Langoustine : les pêcheurs de Concarneau soufflent après une hausse de 54 % des quotas
L'accord européen du 13 décembre 2025 relève les TAC dans le golfe de Gascogne, mais des inquiétudes persistent sur d'autres espèces.
Les pêcheurs de Concarneau bénéficient d'un rebond notable sur la langoustine. Les quotas 2026 dans le golfe de Gascogne progressent de 54 % après une coupe sévère l'an dernier. Un soulagement partiel, nuancé par des tensions sur la méthode de fixation et d'autres stocks.
Le 13 décembre 2025, les ministres européens de la Pêche ont adopté les Totaux Admissibles de Captures (TAC) et quotas pour 2026 lors du Conseil Agripêche à Bruxelles. Pour la langoustine dans le golfe de Gascogne - hors zone sud - , la hausse atteint 54 %, selon le Conseil de l’UE. Un chiffre qui tranche avec la baisse de 39 % enregistrée en 2025, imposée à la demande du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) pour enrayer la surpêche.
À Concarneau, première place de la pêche fraîche en France, la langoustine pèse lourd dans l’activité des chalutiers de Cornouaille. Cette embellie est donc attendue sur les quais. Mais le mot « soulagement » reste tempéré côté profession.
Un bilan mitigé pour les professionnels
Sébastien Le Prince, patron du chalutier Magellan II et représentant des Comités des pêches bretons, ne cache pas son insatisfaction sur le fond. Sur le site Bretagne Pêches, il déclare : « Si les arguments de la profession ont été partiellement entendus, il reste assurément à réformer une méthode de fixation des possibilités de pêche qui est aujourd’hui insoutenable pour la visibilité et la viabilité de nos entreprises. »
Le Département du Finistère partage cette lecture. Il salue les avancées sur la langoustine mais réclame une répartition plus juste pour les pêcheurs finistériens, pointant des inquiétudes sur d’autres stocks, notamment le maquereau, dont les quotas ont été revus à la baisse de façon significative. En Bretagne Sud, la dépendance aux espèces sous quotas représente 78 % de la valeur des captures, selon les données du Parlement européen.
Un précédent dans un cadre réglementaire rigide
La Politique Commune de la Pêche, en place depuis 1983, encadre ces négociations annuelles. Les TAC sont répartis entre États membres pour limiter la pression sur les ressources atlantiques. En 2025, la coupe sur la langoustine avait provoqué des tensions vives dans les ports bretons. Le rebond de 2026 - les quotas sont plus du double de l’an passé selon La Voix du Nord - atténue la pression à court terme sans résoudre les critiques structurelles sur le mode de calcul.
Sur les réseaux sociaux, des voix s’élèvent sur les inégalités de répartition entre petits métiers et grandes unités industrielles :
Prochaine étape : un avis publié au Journal Officiel le 14 avril 2026 ouvre la voie à une possible réouverture de certains sous-quotas pour l’année en cours, selon Légifrance. Les pêcheurs de Concarneau suivront de près cette publication.
Sources
- Conseil de l'Union européenne : Fishing opportunities for 2026 — Council secures agreement
- Bretagne Pêches : Quotas 2026 : un bilan mitigé
- Le Marin / Ouest-France : TAC et quotas : un soulagement relatif pour les langoustiniers du golfe de Gascogne
- Département du Finistère : TAC et quotas 2026 : le Département réclame une juste répartition pour les pêcheurs finistériens