La Baule déploie des rapaces contre les goélands voleurs de gaufres
Quatre buses de Harris patrouillent depuis fin avril sur l'avenue de Gaulle pour chasser les goélands qui pillent gaufres et frites des touristes.
Depuis le 26 avril 2026, la ville de La Baule a mandaté un fauconnier professionnel pour effaroucher les goélands argentés qui volent la nourriture des passants sur l'Avenue Charles de Gaulle. Résultat en quarante-huit heures de 250 oiseaux à une vingtaine. D'autres communes de Loire-Atlantique ont, elles aussi, eu recours à des mesures de régulation.
Depuis le 26 avril 2026, la ville de La Baule a mandaté un fauconnier professionnel pour effaroucher les goélands argentés qui volent la nourriture des passants sur l’Avenue Charles de Gaulle. Résultat en quarante-huit heures : de 250 oiseaux à une vingtaine. D’autres communes de Loire-Atlantique ont, elles aussi, eu recours à des mesures de régulation.
L’essentiel
- Campagne : La Baule a lancé le 26 avril 2026 une opération d’effarouchement par fauconnerie, jusqu’à fin juin 2026.
- Résultat rapide : Le nombre de goélands sur l’avenue du Général-de-Gaulle est passé de 250 à une vingtaine en quarante-huit heures, selon Ouest-France.
- Dispositif : Quatre buses de Harris équipées de cloches, lâchées de jour comme de nuit par le fauconnier Alexis Vignon (société GNA).
- Déclin national : La population de goélands argentés a chuté de plus de 30 % en trente ans, passant d’environ 60 000 couples en 1980 à 20 000 en 2022, selon Bretagne Vivante.
- Précédents locaux : Le Croisic (2023) et La Turballe (2021) ont obtenu des autorisations préfectorales de stérilisation d’œufs.
Des gaufres et des frites sous surveillance
Le scénario se répète chaque saison touristique sur l’Avenue Charles de Gaulle, artère commerçante de La Baule. Un passant sort une gaufre ou un cornet de frites d’un kiosque, et un goéland argenté fond dessus en quelques secondes. Les plaintes se sont accumulées, au point que Marc Bréhat, directeur de l’environnement de la ville, a reconnu que les incidents nuisaient à « l’image postale » de la station balnéaire, selon Ouest-France.
Les oiseaux ne se contentent pas des gaufres : beignets, sandwichs, chips - tout ce qui se mange à l’air libre est susceptible d’être emporté. La concentration est particulièrement forte à proximité d’un glacier de l’avenue, devenu un point de rassemblement pour les goélands.
Quatre rapaces en patrouille, de jour comme de nuit
La ville a fait appel à Alexis Vignon, gérant de la société GNA, pour conduire la campagne. Son arsenal : quatre buses de Harris équipées de cloches, lâchées de manière aléatoire sur le périmètre restreint de l’avenue, à toute heure. L’objectif est de créer un « climat anxiogène » pour les goélands, sans jamais les blesser.
L’espèce est en effet protégée. Tuer ou capturer un goéland argenté est interdit sans dérogation préfectorale. La fauconnerie contourne l’obstacle : les buses effarouchent sans attaquer. Les cloches signalent leur présence de loin, ce qui suffit à repousser les oiseaux.
Les premiers chiffres sont nets. Selon Ouest-France, quarante-huit heures après le début des lâchers, le comptage sur l’avenue est passé de 250 à une vingtaine d’individus. La campagne court jusqu’à fin juin 2026, couvrant ainsi le pic de fréquentation du début de saison estivale.
Pourquoi pas la stérilisation des œufs ?
En 2025, La Baule avait cartographié les nids de goélands par drone, envisageant une stérilisation des œufs pour 2026. Cette méthode, qui consiste à percer les œufs ou à les badigeonner d’huile pour empêcher l’éclosion, a déjà été autorisée dans le département. Mais la ville a finalement opté pour l’effarouchement.
La raison tient en partie au statut de l’espèce. Bretagne Vivante rappelle que la population de goélands argentés a reculé de plus de 30 % en trente ans : d’environ 60 000 couples reproducteurs en 1980, il n’en resterait plus que 20 000 en 2022. Dans ce contexte, toute action visant directement la reproduction doit faire l’objet d’une autorisation préfectorale motivée. L’effarouchement, lui, ne nécessite pas de dérogation pour l’usage de rapaces.
Contexte dans la Loire-Atlantique
Le littoral de Loire-Atlantique n’est pas le seul territoire concerné. La Bretagne héberge 77 % des effectifs nationaux de goélands argentés selon Bretagne Vivante, et les tensions entre oiseaux et usagers des espaces publics sont récurrentes sur toute la façade atlantique.
Dans le département, deux communes ont déjà eu recours à la stérilisation des œufs avec l’aval de la préfecture. Le Croisic a obtenu une autorisation en 2023, La Turballe en 2021, selon les documents publiés par la préfecture de Loire-Atlantique. Ces dérogations concernaient des nidifications jugées problématiques sur des bâtiments ou des espaces publics très fréquentés.
La situation à La Baule se distingue par son caractère touristique marqué. L’avenue du Général-de-Gaulle concentre commerces de bouche, glaciers et terrasses, ce qui attire mécaniquement les goélands. La commune de Sainte-Luce-sur-Loire, en périphérie de Nantes, fait face à d’autres problématiques de sécurité dans l’espace public, mais les nuisances liées à la faune sauvage y sont moins documentées.
Un équilibre difficile à trouver
La gestion des goélands urbains illustre une tension classique entre protection des espèces et nuisances quotidiennes. L’oiseau est protégé par la réglementation européenne, mais sa présence massive dans certains secteurs génère des plaintes de riverains, commerçants et touristes.
Bretagne Vivante, association naturaliste de référence sur la façade atlantique, rappelle que le déclin global de l’espèce plaide pour des solutions non létales et réversibles. L’effarouchement par fauconnerie répond à ce critère : les oiseaux sont déplacés, pas éliminés. La question reste de savoir où ils se déplacent - et si les communes voisines n’héritent pas du problème.
Le coût de la prestation de la société GNA n’a pas été communiqué par la mairie de La Baule à ce stade.
La campagne d’effarouchement se poursuit jusqu’à fin juin. La ville n’a pas indiqué si une reconduction était envisagée pour la haute saison de juillet-août.
Sources
- Ouest-France : Quand le goéland argenté vole gaufres, frites ou sandwichs : ces villes de Loire-Atlantique organisent la riposte
- Ville de La Baule : Préservation du cadre de vie : campagne d'effarouchement des goélands par fauconnerie
- Ouest-France : Des buses de Harris pour chasser les goélands de cette station balnéaire en Loire-Atlantique
- Actu.fr : La Baule : des « loups des airs » pour chasser les goélands de l'avenue de Gaulle