Le Robert lance une campagne de vaccination contre les maladies tropicales

Face à la recrudescence de la dengue et du chikungunya en Martinique, la commune s'inscrit dans le plan régional PILA.

Le Robert lance une campagne de vaccination contre les maladies tropicales
Illustration Jean-Luc Sinapah / info.fr

Depuis le 4 avril 2026, une campagne de vaccination contre les arboviroses est en cours au Robert. Elle cible en priorité les populations vulnérables, dans un contexte de hausse marquée des cas de dengue et de chikungunya sur l'île.

La campagne démarre dans un contexte sanitaire tendu. Depuis le début de l’année 2026, la Martinique enregistre entre 40 et 60 cas confirmés de dengue par semaine dans le sud de l’île, contre une moyenne de 25 auparavant, selon Santé Publique France. En cause : le sérotype DENV3, peu circulant depuis vingt ans, qui augmente les risques de formes graves.

Le chikungunya progresse lui aussi. L’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) a recensé 53 cas confirmés pour la seule semaine du 22 au 28 février 2026, contre 29 la semaine précédente. Ces chiffres rappellent le bilan de 2025 : 23 319 consultations médicales liées à la dengue, 30 cas graves et 9 décès en Martinique, selon une étude publiée sur PubMed.

Le PILA comme cadre d’action

La campagne au Robert s’inscrit dans le Plan Intégré de Lutte contre les Arboviroses (PILA), lancé le 11 mars 2026 par l’ARS Martinique. Ce plan coordonne vaccination, prévention et mobilisation sociale face à la dengue, au chikungunya et au Zika. Une consultation plénière réunit acteurs institutionnels et locaux pour bâtir une stratégie territoriale, selon l’ARS Martinique.

La vaccination contre le chikungunya est désormais autorisée en France. Un collectif de six médecins a appelé publiquement, le 26 mars 2026, à l’organiser « sans attendre » aux Antilles et en Guyane, et à la rendre gratuite pour les personnes à risque, rapporte France Antilles. Le Monde relayait le même appel, soulignant la nécessité d’une approche ciblée pour les populations vulnérables.

Un enjeu d’adhésion

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L’acceptabilité vaccinale reste un facteur à surveiller. Une étude récente citée par PubMed estime à 59 % la proportion de Martiniquais favorables à la vaccination contre le chikungunya et la dengue - chiffre datant de 2021. Les campagnes d’information sont jugées déterminantes pour améliorer ce taux.

Au Robert, les modalités pratiques de la campagne - lieux de vaccination, créneaux, professionnels mobilisés - n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade.

Prochaine étape : selon le calendrier du PILA, les projets locaux de prévention doivent être instruits en mars-avril 2026, avec une notification des crédits prévue en mai 2026, indique la préfecture de Martinique.

Sources

Jean-Luc Sinapah

Jean-Luc Sinapah

Basé à Fort-de-France, traite les tensions sur le coût de la vie, les débats sur l'autonomie, le tourisme et les projets de reconstruction après les séismes. Diplômé du CFJ, il a grandi en Martinique. Conviction : interroger les commerçants, les militants, les élus, vérifier les prix dans les supermarchés avant de conclure.

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