centre spatial guyanais, compte environ 25 000 habitants et concentre des infrastructures de santé limitées.

Le trafic de médicaments ne doit pas être confondu avec les tensions sociales récentes : fin mai, l’Union des travailleurs guyanais (UTG) avait levé une grève au CSG après des avancées salariales, comme relaté par Info.fr. Par ailleurs, une autre affaire judiciaire a secoué Kourou en juin : un corps découvert dans le Vieux Bourg a donné lieu à une enquête pour meurtre. Ces deux dossiers distincts montrent les défis sécuritaires et sanitaires du territoire.

Prochaine étape

La condamnation est définitive après la reconnaissance de culpabilité par CRPC. L’interdiction du territoire français, d’une durée de deux ans, prend effet immédiatement. Les autorités judiciaires n’ont pas communiqué sur d’éventuelles autres personnes impliquées dans ce réseau. L’ARS de Guyane pourrait renforcer ses actions de prévention et de contrôle pour limiter la vente illicite de médicaments à la frontière.

Sylvie
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Sources

Sylvie Tchangou

Sylvie Tchangou

Sylvie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guyane (973), avec Cayenne pour chef-lieu. Spécialité du département : Centre spatial Kourou et Amazonie française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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