Loup à Saint-Genis-Laval : un bouc nain à moitié dévoré, dixième attaque dans le Rhône
Mickaël Jury, éleveur amateur, a découvert le cadavre de son animal le 10 mai. Le Rhône compte désormais dix attaques en 2026, contre quatre sur toute l'année 2025.
À Saint-Genis-Laval, commune périurbaine de 21 000 habitants au sud de Lyon, un éleveur amateur a retrouvé le 10 mai 2026 le cadavre à moitié dévoré de son bouc nain, victime d'une attaque de loup. L'incident s'inscrit dans une série de dix attaques recensées dans le Rhône depuis janvier, un rythme inédit pour ce département.
À Saint-Genis-Laval, commune périurbaine de 21 000 habitants au sud de Lyon, un éleveur amateur a retrouvé le 10 mai 2026 le cadavre à moitié dévoré de son bouc nain, victime d’une attaque de loup. L’incident s’inscrit dans une série de dix attaques recensées dans le Rhône depuis janvier, un rythme inédit pour ce département.
L’essentiel
- Découverte le 10 mai 2026 : Mickaël Jury, éleveur amateur à Saint-Genis-Laval, a retrouvé son bouc nain à moitié dévoré, attaque attribuée au loup selon Le Progrès.
- 10 attaques en 2026 : le Rhône dénombre déjà 10 attaques attribuables au loup depuis janvier, contre 4 sur toute l’année 2025, selon Le Figaro.
- 7 sur 9 sans doute possible : la préfecture du Rhône indique que sur 9 attaques examinées, 7 n’écartent pas la responsabilité du loup, soupçonnant une présence pérenne depuis l’été 2025.
- Secteur du Pilat en première ligne : 8 brebis avaient déjà été tuées aux Haies le 2 avril 2026, selon Le Progrès.
- Tirs autorisés dès 2026 : les éleveurs peuvent désormais tirer sur un loup en situation d’attaque après déclaration, mesure annoncée par la préfecture Auvergne-Rhône-Alpes.
Un bouc nain retrouvé à moitié dévoré
Mickaël Jury n’est pas un éleveur professionnel. Il élève quelques animaux à titre amateur, en zone périurbaine, dans ce secteur au contact direct des coteaux du sud lyonnais. Le 10 mai au matin, il a découvert le cadavre de son bouc nain à moitié consommé. Selon Le Progrès, l’attaque est attribuée au loup.
Les modalités exactes de l’attaque - heure, conditions de clôture, distance avec les habitations - n’ont pas été précisées à ce stade. Aucune confirmation officielle de l’OFB (Office français de la biodiversité) n’a été publiée au moment de la rédaction de cet article.
Une série sans précédent dans le département
Jusqu’en 2025, le Rhône ne figurait pas parmi les départements à forte présence lupine. Quatre attaques y avaient été enregistrées sur l’ensemble de l’année. Depuis janvier 2026, ce chiffre atteint dix, selon Le Figaro.
La préfecture du Rhône, citée par France 3, soupçonne une présence pérenne depuis l’été 2025. Sur 9 attaques analysées, 7 ne permettent pas d’écarter la responsabilité du loup. Des photos et vidéos d’individus ont été captées pour la première fois début mars 2026 sur les communes des Haies et de Loire-sur-Rhône. Elles ont été transmises à l’OFB par la Fédération départementale des chasseurs du Rhône.
Le secteur du Pilat concentre la majorité des incidents. Le 2 avril, 8 brebis avaient été tuées aux Haies en une seule nuit, selon Le Progrès. Les éleveurs du secteur, relayés par les Jeunes Agriculteurs du Rhône, interpellent l’État pour renforcer les dispositifs de protection, selon Lyon Capitale.
Contexte dans le Rhône
Saint-Genis-Laval est une commune de la Métropole de Lyon, avec environ 21 000 habitants selon l’INSEE (données 2023). Sa situation géographique - entre plaine urbaine et premiers reliefs des monts du Lyonnais - la place en lisière des zones de déplacement des grands prédateurs.
Le Rhône n’est pas un territoire de présence historique forte du loup. La préfecture indique que les spécimens observés sont des individus en dispersion, issus des populations alpines ou du Massif central. Cette configuration est classique : des faits inhabituels dans des zones périurbaines comme le sud de Lyon révèlent des mutations de territoire que les dispositifs administratifs peinent à anticiper.
Le poids des zones naturelles dans ce secteur - massif du Pilat, vallée du Gier, coteaux rhodaniens - crée un corridor favorable aux déplacements de grands carnivores, y compris à quelques kilomètres des communes de l’agglomération lyonnaise.
Cadre national : une hausse de 10 % en 2025
À l’échelle nationale, 4 386 attaques de loups ont été recensées en 2025, soit une hausse de 10 % par rapport à 2024, entraînant la mort de 12 495 animaux d’élevage, selon TF1 Info. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard avait annoncé une augmentation des tirs autorisés.
Dès 2026, les éleveurs français peuvent tirer sur un loup en situation d’attaque sans autorisation préalable, à condition d’effectuer une déclaration auprès des autorités. La mesure a été confirmée par la préfecture Auvergne-Rhône-Alpes. Reste à savoir si des éleveurs du Rhône l’ont déjà activée : aucune information n’a été communiquée sur ce point.
La réaction des éleveurs
Les Jeunes Agriculteurs du Rhône ont interpellé l’État, réclamant davantage de moyens de protection - chiens de troupeaux, filets électriques, indemnisations rapides - et une meilleure coordination avec l’OFB, selon Lyon Capitale. La situation des éleveurs amateurs, qui ne bénéficient pas des mêmes dispositifs que les professionnels, reste floue sur le plan réglementaire.
La préfecture du Rhône n’a pas communiqué de calendrier pour un éventuel plan d’action spécifique au département. L’OFB doit en principe confirmer ou infirmer l’origine des attaques par analyse des indices biologiques collectés sur site.
Sources
- Le Progrès : Il retrouve le cadavre à moitié dévoré de son bouc nain : nouvelle attaque de loup au sud de Lyon
- France 3 Régions : Les loups sont-ils entrés dans le Rhône ? La préfecture a de sérieux soupçons
- Le Figaro : Comment enrayer les attaques de loups, de retour dans le Rhône
- Lyon Capitale : Attaques de loups : les Jeunes agriculteurs du Rhône interpellent l'État