Lot-et-Garonne : un maire dépose plainte contre un administré pour un brûlage de déchets en pleine canicule
Le maire de Saint-Hilaire-de-Lusignan, Philippe Maurin, a déposé plainte le 25 juin après qu'un habitant a brûlé des déchets dans son jardin, nécessitant l'intervention des pompiers. Il estime que ce geste est « malvenu » en période de canicule.
Philippe Maurin, maire de Saint-Hilaire-de-Lusignan (Lot-et-Garonne), a porté plainte contre un administré pour brûlage illégal de déchets. L'incendie a mobilisé les pompiers en pleine canicule. Le brûlage à l'air libre est interdit toute l'année dans le département.
L’essentiel
- Fait 1 : Le maire de Saint-Hilaire-de-Lusignan, Philippe Maurin, a déposé plainte le 25 juin 2026 à la gendarmerie.
- Fait 2 : Un administré a brûlé des déchets dans son jardin, nécessitant l’intervention des pompiers.
- Fait 3 : Le brûlage à l’air libre de déchets verts est interdit toute l’année par arrêté préfectoral en Lot-et-Garonne.
- Fait 4 : Le maire a déclaré : « Les pompiers ont autre chose à faire » en pleine canicule.
Ce qui s’est passé
Le 25 juin 2026, un habitant de Saint-Hilaire-de-Lusignan, commune d’environ 1 500 habitants située à une dizaine de kilomètres d’Agen, a procédé à un brûlage de déchets dans son jardin. Les flammes ont rapidement pris de l’ampleur, nécessitant l’intervention des sapeurs-pompiers. Selon les informations recueillies, les secours ont maîtrisé le feu sans qu’il ne se propage aux propriétés voisines.
Le maire de la commune, Philippe Maurin, a été informé de l’incident. Constatant que l’administré avait violé la réglementation en vigueur et mobilisé inutilement les secours en période de forte chaleur, il a décidé de déposer une plainte à la gendarmerie le jour même.
La réaction du maire
Interrogé par La Dépêche du Midi, Philippe Maurin n’a pas caché son mécontentement. « Ce geste est une honte, a-t-il déclaré. En pleine canicule, alors que les pompiers sont déjà très sollicités, brûler des déchets dans son jardin est totalement malvenu. Les pompiers ont autre chose à faire. »
Le maire a précisé que la commune connaît actuellement des températures avoisinant les 36 degrés et que le risque d’incendie est élevé. « Nous avons eu des orages violents il y a quelques jours, mais la sécheresse persiste. Chaque départ de feu est dangereux », a-t-il ajouté.
Une interdiction méconnue
Le brûlage à l’air libre de déchets verts est interdit toute l’année dans le Lot-et-Garonne par arrêté préfectoral. Cette mesure vise à limiter les risques d’incendie et les nuisances pour le voisinage. Pourtant, de nombreux particuliers continuent d’y avoir recours par méconnaissance de la réglementation ou par habitude.
La mairie de Saint-Hilaire-de-Lusignan rappelle que les déchets verts peuvent être apportés en déchèterie ou broyés. « Nous menons régulièrement des campagnes d’information, mais force est de constater que certains persistent », regrette Philippe Maurin.
Contexte dans le Lot-et-Garonne
Avec près de 340 000 habitants, le Lot-et-Garonne est un département rural où l’agriculture occupe une place prépondérante. Les périodes de canicule, de plus en plus fréquentes, accentuent les tensions autour de la gestion des déchets verts et du risque incendie. En 2025, le département avait connu plusieurs feux de végétation liés à des brûlages non contrôlés. Les services de secours, déjà sous pression lors des épisodes de forte chaleur, voient leurs interventions se multiplier.
Cette affaire illustre la volonté des élus locaux de faire respecter les interdictions en vigueur, alors que le département est placé en vigilance canicule. Par ailleurs, des restrictions d’eau ont été étendues dans d’autres départements, signe que la sécheresse préoccupe l’ensemble du territoire.
Prochaine étape
La plainte déposée par le maire sera instruite par la gendarmerie. L’administré concerné encourt une amende pouvant aller jusqu’à 450 euros pour brûlage illégal. Philippe Maurin espère que cette action dissuadera d’autres habitants de commettre le même geste. « Il ne s’agit pas de punir pour le plaisir, mais de protéger la collectivité », conclut-il.