Dans les Landes, le pétrole de Parentis alimente l’autonomie militaire française
Le plus grand champ pétrolier de France métropolitaine produit l'équivalent exact des besoins en carburant des armées françaises
Depuis 1954, le champ de Parentis-en-Born, dans les Landes, extrait chaque jour environ 1 500 barils de brut. Sa production s'inscrit dans un total national de 10 000 barils quotidiens - volume qui correspond, selon Paris Match, exactement aux besoins en carburant des armées françaises. Une équation qui relance le débat sur la prolongation de l'exploitation au-delà de 2040.
Depuis 1954, le champ de Parentis-en-Born, dans les Landes, extrait chaque jour environ 1 500 barils de brut. Sa production s’inscrit dans un total national de 10 000 barils quotidiens - volume qui correspond, selon Paris Match, exactement aux besoins en carburant des armées françaises. Une équation qui relance le débat sur la prolongation de l’exploitation au-delà de 2040.
L’essentiel
- Découverte en 1954 : le champ de Parentis-en-Born, détecté le 25 mars 1954 par Esso REP, est le plus grand gisement pétrolier de France métropolitaine.
- 1 500 barils par jour : production actuelle du site, exploité depuis 1997 par Vermilion Energy, contribuant aux 10 000 barils quotidiens produits en France.
- Autonomie militaire : la production nationale totale correspond aux besoins en carburant des armées françaises, selon Paris Match.
- Amendements déposés en avril 2026 : Geneviève Darrieussecq et Josy Poueyto ont proposé de prolonger l’exploitation au-delà de 2040, date d’arrêt prévue par la loi de 2017.
- 90 emplois directs, 240 000 € de redevances : retombées économiques annuelles pour la commune de Parentis-en-Born.
Soixante-douze ans d’exploitation continue
Le 25 mars 1954, les foreurs d’Esso REP touchent le gisement après trois ans d’exploration sous le lac de Parentis-en-Born. La découverte transforme rapidement la commune landaise : au pic de production, le champ couvre jusqu’à 15 % de la production pétrolière nationale, selon la mairie de Parentis-en-Born. L’expression « Texas français » s’impose alors dans la presse régionale.
En 1997, Vermilion Energy rachète les actifs d’Esso REP et reprend l’exploitation. La compagnie canadienne est aujourd’hui le premier producteur de pétrole en France, avec environ 70 % de la production nationale, dont la moitié en Nouvelle-Aquitaine, selon ses propres données et les informations de la mairie de Parentis.
Une production stable, alignée sur les besoins militaires
Le champ landais produit aujourd’hui environ 1 500 barils par jour sur une soixantaine à soixante-dix puits actifs. À l’échelle nationale, Vermilion exploite 450 puits pour un total d’environ 7 000 barils quotidiens, selon Paris Match. La production française globale atteint 10 000 barils par jour.
Ce chiffre n’est pas anodin. Selon Paris Match, il correspond exactement aux besoins en carburant des armées françaises. Une coïncidence arithmétique qui confère à cette production modeste - la France importe l’essentiel de sa consommation - une dimension stratégique concrète.
La production nationale a néanmoins reculé de 20 % entre 2019 et 2023, passant d’environ 12 000 à 10 000 barils par jour, selon les données du ministère de la Transition énergétique et de Connaissance des énergies. Ce tassement s’explique par l’épuisement progressif des gisements et l’absence de nouveaux permis d’exploration, bloqués depuis la loi de 2017.
La loi de 2017 et la question de la prolongation
La loi mettant fin à la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures en France prévoit l’arrêt de toute production au plus tard en 2040. Parentis-en-Born, comme les autres sites français, est donc concerné. Mais c’est précisément cette échéance que plusieurs élus veulent repousser.
Geneviève Darrieussecq, députée MoDem des Landes et ancienne ministre déléguée aux Armées, a déposé en avril 2026, avec sa collègue Josy Poueyto, des amendements à la loi de programmation militaire 2024-2030. L’objectif : autoriser de nouveaux permis d’exploration si les besoins de la défense nationale le justifient, et prolonger l’exploitation au-delà de 2040 pour préserver l’autonomie stratégique en cas de crise d’approvisionnement.
Selon Libération, ces amendements ont été retirés en commission mais pourraient être redéposés lors des débats en séance publique. Le dossier reste ouvert.
Contexte dans les Landes
Le département des Landes (40) compte environ 440 000 habitants. Son économie repose sur la sylviculture, le tourisme côtier et, dans une moindre mesure, l’exploitation pétrolière concentrée autour de Parentis-en-Born, commune d’un peu moins de 5 000 habitants au bord du lac éponyme.
L’activité de Vermilion Energy représente 90 emplois directs et 300 emplois indirects dans le secteur, selon Ouest-France et Paris Match. La commune perçoit une redevance minière annuelle de 240 000 euros. Des retombées mesurées mais stables depuis plusieurs décennies dans un territoire rural.
La Nouvelle-Aquitaine concentre à elle seule la moitié de la production pétrolière nationale, ce qui place les Landes au cœur du dispositif énergétique métropolitain - un fait souvent méconnu à l’échelle nationale. Ce contexte géopolitique local donne du poids aux initiatives parlementaires portées depuis Mont-de-Marsan.
Des serres chauffées à l’eau du sous-sol
Vermilion Energy met en avant sa politique de valorisation des ressources secondaires. À Parentis-en-Born, l’eau chaude remontée avec le pétrole - à environ 60 °C - est utilisée depuis 2008 pour chauffer 15 hectares de serres de tomates, selon les données de l’opérateur et la mairie. Une reconversion partielle des flux d’énergie qui s’inscrit dans la communication de l’entreprise sur la transition énergétique.
La compatibilité de ces engagements avec la prolongation de l’exploitation post-2040 reste une question ouverte dans le débat parlementaire en cours. Le secteur de l’énergie dans les Landes fait ainsi l’objet d’une attention croissante, à l’image d’autres enjeux environnementaux qui traversent le grand Sud-Ouest.
Un vote décisif attendu en séance publique
Les amendements portés par Darrieussecq et Poueyto n’ont pas disparu avec leur retrait en commission. Leur possible redépôt en séance publique déterminera si la France ouvre une exception à sa loi anti-hydrocarbures au nom de la souveraineté militaire. Le dossier de Parentis-en-Born sera alors au centre du débat, soixante-douze ans après le premier coup de foreuse sur les rives du lac landais.
Sources
- Paris Match : Notre petite production correspond exactement au besoin de nos armées
- Mairie de Parentis-en-Born : 70 ans de la découverte du pétrole à Parentis-en-Born
- Libération : Geneviève Darrieussecq veut réautoriser l'exploitation des hydrocarbures en France au-delà de 2040
- Ouest-France : Du pétrole à Parentis-en-Born : le plus grand gisement de France