La Grève-sur-Mignon : Corine toujours en caravane trois ans après le séisme
Trois ans après le séisme de juin 2023, certains sinistrés attendent encore de réintégrer leur logement. Reportage auprès de Corine, installée dans une caravane depuis août 2023.
Le 16 juin 2023, un séisme de magnitude 5,3 frappait La Laigne et ses communes voisines en Charente-Maritime. Trois ans plus tard, Corine et son mari habitent toujours dans une caravane plantée à côté de leur maison sinistrée à La Grève-sur-Mignon. Les travaux devraient débuter en septembre.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Séisme de magnitude 5,3 le 16 juin 2023 près de La Laigne et La Grève-sur-Mignon, intensité VII, 290 millions d'euros de dégâts
- Corine et son mari vivent dans une caravane depuis août 2023 à côté de leur maison sinistrée
- Dossier d'assurance en voie de validation après changement d'expert, travaux prévus début septembre 2026 pour cinq mois
- Certains sinistrés de La Grève-sur-Mignon, La Laigne et Cram-Chaban n'ont pas encore réintégré leur logement trois ans après
À La Grève-sur-Mignon, la caravane de Corine est garée à quelques mètres de sa maison. Depuis août 2023, ce camping-car fait office de logement pour elle et son mari. Leur habitation, endommagée lors du séisme du 16 juin 2023, présente des affaissements, des fissures sur les murs, du carrelage craquelé et du placo tombé. Trois ans après la secousse, le couple attend toujours le début des travaux.
Un dossier d’assurance long de trois ans
Le dossier d’assurance est en passe d’être validé après un changement d’expert, selon le témoignage recueilli par France Bleu La Rochelle. Les travaux ne sont pas prévus pour début septembre 2026. Une perspective qui soulage le couple, mais la précarité du logement temporaire pèse lourd après trois années d’attente.
Corine et son mari ne sont pas un cas isolé. D’autres habitants de La Grève-sur-Mignon, La Laigne et Cram-Chaban n’ont pas encore réintégré leur logement. Certains dossiers restent bloqués par des conflits avec les assureurs, comme un couple local en litige avec la MAAF, rapporte Sud Ouest.
Le séisme du 16 juin 2023 : magnitude 5,3 et 290 millions d’euros de dégâts
Le séisme s’est produit le 16 juin 2023 à 18h38, avec un épicentre situé près de La Laigne et La Grève-sur-Mignon. Selon le BCSF-Rénass, la magnitude a été mesurée à 5,3. L’intensité maximale a atteint le niveau VII dans la zone épicentrale, causant des dégâts structurels sur de nombreux bâtiments anciens et habitations.
La Fédération française de l’assurance a évalué le coût total des dégâts matériels à environ 290 millions d’euros. Des centaines de maisons ont été endommagées, certaines déclarées inhabitables. La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle a été accordée par arrêtés, mais le processus de recours a été long pour les communes initialement exclues.
Des reconstructions au compte-gouttes
Si certains sinistrés ont pu regagner leur logement, le rythme de reconstruction reste inégal. Un habitant de La Grève-sur-Mignon a réintégré sa maison mi-décembre 2025, selon Sud Ouest. La briqueterie communale a également rouvert après travaux en 2026.
Mais pour d’autres, la situation traîne. Les procédures d’indemnisation et de reconstruction ont été jugées complexes. Le Collectif des sinistrés dénonce des lenteurs administratives, rapporte France 3 Nouvelle-Aquitaine. Entre expertises contradictoires, changements d’experts et négociations avec les assureurs, les dossiers s’enlisent.
Contexte en Charente-Maritime
La Grève-sur-Mignon, commune de moins de 500 habitants située dans l’arrondissement de Rochefort, a été l’une des plus touchées par le séisme. Le bâti ancien, caractéristique de ce secteur rural, a particulièrement souffert. La Charente-Maritime, département peu habitué aux secousses de cette ampleur, a dû mobiliser des moyens exceptionnels pour accompagner les sinistrés.
Le séisme a marqué durablement le territoire. Trois ans plus tard, les cicatrices restent visibles sur certaines façades. Les retours d’expérience soulignent la nécessité d’améliorer les dispositifs d’indemnisation et de reconstruction en cas de catastrophe naturelle. D’autres régions françaises, confrontées à des phénomènes similaires comme les incendies en Gironde, ont également connu des difficultés dans la gestion post-crise.
Prochaine étape : début des travaux en septembre
Pour Corine et son mari, le chantier devrait s’ouvrir début septembre. Cinq mois de travaux séparent encore le couple de son retour à domicile. Un soulagement, mais aussi une épreuve supplémentaire après trois années de vie en caravane.
D’autres sinistrés attendent encore une issue favorable. Le sentiment d’abandon persiste chez ceux qui restent privés de leur foyer, trois ans après le choc.
Sources
- France Bleu La Rochelle : À la Grève-sur-Mignon, Corine et son mari sont toujours en caravane près de leur maison sinistrée par le séisme de 2023
- Sud Ouest : Charente-Maritime : après le séisme de 2023, un couple sinistré de La Grève-sur-Mignon se bat contre son assureur
- Observaterre : La Laigne 16 juin 2023 : 54 départements touchés
- France Bleu La Rochelle : Tweet de France Bleu La Rochelle sur la situation de Corine