Le Creusot : une marche contre la pollution industrielle mobilise les riverains
Le 3 avril, des habitants ont défilé pour dénoncer les impacts sanitaires des usines locales sur leur quotidien.
Une centaine de résidents du Creusot ont marché le 3 avril 2026 contre la pollution industrielle. La manifestation pointe les risques pour la santé dans une ville marquée par deux siècles d'activité sidérurgique. Vingt-trois installations classées (ICPE) sont aujourd'hui recensées sur la commune.
La marche a traversé le centre du Creusot sous un mot d’ordre simple : la qualité de l’air et la santé des riverains passent avant les intérêts industriels. Les manifestants visaient en particulier les émissions persistantes des usines locales, dans un bassin qui n’a jamais vraiment soldé son passé industriel.
Un territoire exposé aux particules fines
Selon l’INSEE, près de 761 000 habitants de Bourgogne-Franche-Comté - soit un quart de la population régionale - sont régulièrement exposés à des concentrations de particules fines PM10 supérieures aux recommandations de l’OMS. La zone Creusot-Montceau-les-Mines figure parmi les secteurs concernés. La commune compte 23 installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), selon le recensement de France-ERP.
Les marcheurs ont aussi évoqué le projet Forge+ de Framatome, une nouvelle forge nucléaire prévue sur le site du Creusot avec une première pierre annoncée en 2027 et une mise en production en 2032. La concertation préalable menée en 2025 a fait remonter des inquiétudes sur les émissions liées au chauffage au gaz des fours, la pollution des sols et les nuisances sonores, selon le bilan publié par la Commission nationale du débat public. Framatome a depuis détaillé ses engagements environnementaux, selon le Journal de Saône-et-Loire, sans lever toutes les craintes.
Une histoire de fumées longue de deux siècles
La mémoire locale pèse dans ce débat. Le JSL rappelait en 2023 que les habitants se plaignaient déjà des fumées des usines Schneider il y a plus de cent ans, la ville étant alors décrite comme l’un des endroits les plus insalubres de France. Des conflits autour des pollutions au charbon sont documentés entre 1825 et 1865, selon des travaux académiques publiés sur Academia.edu. Dans les années 1970, les fumées de Creusot-Loire avaient rendu malades des bovins paissant à proximité des usines, selon la revue VertigO.
Le contexte national n’arrange rien. En 2025, la réduction des gaz à effet de serre en France n’a atteint que 1,5 %, loin de l’objectif de 4 % fixé, selon le Journal de Saône-et-Loire. Un écart qui alimente la défiance des riverains face aux engagements industriels.
Prochaine étape : 2027
La fin des études environnementales liées à Forge+ est attendue fin 2026, avant la pose de la première pierre prévue en 2027. Les associations mobilisées lors de la marche n’ont pas précisé leurs prochaines actions à ce stade.
Sources
- Le Journal de Saône-et-Loire : Usines Schneider : il y a plus de 100 ans, des habitants se plaignaient déjà de la pollution
- Le Journal de Saône-et-Loire : Forge + : Framatome détaille ses engagements après la concertation préalable
- Le Journal de Saône-et-Loire : 1,5% contre 4% prévus : la réduction des gaz à effet de serre de la France insuffisante
- INSEE : Exposition aux particules fines en Bourgogne-Franche-Comté