À La Réunion, téléphone au volant : suspension du permis dès juin

Le préfet Patrice Latron impose des suspensions administratives jusqu'à six mois dès le 1er juin 2026, saluées par la Ligue contre les violences routières.

À La Réunion, téléphone au volant : suspension du permis dès juin
Illustration Viviane Payet / info.fr

Le préfet de La Réunion a annoncé le 28 avril 2026 la suspension administrative immédiate du permis de conduire pour tout conducteur surpris à utiliser son téléphone au volant. La mesure entre en vigueur le 1er juin. Elle intervient après 42 morts sur les routes de l'île en 2025.

Le préfet de La Réunion, Patrice Latron, a annoncé le 28 avril 2026 la mise en application, à compter du 1er juin, de la suspension administrative du permis de conduire pour les conducteurs pris à téléphoner au volant. L’annonce a été faite lors d’un contrôle routier au rond-point de Gillot, selon Zinfos974 et Le Quotidien.

L’essentiel

  • Date d’entrée en vigueur : 1er juin 2026, annoncée par le préfet Patrice Latron le 28 avril.
  • Durée de suspension : jusqu’à 6 mois, décidée par le préfet sur la base du procès-verbal des forces de l’ordre.
  • Sanction actuelle : 135 € d’amende et retrait de 3 points - sans suspension systématique du permis.
  • Bilan routier 2025 : 42 morts sur les routes réunionnaises, contre 40 en 2024 (source : Imaz Press).
  • Réaction associative : la Ligue départementale contre les violences routières déclare « Oui il faut taper plus fort ».

Une amende jugée insuffisante

Jusqu’ici, utiliser son téléphone au volant à La Réunion - comme partout en France - exposait à une amende forfaitaire de 135 euros et à un retrait de 3 points sur le permis. Aucune suspension automatique n’était prévue. Dès le 1er juin, le préfet pourra décider, sur la base du procès-verbal dressé par les forces de l’ordre, d’une suspension pouvant aller jusqu’à 6 mois, selon Linfo.re et Le Quotidien.

C’est une suspension administrative : elle n’attend pas une condamnation pénale. Elle est immédiate et relève du seul pouvoir préfectoral.

42 morts en 2025 : le contexte qui a pesé

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L’île a enregistré 42 décès sur ses routes en 2025, en hausse par rapport aux 40 de l’année précédente, selon Imaz Press. Ce chiffre a pesé dans la décision préfectorale. La Réunion reste l’un des territoires français où la mortalité routière rapportée à la population demeure préoccupante.

À l’échelle nationale, l’inattention - téléphone ou autre distracteur - était impliquée dans 24 % des accidents corporels en France en 2023, causant 390 décès cette année-là, selon le ministère de l’Intérieur et l’ONISR. L’OMS estime que le risque d’accident est multiplié par quatre lors d’un usage du téléphone au volant.

La Ligue contre les violences routières approuve

La Ligue départementale contre les violences routières n’a pas tardé à réagir. Elle a salué l’annonce du préfet, déclarant sans détour : « Oui il faut taper plus fort », selon La1ère.

L’association milite depuis plusieurs années pour que les sanctions contre les comportements dangereux au volant soient renforcées à La Réunion. Pour elle, l’amende seule n’avait pas d’effet dissuasif suffisant.

Contexte dans La Réunion (974)

Cette mesure n’est pas isolée dans l’histoire récente de la sécurité routière réunionnaise. En février 2024, le préfet précédent, Jérôme Filippini, avait déjà durci le barème des suspensions administratives pour d’autres infractions graves : conduite sous stupéfiants (6 mois) et excès de vitesse de plus de 40 km/h au-dessus de la limite (6 mois), selon La1ère et la préfecture de La Réunion. La mesure de juin s’inscrit dans cette même logique de durcissement progressif.

La Réunion n’est pas non plus pionnière à l’échelle nationale. Quatre départements métropolitains - Pas-de-Calais, Lot-et-Garonne, Landes et Charente-Maritime - appliquent une mesure similaire depuis le 1er mai 2026, selon Ouest-France. Le Lot-et-Garonne figure parmi les premiers territoires à avoir expérimenté ce type de suspension renforcée.

Le préfet Latron a présenté cette suspension comme une composante d’un plan d’action plus large, ciblant notamment les usagers vulnérables. Une évaluation de la mesure est attendue fin 2026, selon Imaz Press.

Comment la suspension sera prononcée

Concrètement, dès qu’un agent dresse un procès-verbal pour usage du téléphone au volant, il le transmet à la préfecture. Le préfet dispose alors du pouvoir de prononcer la suspension, sans attendre l’issue d’une procédure judiciaire. La durée - jusqu’à 6 mois - est modulable selon les circonstances, précise Linfo.re. Le conducteur concerné perd son permis immédiatement, à la notification de l’arrêté préfectoral.

Les forces de l’ordre - gendarmerie et police nationale - restent les acteurs de terrain. Leur rôle de constatation de l’infraction devient ainsi directement déclencheur d’une sanction administrative lourde.

La mesure entre en application dans cinq semaines. Les premiers bilans, notamment sur le nombre de suspensions prononcées, ne seront pas disponibles avant la fin de l’été 2026 au plus tôt.

Sources

Viviane Payet

Viviane Payet

Viviane est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de La Réunion (974), avec Saint-Denis pour chef-lieu. Spécialité du département : cirques UNESCO et volcan actif. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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