Le PNF examine une plainte visant Jordan Bardella pour détournement de fonds
Le président du RN est visé par une plainte pour détournement de fonds publics européens et favoritisme dans le cadre d'un media training
Le Parquet national financier (PNF) a confirmé ce lundi 12 janvier 2026 examiner une plainte visant Jordan Bardella, président du Rassemblement national. Le dirigeant politique est accusé de détournement de fonds publics européens et de favoritisme dans le cadre d'un media training qui aurait été financé par le Parlement européen. Cette nouvelle affaire intervient alors que Pascal Prache a pris ses fonctions à la tête du PNF le 5 janvier dernier, succédant à Jean-François Bohnert.
- Le Parquet national financier examine une plainte visant Jordan Bardella pour détournement de fonds publics européens et favoritisme liés au financement d'un media training
- Pascal Prache a pris ses fonctions à la tête du PNF le 5 janvier 2026, succédant à Jean-François Bohnert après les affaires Dati et Sarkozy
- Le PNF a conclu le 8 janvier une transaction de 267 millions d'euros avec HSBC pour solder une fraude fiscale de type CumCum
- Cette affaire s'inscrit dans un historique plus large de controverses sur l'utilisation des fonds européens par les élus du Rassemblement national
- L'examen de la plainte constitue une première étape qui pourrait déboucher sur une enquête préliminaire si les faits sont jugés suffisamment caractérisés
La juridiction financière française ouvre un nouveau front politique sensible. Ce lundi 12 janvier 2026, le Parquet national financier a confirmé examiner une plainte déposée contre Jordan Bardella, président du Rassemblement national depuis novembre 2022. Les faits reprochés portent sur un présumé détournement de fonds publics européens et des accusations de favoritisme liés au financement d’un media training par le Parlement européen. Cette affaire s’inscrit dans un contexte de scrutin accru des dépenses des élus européens français.
Une juridiction sous nouvelle direction
L’examen de cette plainte intervient dans un contexte particulier pour le Parquet national financier. Selon Le Nouvel Obs, Pascal Prache a pris ses fonctions à la tête de cette juridiction spécialisée le 5 janvier 2026. Ce magistrat de 55 ans, décrit comme « un magistrat de grande qualité » par son prédécesseur Didier Migaud, succède à Jean-François Bohnert dans un contexte marqué par plusieurs affaires politiques retentissantes.
Pascal Prache arrive au PNF après avoir occupé les fonctions de directeur des services judiciaires au ministère de la Justice depuis octobre 2024, et avant cela de procureur de Nanterre. Sa nomination intervient après ce que Le Nouvel Obs qualifie de « tempêtes des affaires Dati et surtout Sarkozy ». Le nouveau procureur financier hérite donc d’un dossier politiquement sensible dès ses premiers jours à la tête de l’institution.
Les accusations portées contre le président du RN
La plainte examinée par le PNF vise spécifiquement le financement d’un media training dont aurait bénéficié Jordan Bardella. Les plaignants reprochent au président du Rassemblement national d’avoir utilisé des fonds du Parlement européen pour financer cette formation en communication, ce qui constituerait un détournement de fonds publics. S’ajoute à cette accusation celle de favoritisme dans le choix du prestataire ayant dispensé cette formation.
Cette affaire s’inscrit dans un historique plus large de controverses concernant l’utilisation des fonds européens par les élus du Rassemblement national. Le parti d’extrême droite a déjà été confronté à plusieurs enquêtes portant sur l’emploi présumé fictif d’assistants parlementaires européens, dossiers dans lesquels Marine Le Pen et plusieurs cadres du parti sont actuellement mis en examen. L’examen de cette nouvelle plainte témoigne de la vigilance maintenue par les autorités judiciaires sur l’utilisation des deniers publics européens.
Un PNF particulièrement actif en ce début d’année
Le Parquet national financier multiplie les dossiers en ce début d’année 2026. Selon Mediapart, la juridiction spécialisée a conclu le 8 janvier une convention judiciaire d’intérêt public avec la banque HSBC. L’établissement bancaire a accepté de payer 267 millions d’euros pour solder une affaire de fraude fiscale de grande ampleur dite « CumCum », évitant ainsi un procès pénal.
Cette transaction illustre l’évolution de la stratégie du PNF vers ce que Mediapart décrit comme « un système de justice négociée avec les grands groupes qui s’ancre en France, au détriment de la sanction pénale classique ». Le montant de 267 millions d’euros représente l’une des amendes les plus importantes négociées dans le cadre d’une convention judiciaire d’intérêt public en France.
Par ailleurs, selon RCI, le PNF a également été récemment saisi concernant les déficits importants des Caisses Autonomes des Règlements Pécuniaires des Avocats (CARPA) de Guadeloupe et de Martinique. Ces structures accusent respectivement un déficit de 24 millions d’euros et entre 15 et 18 millions d’euros, liés à des placements hasardeux sous certaines mandatures passées.
Les enjeux politiques d’une enquête sensible
L’examen de cette plainte contre Jordan Bardella intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Le président du Rassemblement national, qui a succédé à Marine Le Pen à la tête du parti en novembre 2022, s’est imposé comme l’une des figures montantes de l’extrême droite française. Âgé de 31 ans, il a notamment mené la liste de son parti aux élections européennes de 2024, obtenant un score historique.
Cette nouvelle affaire judiciaire pourrait fragiliser l’image de probité que Jordan Bardella tente de construire pour son parti. Le RN s’efforce depuis plusieurs années de normaliser son image et de se démarquer des scandales financiers qui ont émaillé son histoire. L’examen de cette plainte par le PNF, même s’il ne préjuge en rien d’une éventuelle mise en examen, vient rappeler les zones d’ombre persistantes concernant la gestion des fonds publics au sein du parti.
La procédure à venir
À ce stade, le PNF n’a confirmé qu’examiner la plainte, ce qui constitue la première étape de la procédure judiciaire. Cette phase d’examen préliminaire permet aux magistrats d’évaluer la recevabilité de la plainte et le sérieux des accusations portées. Si le parquet estime les faits suffisamment caractérisés, il pourra décider d’ouvrir une enquête préliminaire, voire de saisir des juges d’instruction.
La durée de cet examen reste incertaine. Les dossiers traités par le Parquet national financier impliquent généralement des investigations complexes, nécessitant l’analyse de flux financiers et la collecte de preuves documentaires auprès d’institutions européennes. Dans le cas présent, les enquêteurs devront notamment vérifier l’origine exacte des fonds ayant servi à financer le media training incriminé et établir si les règles d’utilisation des enveloppes parlementaires européennes ont été respectées.
Jordan Bardella et le Rassemblement national n’ont pas encore réagi publiquement à cette information. Le président du RN bénéficie de la présomption d’innocence et l’examen d’une plainte ne constitue pas une mise en cause formelle. Reste à savoir si cette nouvelle affaire judiciaire aura des répercussions sur la stratégie politique du parti d’extrême droite, alors que la France se prépare à de nouvelles échéances électorales. Le PNF, sous la direction de Pascal Prache, devra démontrer son indépendance dans le traitement de ce dossier politiquement sensible.
Sources
- Le Nouvel Obs (19 décembre 2025)
- Mediapart (9 janvier 2026)
- RCI (12 janvier 2026)