La Réunion : le Préfet lance StopErrance.re pour signaler les animaux errants
Lancé le 9 juin 2026, le site officiel rappelle les obligations des propriétaires et invite le public à signaler les animaux divagants.
L'État a mis en ligne le 9 juin 2026 le site StopErrance.re, plateforme d'information et de signalement dédiée à la lutte contre l'errance animale à La Réunion. La Préfecture rappelle les obligations légales des propriétaires et ouvre un outil collaboratif au grand public.
L’essentiel
- Lancement : le site officiel StopErrance.re a été mis en ligne le 9 juin 2026 par la Préfecture de La Réunion.
- Chiffres : plus de 73 000 chiens errants ou divagants estimés sur l’île (étude EPLEFPA Saint-Paul, 2017-2018), dont 42 000 sans propriétaire et 31 000 divagants.
- Bilan annuel : environ 9 000 captures en fourrière et 12 000 animaux tués sur les routes ou euthanasiés chaque année à La Réunion.
- Investissement public : 4 millions d’euros engagés par l’État depuis 2017 dans deux plans de lutte successifs.
- Obligations : identification par puce électronique, stérilisation et interdiction de laisser divaguer son animal sur la voie publique.
Un site d’État pour centraliser information et signalement
La Préfecture de La Réunion a officialisé le lancement de StopErrance.re le 9 juin 2026. La plateforme est accessible à tous : propriétaires d’animaux, associations, vétérinaires et collectivités territoriales. Elle propose des informations réglementaires, un rappel des obligations légales et un outil de signalement collaboratif pour les animaux errants ou divagants repérés sur la voie publique.
Le Préfet a présenté le site comme un outil de « renforcement de l’information et de la sensibilisation des Réunionnais », selon son compte X officiel (@Prefet974). La base de données de signalement a vocation à alimenter les interventions des services communaux et intercommunaux compétents.
Ce que la loi impose aux propriétaires
Le site insiste sur trois obligations issues du Code rural, rappelées par la Préfecture :
Identification : tout chien ou chat doit être identifié par tatouage ou puce électronique avant cession ou à l’âge de quatre mois. Stérilisation : elle est présentée comme levier central de réduction du nombre d’animaux abandonnés. Non-divagation : un animal ne doit pas être laissé sans surveillance sur la voie publique.
Les maires sont également concernés. Le Code rural leur impose de prendre des dispositions pour lutter contre la divagation sur leur territoire. À Saint-Denis comme dans les autres communes, les fourrières municipales assurent la capture et la garde des animaux. Les maires peuvent déléguer cette compétence à leur EPCI.
Un fléau persistant chiffré depuis 2018
Le chiffre de 73 000 chiens dans l’espace public réunionnais - 42 000 errants sans maître, 31 000 divagants appartenant à des propriétaires - est issu d’une étude menée par l’EPLEFPA de Saint-Paul entre 2017 et 2018. Ce chiffre est repris par la Préfecture et le site officiel comme référence de cadrage.
Chaque année, selon les données publiées sur StopErrance.re, environ 9 000 chiens et chats sont capturés et placés en fourrière. Environ 12 000 animaux meurent sur les routes ou sont euthanasiés faute de place ou de solution de placement. Ces chiffres témoignent d’une pression constante sur les infrastructures existantes.
Les cinq fourrières de l’île disposent actuellement de 296 places pour chiens et 99 pour chats. Une extension est prévue, portant les capacités à 349 et 139 places respectivement, selon le site officiel.
Contexte dans la Réunion (974)
L’État a engagé 4 millions d’euros depuis 2017 à travers deux plans successifs de lutte contre l’errance animale, selon les données de la Préfecture. Ces plans ont financé des équipements de fourrières, des campagnes de stérilisation et des actions de sensibilisation dans les communes.
Un projet structurant est en cours dans l’Ouest de l’île : un centre animalier intercommunal porté par le Territoire de la Côte Ouest (TCO), implanté à L’Éperon, avec une livraison prévue en 2027. Selon La 1ère Réunion, ce centre doit doubler les capacités d’accueil actuelles dans ce secteur. Le TCO présente ce projet comme « une nouvelle étape contre l’errance animale ».
Le département de La Réunion cumule des facteurs aggravants reconnus par les autorités : densité de population élevée, fort taux de natalité animale dans des conditions climatiques favorables, abandon fréquent, et capacités d’accueil institutionnelles insuffisantes face au volume. La dimension intercommunale et préfectorale du dossier reflète l’impossibilité pour une seule commune - y compris Saint-Denis - de traiter le problème à son échelle.
À ce stade, la Préfecture n’a pas communiqué de calendrier d’évaluation pour StopErrance.re, ni d’objectifs chiffrés en matière de signalements attendus.
Comment signaler un animal divagant
Le public peut accéder à la plateforme de signalement directement via stoperrance.re. Le site redirige également vers les services communaux compétents selon la localisation. Aucun numéro d’urgence spécifique n’a été communiqué lors du lancement.
Le lancement de StopErrance.re intervient quelques semaines après que plusieurs préfectures métropolitaines ont renforcé la formation des élus locaux sur leurs obligations réglementaires, dans des registres différents mais avec la même logique d’outillage des acteurs de terrain.
La mise en service du centre animalier du TCO à L’Éperon, attendue en 2027, constituera le prochain jalon concret dans la structuration du dispositif réunionnais.