Lacapelle-Livron : le véhicule d’un élu opposé au méthaniseur saboté
Roues desserrées et boulons retirés Fabien Gourrat a déposé plainte le 3 mai, suspectant un lien avec son opposition au projet de Saint-Peyronis.
À Lacapelle-Livron (Aveyron), le véhicule de Fabien Gourrat, élu municipal et syndicaliste à la Confédération paysanne, a été saboté le dimanche 3 mai 2026. Une roue crevée, plusieurs boulons retirés, toutes les roues desserrées l'élu a déposé plainte le jour même, suspectant un lien avec son opposition au projet de méthaniseur agricole de Saint-Peyronis.
À Lacapelle-Livron (Aveyron), le véhicule de Fabien Gourrat, élu municipal et syndicaliste à la Confédération paysanne, a été saboté le dimanche 3 mai 2026. Une roue crevée, plusieurs boulons retirés, toutes les roues desserrées : l’élu a déposé plainte le jour même, suspectant un lien avec son opposition au projet de méthaniseur agricole de Saint-Peyronis.
L’essentiel
- 3 mai 2026 : véhicule de Fabien Gourrat saboté - roue crevée, boulons retirés, roues desserrées ; plainte déposée le même jour à la gendarmerie de Saint-Antonin-Noble-Val.
- Qualification retenue : « vol simple d’accessoires sur véhicule immatriculé », selon La Dépêche du Midi.
- Projet contesté : unité de méthanisation de 53 tonnes par jour à Saint-Peyronis, permis déposé fin février 2026, investissement de 9 millions d’euros.
- Tension électorale : la liste d’opposition menée par Évelyne Solanilla - dont Gourrat était second - battue de trois voix lors des municipales de mars 2026.
- Décision préfectorale attendue : avis du conseil municipal puis décision ICPE d’ici juillet 2026.
Ce qui s’est passé le 3 mai
Le sabotage a eu lieu à Saint-Antonin-Noble-Val, où Fabien Gourrat avait garé son véhicule. Selon La Dépêche du Midi, plusieurs boulons de roues avaient été retirés et toutes les roues desserrées délibérément, en plus d’un pneu crevé. L’élu a constaté les dégâts avant de prendre la route - ce qui, selon lui, aurait pu provoquer un accident grave.
Gourrat a déposé plainte le jour même auprès de la gendarmerie de Saint-Antonin-Noble-Val. La qualification retenue dans le dépôt de plainte est « vol simple d’accessoires sur véhicule immatriculé ». Il suspecte un lien direct avec son engagement contre le projet de méthaniseur, sans désigner nommément un responsable.
Un projet à 9 millions d’euros qui fracture la commune
Le projet de méthanisation agricole de Saint-Peyronis a été annoncé en octobre 2025. Il est porté par des agriculteurs locaux, dont Jean-Philippe Viguié, président de la Chambre d’Agriculture du Tarn-et-Garonne. Le permis de construire a été officiellement déposé fin février 2026 à la mairie de Lacapelle-Livron.
L’unité est dimensionnée pour traiter 53 tonnes de matière organique par jour. L’investissement est évalué à 9 millions d’euros. Le digestat produit serait épandu sur environ 850 hectares dans plusieurs communes voisines. Le site se situe à 200 mètres d’habitations, selon les données publiées par Demain le Vexin.
Le dossier est instruit comme installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) à la préfecture du Tarn-et-Garonne. Une décision est attendue d’ici juillet 2026, après avis du conseil municipal de Lacapelle-Livron.
Une étude d’impact qui a ravivé les tensions
Le 27 avril 2026, les opposants au projet ont présenté à Caylus une étude d’impact commandée par leurs soins. Elle met en avant des risques pour les ressources en eau et pour l’activité touristique dans les Gorges de l’Aveyron, selon La Dépêche du Midi et Radio Totem. Cette présentation a précédé de quelques jours le sabotage du véhicule de Gourrat.
Les tensions ne datent pas de ce printemps. Dès janvier 2026, des invectives - dont l’expression « vous êtes des culs-terreux » - avaient été rapportées par La Dépêche. Une plainte pour intimidation a été déposée au tribunal administratif en lien avec l’opposition au projet. Des tags hostiles sont aussi apparus pendant la campagne municipale de mars 2026, selon le même quotidien régional.
Mars 2026 : trois voix d’écart aux municipales
Le scrutin municipal de mars 2026 a cristallisé le clivage local. Une liste conduite par Évelyne Solanilla, avec Fabien Gourrat en deuxième position, s’était constituée principalement autour de l’opposition au méthaniseur. Elle a été battue de trois voix, d’après Radio Totem et Demain le Vexin.
Ce résultat serré témoigne de la fracture au sein de cette commune d’environ 200 habitants. Gourrat est donc entré au conseil municipal dans la minorité. Son rôle de syndicaliste à la Confédération paysanne le place en première ligne du dossier, et il est, selon ses déclarations reprises par La Dépêche, convaincu que le sabotage de son véhicule vise à l’intimider.
À ce stade, aucun suspect n’a été mis en cause publiquement. L’enquête relève de la gendarmerie de Saint-Antonin-Noble-Val. Les raisons précises du choix de ce lieu et de cette date n’ont pas été communiquées. Les partisans du projet, dont Jean-Philippe Viguié, n’ont pas réagi publiquement à cet épisode au moment de la publication de cet article, selon les informations disponibles.
Contexte dans l’Aveyron
Lacapelle-Livron est une commune rurale d’environ 200 habitants, située dans les Gorges de l’Aveyron, à la limite avec le Tarn-et-Garonne. Son économie repose principalement sur l’agriculture et le tourisme rural. Le projet de Saint-Peyronis est emblématique des tensions que suscite la méthanisation agricole dans les territoires ruraux à faible densité : une unité industrielle de cette taille, dans une zone touristique, concentre les inquiétudes sur l’eau, les odeurs et le paysage.
Le fait que le dossier ICPE soit instruit à la préfecture du Tarn-et-Garonne - et non de l’Aveyron, bien que la commune soit aveyronnaise - illustre la géographie particulière du projet, à cheval sur plusieurs périmètres administratifs. Les actes d’intimidation ciblant des acteurs de conflits locaux restent rares mais ne sont pas inédits dans les dossiers d’aménagement rural sensibles. À Saverdun, un incendie criminel présumé dans une entreprise locale avait également conduit à des investigations pour acte malveillant en milieu rural ariégeois.
La pétition en ligne « Préservons la vallée de la Bonnette face au méthaniseur Quercy-Rouergue » témoigne d’une mobilisation qui dépasse les seuls habitants de Lacapelle-Livron.
Le conseil municipal doit rendre son avis sur le dossier ICPE avant que la préfecture du Tarn-et-Garonne ne statue, avec une décision attendue d’ici juillet 2026. La gendarmerie de Saint-Antonin-Noble-Val, saisie le 3 mai, poursuit l’enquête sur le sabotage.
Sources
- La Dépêche du Midi : À Lacapelle-Livron, sabotage du véhicule d'un élu opposé au méthaniseur
- Radio Totem : Lacapelle-Livron : le projet de méthaniseur toujours contesté
- La Dépêche du Midi : Méthaniseur de Saint-Peyronis : le permis de construire officiellement déposé
- Demain le Vexin : Un projet de méthaniseur à 9 millions d'euros fracture une commune de 200 habitants