Litige Beye-OM : 3 M€ réclamés, la commission juridique menacée
Habib Beye exige le paiement intégral de sa dernière année de contrat, bloquant l'arrivée de Bruno Genesio
L'Olympique de Marseille est paralysé par un conflit financier avec son entraîneur Habib Beye. Le technicien sénégalais réclame l'intégralité de son salaire annuel, estimé entre 2,5 et 3 millions d'euros, et menace de saisir la commission juridique de la LFP. En attendant, l'officialisation de Bruno Genesio est en suspens.
L’essentiel
- 2,5 à 3 M€ : le montant que réclame Habib Beye pour sa dernière année de contrat, selon Foot01.
- 18 février 2026 : date de nomination de Beye à la tête de l’OM, contrat courant jusqu’en juin 2027.
- 5e place : classement final de l’OM en Ligue 1 2025-2026, synonyme de non-qualification en Ligue des champions.
- Bruno Genesio : accord de deux ans trouvé avec le club, mais officialisation gelée par le litige.
- Menace de mise à pied : la direction olympienne riposte face aux exigences de Beye.
L’Olympique de Marseille, englué dans un été déjà agité par le mercato et la Coupe du monde, voit un nouveau nuage s’accumuler au-dessus du Vélodrome. Cette fois, c’est sur le front juridique que le ton monte. Habib Beye, nommé sur le banc marseillais le 18 février 2026 pour succéder à Roberto De Zerbi, refuse de partir sans emporter la totalité de son dû.
Un accord de départ jugé « caduc »
L’OM avait pourtant anticipé : un accord oral prévoyait un départ négocié en cas d’absence de qualification en Ligue des champions. La cinquième place en Ligue 1 a scellé le sort sportif du club, mais pas le volet financier. Habib Beye, fort de son contrat courant jusqu’en juin 2027, considère désormais que cet arrangement n’a plus valeur. Pourquoi ? Parce que les interlocuteurs avec qui il avait scellé l’accord ne sont plus en place. Le président Stéphane Richard, arrivé entre-temps, incarne une nouvelle direction que le technicien sénégalais ne se sent plus tenu de respecter.
« Vu que son ancienne direction n’est plus là, Habib Beye considère que l’accord n’est plus d’actualité », résumait récemment le compte X de l’insider Mohamed Toubache-TER. Un revirement que certains qualifient de « culot monstre », mais que Beye justifie par un principe de précaution contractuelle.
2,5 à 3 M€ : le montant du bras de fer
En jeu : l’intégralité de sa dernière année de contrat, soit un montant estimé entre 2,5 et 3 millions d’euros par les sources du site Foot01. Une somme rondelette que l’OM, contraint par des finances déjà tendues, rechigne à verser sans contrepartie. Mais Beye ne se contente pas d’exiger : il accuse le club d’avoir volontairement traîné les négociations pour des raisons comptables.
« En retardant le processus, l’OM lui aurait fait rater des fenêtres de recrutement dans d’autres clubs de Ligue 1 », rapporte FootMarseille. D’après l’entourage du coach, plusieurs pistes se seraient refermées pendant que Marseille temporisait. Un grief supplémentaire qui alimente la rancœur.
L’OM riposte par la mise à pied
Face à cette offensive, la direction olympienne ne reste pas les bras croisés. Selon plusieurs sources concordantes, le club menace désormais de mettre son entraîneur à pied. Une mesure disciplinaire qui permettrait de suspendre le paiement du salaire tout en maintenant le conflit dans le giron interne. Mais cette décision, si elle était prise, risquerait d’envenimer encore davantage les relations.
Dans l’immédiat, le principal perdant est Bruno Genesio. L’ancien entraîneur lyonnais et rennais a trouvé un accord de deux ans avec l’OM, mais son intronisation officielle reste bloquée tant que le sort de Beye n’est pas réglé. Le flou juridique empêche toute communication officielle, laissant le club sans entraîneur attitré en pleine préparation de la saison à venir.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Ce psychodrame intervient dans un département où le football est une institution. Les Bouches-du-Rhône, avec Marseille comme épicentre, vibrent chaque saison au rythme de l’OM, seul club de Ligue 1 du territoire. Le moindre couac au Vélodrome a des répercussions jusque dans les travées du conseil départemental. Ce nouveau litige financier, en pleine trêve estivale, ravive les souvenirs de la crise de gouvernance de 2021 et de l’imbroglio autour du départ d’André Villas-Boas. Pour les supporters, c’est une énième preuve que l’OM peine à sortir des turbulences extra-sportives.
Et le timing est d’autant plus mal choisi que la planète football est en pleine Coupe du monde 2026. « Mdr, c’est la Coupe du Monde, y’a ni mercato ni championnat mais malgré ça l’OM réussit à foutre la merde », ironise sur X le compte du consultant automobile et amateur de football V10atmo92. Une pique qui résume le sentiment d’une partie des observateurs.
Prochaine étape : la commission juridique de la LFP ?
Si aucun accord à l’amiable n’est trouvé dans les prochains jours, Habib Beye a déjà prévenu : il saisira la commission juridique de la Ligue de football professionnel. Une procédure qui pourrait contraindre l’OM à payer sous peine de sanctions, mais qui prendrait plusieurs semaines. En attendant, Bruno Genesio ronge son frein, et les supporters marseillais retiennent leur souffle. Un été de plus qui promet d’être long sur la Canebière.