Lesparre-Médoc : le reboisement post-incendies avance, pin par pin

Trois ans après les feux de 2022, des entreprises forestières et le Parc naturel régional coordonnent la restauration des forêts de pins maritimes.

Lesparre-Médoc : le reboisement post-incendies avance, pin par pin
Illustration Céline Vasseur / info.fr

Autour de Lesparre-Médoc, les parcelles brûlées lors des incendies de 2022 retrouvent peu à peu leur couvert forestier. Portées par des acteurs locaux et institutionnels, ces plantations visent à protéger les sols et à renforcer la séquestration carbone dans un territoire où la forêt couvre déjà 57 % des terres.

En janvier 2026, l’entreprise forestière D’A Noste poursuivait ses chantiers de replantation au Médoc, plus de trois ans après les feux dévastateurs de l’été 2022. Selon Sud Ouest, ces équipes mobilisent des acteurs locaux pour restaurer les peuplements de pins maritimes sur des parcelles entièrement rasées par les flammes. Le travail est long, physique, loin des caméras.

Le Parc naturel régional en chef d’orchestre

Le Parc naturel régional Médoc coordonne ces efforts dans le cadre de son Contrat de développement et de transitions, qui associe les quatre communautés de communes du territoire. Ce document-cadre identifie les forêts et zones humides comme des puits de carbone essentiels, à préserver et à étendre. Les initiatives sont soutenues par le programme régional Néo Terra, dédié à la transition écologique en Nouvelle-Aquitaine, selon les documents officiels du PNR Médoc.

Le projet éolien Cœur Médoc Énergies, dont les installations sont prévues à proximité de Lesparre-Médoc, prévoit également un programme de boisement compensateur : pour chaque surface défrichée, une surface équivalente doit être reboisée, contribuant à l’objectif de séquestration carbone, selon les éléments de concertation publiés par le porteur de projet.

Une tradition sylvicole de trois siècles

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Le reboisement n’est pas une nouveauté dans ce coin de Gironde. Dès le XVIIIe siècle, des plantations massives de pins maritimes ont permis de fixer les dunes côtières et d’assainir des terres marécageuses. Sous le second Empire, 17 200 hectares avaient déjà été ensemencés d’ici 1852, selon des archives historiques consultées via Persée. Aujourd’hui, la forêt recouvre 57 % du Médoc - un héritage qui rend d’autant plus sensibles les cicatrices laissées par 2022.

La sylviculture locale incarne ce paradoxe : elle est à la fois victime du dérèglement climatique, qui intensifie les incendies, et l’un des principaux outils de réponse, via la fixation du carbone atmosphérique. Stéphane Duprat, sylviculteur médocain dont le parcours a été raconté par Sud Ouest, symbolise cette génération de forestiers qui replantent sans garantie que leurs arbres atteindront la maturité.

Les candidatures à l’Appel à manifestation d’intérêt Forêt Verte, qui finance des projets de séquestration carbone via la plantation, étaient ouvertes jusqu’au 6 février 2026. Si de nouveaux dossiers médocains ont été déposés dans ce cadre, cela n’a pas encore été communiqué publiquement.

Sources

Hugo Castaing

Hugo Castaing

Correspondant Gironde d'info.fr, Hugo Castaing connaît les tramways de Bordeaux et les vignobles du Médoc mieux que son téléphone. Formé en presse quotidienne régionale, il couvre depuis cinq ans les dossiers qui font bouger le 33 : urbanisme bordelais, viticulture sous climat instable, port autonome de Bassens, tensions politiques autour de Pierre Hurmic. De Bordeaux à Libourne, d'Arcachon à Lesparre, il fait le tour du département sans jamais dépendre des communiqués.

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