Loïs Boisson : 18 mois de rééducation, 258 places perdues au classement WTA
La Française dénonce des erreurs médicales et vise l'US Open malgré une chute au 292e rang mondial
Classée 34e mondiale début 2026, la joueuse française est tombée à la 292e place après une longue absence due à une blessure. Elle a passé 18 mois en rééducation sur les 26 derniers mois.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Santé et carrière
18 mois de rééducation sur 26 ont fait chuter Boisson de la 34e à la 292e place mondiale.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Loïs Boisson a passé 18 mois en rééducation sur les 26 derniers mois, loin des courts
- Classée 34e mondiale en février 2026, elle est tombée à la 292e place cinq mois plus tard
- Son bilan 2026 1 victoire pour 7 défaites
Elle regarde son téléphone. Le classement WTA du lundi 28 juillet s’affiche: 292e mondiale. Loïs Boisson scrolle jusqu’à début 2026. 34e place. Quelques mois, plus de 250 rangs perdus. Elle repose l’écran.
« Ces deux dernières années, j’ai passé plus de temps en rééducation que sur un court de tennis: 18 mois de rééducation sur les 26 derniers mois. » La phrase tombe dans un post Instagram publié récemment. Pas de filtre, pas de photo souriante. Du texte brut. La joueuse française sort enfin du silence après une absence qui a fait exploser sa carrière en plein vol.
De la 34e à la 292e place
Retour en arrière. Loïs Boisson, alors 361e mondiale - sort de nulle part à Roland-Garros 2025. Elle écrase plusieurs têtes de série, atteint les demi-finales. La presse parle de Cendrillon. Début 2026, elle culmine à la 34e place - son meilleur classement. Puis vient une blessure. Retour en avril 2026: un match gagné, sept défaites. À Roland-Garros 2026, elle perd 770 points. Le compteur s’effondre.
Les sources divergent d’un mois sur la durée exacte de l’absence: une source retient sept mois d’absence avant avril 2026 - une autre évoque six mois avant Madrid. Dans les deux cas, six à sept mois où personne ne l’a vue. Pas de tournoi, pas d’exhibition, pas de wild card. Juste la table de kiné, la salle de musculation, les IRM à répétition. Un corps qui refuse de guérir.
Protocoles inadaptés et sentiment d’injustice
Contactée, la Fédération française de tennis n’a pas souhaité commenter la prise en charge médicale d’une joueuse indépendante non financée par ses structures.
Le coût financier d’une carrière en chute libre
La perte de 770 points a des conséquences directes sur les revenus. Boisson est passée de la 34e à la 292e place - lui faisant perdre l’accès automatique aux tableaux principaux des tournois de haut niveau, qui distribuent les prize money les plus élevés.
Les qualifications pour retrouver le circuit
Elle n’abandonne pas. Le post Instagram se termine sur l’objectif de revenir au plus haut niveau. Pas de date précise, pas de promesse. Juste une direction. Les grands tournois de fin de saison.
Ce que les chiffres disent: avec 1 victoire et 7 défaites en 2026 - Boisson n’a plus le capital points pour être tête de série. Elle devra passer par les qualifications pour entrer dans les tableaux principaux des tournois majeurs. Plusieurs tours à gagner, face à des dizaines de joueuses classées entre la 100e et la 150e place mondiale. Avec un corps qui a passé 18 mois sur 26 loin des courts.
La logique voudrait qu’elle vise plus modeste. Des tournois secondaires, pour regagner de la confiance et des points sans pression. Mais Boisson ne fonctionne pas comme ça. Roland-Garros 2025 l’a prouvé: elle entre dans le tournoi classée 361e - elle en sort demi-finaliste. Elle a besoin de la scène, pas du circuit secondaire.
Ce que personne ne voit: le coût mental
Les 18 mois de rééducation - c’est du chiffrable. Les séances de kiné, les infiltrations, les examens. Ce qui ne se compte pas: les réveils à 6h pour un corps qui ne répond pas. Les séances annulées parce que la douleur est revenue. Les appels aux médecins qui ne donnent pas les mêmes réponses. Les tournois qu’on regarde à la télé en se demandant si on rejouera un jour.
Le tennis français a vu passer des dizaines de talents qui n’ont jamais tenu la distance. Des corps qui cassent, des genoux qui lâchent, des dos qui ne se redressent plus. Boisson était différente. Elle avait prouvé à Roland-Garros 2025 qu’elle pouvait battre n’importe qui un bon jour. Maintenant, elle doit prouver qu’elle peut encore tenir debout.
Les prochains tournois commencent dans quelques semaines. Elle a peu de temps pour retrouver un niveau qui lui a demandé du temps à construire. Et qu’elle a perdu en six à sept mois.
Elle repose son téléphone. Le classement est toujours là: 292e.
