Loire : la CGT Éduc’action réclame des mesures d’urgence pour les écoles face à la canicule
Alors que le département est en vigilance rouge, le syndicat appelle à la grève ce vendredi 26 juin, jour du brevet, et exige un plan de rénovation thermique des bâtiments scolaires.
Le département de la Loire est en vigilance rouge canicule depuis jeudi. Face à des classes qui dépassent les 30 °C, la CGT Éduc'action 42 et l'intersyndicale appellent à la grève ce vendredi et réclament des mesures d'urgence, notamment pour les épreuves du brevet.
L’essentiel
- Vigilance rouge : la Loire est placée en alerte canicule maximale depuis le jeudi 25 juin, avec des températures atteignant 37 °C à Saint-Étienne.
- Grève dans l’Éducation : l’intersyndicale (CGT, FSU, SUD) appelle les personnels à cesser le travail le lundi 1er juillet, jour du début du brevet des collèges.
- Demandes syndicales : la CGT Éduc’action 42 exige un plan d’urgence local, des fermetures exceptionnelles d’écoles et un programme pluriannuel de rénovation thermique du bâti scolaire.
- Adaptation municipale : la Ville de Saint-Étienne a déployé 600 ventilateurs dans ses écoles et recommande aux parents de garder leurs enfants à domicile l’après-midi.
Une canicule rouge qui paralyse les écoles
Le thermomètre a frôlé les 37 °C à Saint-Étienne jeudi 25 juin, et Météo-France prévoit des maximales locales pouvant atteindre 42 °C dans les prochains jours. Face à cette situation exceptionnelle, la préfecture de la Loire a placé le département en vigilance rouge canicule à compter de jeudi midi. Une alerte qui a des conséquences directes sur les établissements scolaires, déjà confrontés à une chaleur étouffante dans les salles de classe.
Ce vendredi 26 juin marque le lancement des épreuves du brevet des collèges. Dans ce contexte, l’intersyndicale de l’Éducation nationale (CGT, FSU, SUD) a déposé des préavis de grève et appelle les personnels à ne pas assurer les cours ni la surveillance des examens. « Les conditions thermiques dans les classes sont dangereuses pour la santé des élèves et des personnels », dénonce le Café pédagogique, qui relaie l’appel national.
Les revendications de la CGT Éduc’action 42
Dans un communiqué publié sur son site, la section loirienne de la CGT Éduc’action tire la sonnette d’alarme. « Alors que la canicule rouge est déclarée, les autorités académiques n’ont pris aucune mesure d’anticipation », regrette le syndicat, qui réclame un plan d’urgence départemental.
Concrètement, la CGT demande :
- La possibilité de fermer les établissements qui ne peuvent garantir des conditions acceptables, avec des protocoles clairs de fermeture exceptionnelle.
- Un aménagement des examens : reports d’épreuves, salles climatisées ou horaires décalés pour le brevet qui commence ce vendredi.
- Un plan pluriannuel de rénovation thermique du bâti scolaire, avec isolation, installation de protections solaires et de systèmes de rafraîchissement passifs.
« Chaque été, c’est la même chose. Les écoles ne sont pas conçues pour ces pics de chaleur, et le ministère ne prend que des mesures au coup par coup », explique un représentant syndical joint par téléphone.
Saint-Étienne s’organise, mais les parents appelés à la rescousse
La Ville de Saint-Étienne, préfecture du département, a pris ses dispositions. Selon un communiqué municipal, 600 ventilateurs ont été déployés dans les écoles de la commune. La cantine scolaire propose des repas froids et les horaires de sortie ont été adaptés. La municipalité suggère également aux parents de garder leurs enfants à domicile durant les après-midis les plus chauds.
« Nous faisons tout notre possible avec les moyens du bord, mais nous ne pouvons pas remplacer l’État sur la question du bâti », reconnaît l’adjointe à l’éducation, jointe par téléphone. La mairie attend des consignes claires du rectorat pour les jours à venir, alors que l’alerte rouge devrait se prolonger jusqu’au week-end.
Dans d’autres communes du département, des fermetures anticipées ont été décidées localement, sans cadre national. Une situation que dénonce la CGT, qui réclame un modèle comparable à celui de l’école Jean-Macé à Hérisson (Allier), climatisée et présentée comme un exemple par la préfecture voisine.
Contexte dans la Loire
La Loire est l’un des départements les plus touchés par cette vague de chaleur. Avec des températures record attendues jusqu’à 42 °C, les écoles - souvent mal isolées et non climatisées - deviennent des fournaises. Le département compte environ 350 écoles publiques, dont une grande majorité n’a bénéficié d’aucun travaux de rafraîchissement significatif.
Cette crise sanitaire s’ajoute à un climat social déjà tendu dans l’Éducation nationale loirienne. Jeudi 25 juin, la CGT Éduc’action 42 et l’intersyndicale locale ont déjà fait grève contre le projet de suppression de 53 classes dans le département pour la rentrée 2026. Un mouvement qui a mobilisé plusieurs centaines d’enseignants dans les rues de Saint-Étienne.
« On cumule une attaque sur les moyens humains et une absence totale de politique d’adaptation au réchauffement climatique », résume le syndicat. Dans un communiqué publié vendredi, la CGT Éduc’action 42 menace de poursuivre la mobilisation si des réponses concrètes ne sont pas apportées rapidement.
Le brevet en première ligne
Le choix de faire grève ce vendredi 26 juin, premier jour du brevet des collèges, est hautement symbolique. L’intersyndicale dénonce le maintien d’épreuves dans des salles où la température dépasse les 30 °C. « Des malaises ont déjà été signalés lors des épreuves anticipées dans d’autres départements », rappelle le Café pédagogique. Les syndicats exigent des consignes nationales claires, incluant la possibilité de reporter les examens.
Le rectorat de l’académie de Lyon, dont dépend la Loire, n’avait pas communiqué de mesures spécifiques jeudi soir. La pression monte alors que les thermomètres continuent de grimper. Pour de nombreux parents, l’inquiétude est réelle : comment leur enfant peut-il passer une épreuve écrite longue dans une classe surchauffée ?
Prochaine étape : les préavis de grève courent pour toute la journée de vendredi. Le rectorat doit annoncer sous peu les décisions concernant le déroulement des épreuves. La CGT Éduc’action 42 prévoit une assemblée générale lundi 29 juin pour décider de la suite du mouvement.