Le Blanc : forte mobilisation et manifestation prévue le 2 juillet pour un restaurateur menacé d’expulsion
Le gérant du restaurant Perle d'Asie, Trung Hieu Nguyen Hoang, sous le coup d'une OQTF avec expulsion programmée au 11 juillet, reçoit le soutien des habitants. Un rassemblement est organisé jeudi.
Plus de 1 300 signatures sur une pétition en ligne, une vague de soutien et une manifestation prévue ce jeudi 2 juillet au Blanc. En cause l'OQTF visant Trung Hieu Nguyen Hoang, gérant du restaurant Perle d'Asie, malgré son CDI.
L’essentiel
- Expulsion programmée : Trung Hieu Nguyen Hoang, gérant du restaurant Perle d’Asie au Blanc, est sous le coup d’une OQTF dont l’exécution est fixée au 11 juillet 2026.
- Pétition : Une pétition sur Change.org a recueilli plus de 1 300 signatures en une semaine, demandant l’annulation de l’OQTF et l’obtention d’un titre de séjour.
- Manifestation : Un rassemblement de soutien est organisé ce jeudi 2 juillet 2026, à l’appel d’habitants et de clients du restaurant.
Au Blanc, dans l’Indre, une affaire administrative prend une tournure citoyenne. Trung Hieu Nguyen Hoang, gérant du restaurant Perle d’Asie spécialisé dans la cuisine vietnamienne, doit quitter le territoire français le 11 juillet 2026. Malgré un contrat à durée indéterminée et une intégration locale reconnue, l’Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) dont il fait l’objet doit être exécutée. En réaction, des habitants ont lancé une pétition en ligne et préparent une manifestation pour ce jeudi 2 juillet.
Ce qui se passe
Trung Hieu Nguyen Hoang tient le restaurant Perle d’Asie au Blanc depuis plusieurs années. Selon les informations recueillies, il est en situation régulière de travail (CDI) mais s’est vu notifier une OQTF. La date d’expulsion est fixée au 11 juillet 2026. Son avocat a engagé des recours, sans succès à ce stade. L’origine de la décision administrative n’a pas été précisée dans les sources locales.
La nouvelle a rapidement circulé dans la commune d’environ 6 500 habitants. Une cliente, habitante du Blanc, témoigne : « C’est une décision qui fait très mal. C’est un jeune homme qui travaille, qui est apprécié. On ne comprend pas. »
La mobilisation locale
Une première pétition en ligne a été lancée le 22 juin 2026 sur la plateforme Change.org. Adressée à la préfecture de l’Indre, elle demande l’annulation de l’OQTF et l’attribution d’un titre de séjour avec autorisation de travail. En une semaine, elle a réuni plus de 1 300 signatures.
Une seconde pétition citoyenne a été mise en ligne le 27 juin, portée par des commerçants et riverains. Parallèlement, un appel à rassemblement a été diffusé sur les réseaux sociaux. La manifestation est programmée le jeudi 2 juillet 2026 à 18 h, place de la République au Blanc. Sur X (ex-Twitter), le compte de La Nouvelle République a relayé l’information :
La mobilisation vise à faire pression sur la préfecture pour un réexamen du dossier. Plusieurs élus locaux ont été contactés ; certains ont exprimé leur soutien, mais aucune déclaration officielle de la mairie n’a été communiquée à ce stade.
Un cas qui s’inscrit dans un débat national
Cette affaire dépasse le cadre local. Depuis plusieurs mois, des cas similaires de travailleurs étrangers en CDI, parfois diplômés, menacés d’expulsion sont documentés en France. En avril 2026, des chefs cuisiniers en Bretagne avaient attiré l’attention médiatique. Un rapport du Nouvel Obs, publié en mai 2026, titrait « Moi, Souleymane, diplômé, en CDI, et expulsable », illustrant ces situations paradoxales.
Au Blanc, le cas de Trung Hieu Nguyen Hoang cristallise les contradictions entre une politique migratoire restrictive et les besoins de main-d’œuvre dans la restauration. Le gérant, bien inséré professionnellement, est soutenu par sa clientèle et ses voisins.
À noter que d’autres mobilisations citoyennes, de nature différente, ont eu lieu récemment en France, comme à Charleville-Mézières où un cabaret en jardin a clôturé le Mois des fiertés, témoignant de l’engagement local sur des sujets sociétaux.
Contexte dans l’Indre
Le département de l’Indre (36) compte environ 220 000 habitants. Le Blanc en est une des sous-préfectures, située dans le sud-ouest du département, à la limite de la Vienne et de la Creuse. L’économie locale repose sur l’agriculture, le tourisme vert et les services. La restauration y tient une place importante, avec plusieurs établissements de cuisine traditionnelle et asiatique.
L’affaire de la Perle d’Asie est la première de ce type à connaître une telle médiatisation dans l’Indre récemment. Aucun précédent similaire n’a été signalé ces dernières années dans le département. La préfecture de l’Indre n’a pas encore communiqué officiellement sur ce dossier, malgré les sollicitations.
Pour mémoire, d’autres dossiers administratifs complexes animent la vie locale, à l’image de la situation de Polylogis à Auxerre, toujours sans président après un conseil d’administration tendu.
Prochaine étape : la manifestation et l’après
Le rassemblement de ce jeudi 2 juillet sera le premier test de la mobilisation. Les organisateurs espèrent attirer plusieurs centaines de personnes. La pétition, toujours ouverte, continue de recueillir des signatures. Le collectif de soutien a prévu de remettre les signatures à la préfecture de Châteauroux dans les jours suivants.
Du côté juridique, l’avocat de Trung Hieu Nguyen Hoang examine les dernières possibilités de recours avant la date butoir du 11 juillet. Une demande de réexamen en urgence pourrait être déposée. Rien n’est joué, mais le temps presse. La suite dépendra de la réponse de l’administration et de l’ampleur de la mobilisation citoyenne.