Lunéville : un centre d’accueil renforcé pour faire face à l’afflux printanier

Le dispositif table sur des formations linguistiques et professionnelles pour favoriser l'insertion des demandeurs d'asile en Meurthe-et-Moselle.

Lunéville : un centre d'accueil renforcé pour faire face à l'afflux printanier
Illustration Christophe Weber / info.fr

Face à l'afflux printanier de migrants observé en 2026, Lunéville renforce son dispositif d'accueil. Le CADA de Meurthe-et-Moselle, 198 places, couvre la métropole de Nancy, Lunéville et Neuves-Maisons. L'intégration passe par des formations linguistiques et professionnelles.

Le Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (CADA) de Meurthe-et-Moselle monte en régime ce printemps. La structure, d’une capacité de 198 places, couvre un périmètre qui inclut la Métropole de Nancy, Lunéville et Neuves-Maisons. Elle est gérée par une association et financée par l’État via le budget de la politique de l’immigration et de l’asile, selon les documents officiels publiés par l’association ARS.

Le cœur du dispositif : des formations linguistiques et professionnelles destinées à favoriser une insertion durable. Un marché de services d’insertion pour publics vulnérables est par ailleurs ouvert à Lunéville, avec une date d’ouverture fixée au 14 mai 2026, selon le portail France Marchés.

Un projet d’établissement en retard rattrapé

Le projet d’établissement du CADA avait été reporté de 2022 à 2025, en raison de changements de direction et d’évolutions dans le traitement des demandes d’asile. Un accompagnement par un cabinet externe est prévu pour 2026, toujours selon les documents de l’association ARS. Le renforcement printanier s’inscrit dans ce calendrier de consolidation.

La Meurthe-et-Moselle n’en est pas à son coup d’essai. En novembre 2016, 141 migrants en provenance de Calais avaient été intégrés dans le département, dont 106 adultes répartis sur 140 places ouvertes, selon France Bleu. La même année, 49 migrants avaient été accueillis temporairement à Neuves-Maisons, sur l’ancien site de l’INRS, dans un centre de 60 places fermé en mars 2017. En 2018, la caserne Faron à Vandœuvre-lès-Nancy hébergeait jusqu’à 300 migrants avant l’ouverture d’un second centre, selon France Bleu. En avril 2025, le dispositif de Tomblaine avait été prolongé d’un an, selon L’Est Républicain.

Contexte politique sensible

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Le sujet reste électriquement chargé localement. En mai 2025, une polémique avait éclaté autour de migrants sans-papiers hébergés à la caserne Faron à Vandœuvre, impliquant la préfecture et le PCF 54, dans le contexte des municipales 2026 à Lunéville, relevait L’Est Républicain.

La région a une longue histoire d’accueil. Depuis la fin du XIXe siècle, l’immigration en Lorraine a été massive : les étrangers représentaient entre 35 et 66 % des salariés dans l’industrie - sidérurgie, mines, textile - jusqu’aux années 1960, principalement des Italiens, des Polonais et des Allemands, rappelle l’INA dans ses archives Grand Est.

Prochaine étape : le marché de services d’insertion ouvert à Lunéville sera attribué à partir du 14 mai 2026. Les modalités précises du renforcement du CADA pour la saison printanière n’ont pas encore été détaillées publiquement par les gestionnaires.

Sources

Christophe Weber

Christophe Weber

Basé à Nancy, traite la métropole, les tensions sur l'université, les restructurations industrielles et les débats sur le patrimoine Art nouveau. Diplômé de l'ESJ Lille, il a travaillé en agence avant de s'ancrer en Meurthe-et-Moselle. Posture : interroger les étudiants, les syndicalistes, les élus, vérifier les budgets universitaires avant de publier.

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