Législatives 2027 : la Macronie cherche ses marques en Seine-Saint-Denis

Après avoir perdu ses sept sièges en 2024, Renaissance tente de reconstruire une présence dans un département verrouillé par la gauche.

Législatives 2027 : la Macronie cherche ses marques en Seine-Saint-Denis
Illustration Fatima Benali / info.fr

Zéro député, des municipales 2026 défavorables, un taux d'abstention qui dépasse 53 %. En Seine-Saint-Denis, la Macronie repart de loin à moins d'un an des prochaines législatives. La 5e circonscription, autour de Bobigny et Drancy, cristallise les tensions.

En 2022, la Macronie avait réussi à décrocher sept sièges dans les douze circonscriptions de Seine-Saint-Denis. Deux ans plus tard, c’est le bilan zéro. Selon le Nouvel Obs, la NUPES avait déjà raflé l’ensemble des douze sièges dès juin 2022. En 2024, Renaissance n’a même pas tenté de reconquête globale : selon Le Parisien, seulement trois candidats du parti ont été investis sur l’ensemble du département. Résultat : aucun élu.

La gauche consolide, le centre s’efface

Les municipales de mars 2026 ont enfoncé le clou. La gauche dirige désormais 21 communes en Seine-Saint-Denis, contre 18 auparavant, selon Le Parisien. La droite et le centre perdent cinq villes. Stéphane Troussel, président PS du conseil départemental, a résumé la situation sans ambiguïté : « Depuis ce dimanche 22 mars, le département compte désormais plus de communes dirigées par la gauche que par la droite. »

À Bobigny, chef-lieu du département, Abdel Sadi (PCF) a été réélu maire, selon mesinfos.fr. À La Courneuve, LFI a repris la ville au PCF sortant - une victoire de gauche qui illustre des frictions internes au camp progressiste, mais qui ne profite pas au centre.

La 5e circonscription, terrain miné

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C’est sur Bobigny-Drancy-Le Bourget que Renaissance pourrait tenter quelque chose en 2027. Mais le terrain est complexe. Selon Les Echos, les divisions internes à LFI lors des législatives 2024 - avec Raquel Garrido concurrencée par un candidat Nouveau Front Populaire - avaient brièvement ouvert une fenêtre pour la droite et le centre. Cette fenêtre s’est refermée.

La participation reste un obstacle structurel. Au premier tour des municipales 2026, le taux de participation en Seine-Saint-Denis s’est établi à 46,73 %, selon la préfecture du 93. Dans un département où l’abstention dépasse chroniquement 50 %, mobiliser un électorat centriste relève du défi.

Un précédent qui pèse

La Seine-Saint-Denis est un bastion de gauche depuis 1968, selon Wikipédia. La parenthèse macroniste de 2022 - sept sièges obtenus dans un contexte national favorable - apparaît aujourd’hui comme une anomalie. La perte de 100 % de ces positions en 2024 s’inscrit dans une tendance lourde, pas dans un accident électoral.

Les investitures Renaissance pour les législatives 2027 pourraient être arrêtées lors du congrès du parti à l’automne 2026, selon Wikipédia. D’ici là, aucun nom ni aucune stratégie n’a été rendu public pour le département.

Prochaine étape

Le congrès Renaissance à l’automne 2026 devrait préciser les investitures, dont celle, stratégique, de la 5e circonscription (Bobigny-Drancy). Les législatives restent fixées à 2027.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Basée à Bobigny, elle traite les tensions sur le logement, les débats sur la sécurité, les projets de Grand Paris Express et les inégalités scolaires. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Seine-Saint-Denis. Méthode rigoureuse : interroger les élus, les associations, les enseignants, vérifier les statistiques de la préfecture avant de publier.

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